



J'avais besoin de solitude et de réfléchir. De m'échapper pour faire le point après tous ces mots. Ces mots sortis tel un torrent sans fin pendant les semaines précédentes. Ces mots de fin. Puis ces mots échangés les yeux dans les yeux pour nous avouer nos sentiments. En fait je voulais comprendre l'enchaînement des événements depuis ce fameux thé. Envie de poser tous les éléments de l'histoire naissante et prendre du recul pour comprendre tout cela.
J'ai pris la direction de la gare routière et suis montée dans le premier bus qui partait vers la grande ville d'à-côté. Je n'avais prévenu personne d'où j'allais. J'ai collé mon visage à la vitre du bus bien trop climatisé pour ma petite robe noire toute légère. J'ai regardé les paysages défiler. Ces clichés ancrés dans ma tête par les récits, les livres, les souvenirs familiaux et qui devenaient réels sous mes yeux.
Quand il m'a semblé être arrivée au coeur de la ville, j'ai fait signe au chauffeur et je suis descendue. Je me suis d'abord offert une glace à la goyave et une grande bouteille d'eau... puis je suis partie déambuler.



Alors j'ai quadrillé des quartiers entiers pour ne rater aucune maison, aucune ferronnerie, aucune façade colorée. J'étais happée et subjuguée. De tant de couleurs, tant de beauté, tant de chaleur, tant de tranquillité... Tout dans cette ville me faisait me sentir bien. J'ai acheté quelques bananes séchées à des vendeurs à la sauvette. Et une deuxième bouteille d'eau tant il faisait chaud. J'étais tellement bien.



Je crois que la marche sans but précis est définitivement ma meilleure thérapie quand je veux mettre de l'ordre dans mes idées. Je pars, je marche, je marche, je marche, des heures et des heures. Et, tout là-haut, dans ma cabeza fourmillent les pensées, les théories... Et j'aime ces moments d'agitation et de rangement de mes réflexions. Un peu comme lorsque je fais un puzzle.
Je pensais alors à tous ces mots échangés sur la plage, assis tous les deux face à face à quelques centimètres l'un de l'autre. La force de ces moments que j'aurais voulu graver sur une pellicule de film. Ces mots qui, le soir venu, se libéraient et venaient dire tout naturellement ce que nous retenions depuis des semaines ? Des mois ? Des années ?



Quand je suis retournée vers le petit port de pêche, il m'attendait. Nous nous sommes éclipsés discrètement comme tous les soirs. Nous avons marché jusqu'au bout de la pointe, jusqu'à la nuit. On a regardé le soleil et les pélicans plonger dans l'océan. Assis dans le sable nous avons parlé encore et encore de nous deux. On était juste bien.
Ah que c'était bon. Que c'était beau.








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