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mardi, 14 février 2012

Si belle nature

Je suis une contemplative. Je peux rester des heures à regarder les paysages. M'arrêter en admiration devant un spectacle de la nature.

Un coucher de soleil.
La neige qui tombe.
Le ressac de la mer.
Je peux m'émouvoir à en pleurer d'un lever de lune.
Des rayons de soleil qui percent les nuages.
Regarder longtemps les cratères un soir de pleine lune.
Le va et vient des vagues sur le sable.
La neige fraîche qui vole sur une crête de montagne.
Le soleil qui se lève sur l'océan.
La voie lactée qui apparait au fur et à mesure que les yeux s'habituent.
Une étoile filante qui déchire la nuit noire.

Je m'arrête les yeux perdus et je veux suspendre le temps. Pour m'emplir encore et encore de tant de beauté. Je deviens poétique, romantique. J'ai envie d'aimer. J'ai envie d'écrire. Chaque instant est unique. Je redeviens une enfant qui découvrirait pour la première fois ce spectacle. 

Et là j'ai aimé le paysage devenu noir et blanc. Mieux encore que sur n'importe quelle ancienne pellicule. Le chaos des rochers couverts de neige. La lune qui partait se coucher juste avant d'aller dévaler les pistes.

Suspendre le temps. Le transformer en tableau. Et contempler encore et encore. Jusqu'au bout du jour. Jusqu'au bout de la nuit.


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vendredi, 10 février 2012

Parfois...

... il vaut mieux savoir parler anglais, même en France ! Parce que je ne sais pas vous... mais moi, "salle hors sacs" eh bien, heureusement que j'ai la traduction pour comprendre, sinon je cogiterai encore pour savoir de quoi il s'agit !

Chaque année ce panneau me fait marrer alors tout à l'heure je l'ai pris en photo... Salle hors sacs ?! Mais que ne faut-il pas entendre (ou lire en l’occurrence).

Mais cela n'empêche pas la neige d'être absolument fabuleuse ! Alors... ce n'est pas si grave.

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jeudi, 9 février 2012

L'appel du blanc

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Je n'ai pas pu résister. Avec toute cette neige partout dont on nous bassine tant les oreilles, l'appel des hauts sommets à été bien bien trop fort. Un mail pour poser quelques jours, deux genoux en moins (bleus violets en tout cas) après une chute rocambolesque dans le métro, un train de nuit, et place à la vraie neige de montagne. Parce que quitte à avoir froid autant savoir pourquoi. Et d'ailleurs les -20/-30° d'ici sont toujours moins froids que les -8 des centres villes !

Neige de fou furieux. Soleil de Côte d'Azur. Pistes quasi désertes. Autant dire que je prends mon pied intégral :) Et c'est bon, tellement bon !!

Et en option pas du tout optionnel, les tartes aux myrtilles, les vins chauds, la raclette, les shuss, les bosses, les sauts, la poudreuse, les couchers de soleil, la montagne qui devient rose, les paysages à couper au couteau, les traces d'avions qui traversent le ciel de toute part...

Ah que je revis.

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jeudi, 2 février 2012

Soirée d'hiver

* Tout à l'heure j'ai lu qu'il fallait baisser sa consommation d'électricité entre 18h et 20h. Alors quand je suis rentrée je n'ai pas allumé le chauffage jusqu'à 21h. Par conscience collective. En me disant que ces quelques kilowatt économisés iraient vers d'autres foyers... et éviteraient peut être certaines coupures de courant.

* Je suis rentrée épuisée et fatiguée. Comme depuis plusieurs jours. Du matin au soir. L'envie de dormir, de me reposer... Malgré les longues nuits de sommeil.

* Assise dans le canapé je regarde la Grande Librairie. J'ai soif de lecture depuis le début de l'hiver. Et depuis que j'ai lu Delphine de Vigan et appris son lien avec Busnel j'avais envie de regarder l'émission en toute connaissance de cause. Ce genre de couple m'intrigue, me fascine et me fait divaguer.

* Sur le gaz mijote un pot au feu. Le premier que je cuisine... j'aurais aimé le faire sur mon feu de cheminée là-haut à la montagne, qu'il cuise toute la nuit sur les braises comme je l'ai vu faire pendant mon enfance, l'hiver dans la grande cheminée. Mais ce sera sur le gaz de ville pour cette fois.

* Une douce odeur de fleur d'oranger ou plutôt de néroli flotte dans l'appartement. La belle bougie offerte à Noël brûle depuis quelques heures. Je me plais à me perdre dans la lueur de la flamme.

* J'enfile une polaire que j'ai mise au préalable à réchauffer sur le chauffe-serviette de la salle de bain. C'est si doux, si "confy", si tendre...

* Je m'amuse à lire les échanges facebook d'une partie de la bande d'ados cloitrée chez eux par les violences politiques dans ce pays lointain. Je me replonge à leur âge, dans cette vie africaine où l'incertitude de la politique pouvait faire basculer le pays d'un jour à l'autre dans le chaos. La pleine conscience de cela au quotidien. Aujourd'hui c'est la joie de ne pas avoir d'école, de ne pas devoir aller au bahut, de voir les plans de soirées du week end tomber à l'eau. Mais que garderont-ils de tout ça une fois adulte... Cette ouverture sur le monde d'avoir vécu tout cela au plus près. De connaître sur les doigts d'une main la géopolitique d'un continent. Qu'ai-je fait de tout cela ? Qu'en feront-ils ? Destins croisés, mêlés. Qui s'approchent, se rapprochent, s'éloignent... sur plusieurs générations.

* Dehors il ne neige pas. Toujours pas. Là-haut, le village est coupé du monde. Je rêve d'y être. Évidemment. Et puis je pourrais dormir des heures et regarder la neige tomber.

* Il n'y a pas de doute, l'hiver est là, bien là. Est-ce que mes tulipes germées vont résister ? Et comment vais-je retrouver les muscaris. Je pourrais les rentrer... mais c'est aussi la loi de la nature. Et en la matière, je la laisse parler.

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lundi, 30 janvier 2012

Une touche de printemps

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Je sais qu'il neige sur toute la France... certes... sauf à Nantes (et chez vous ?), mais entre les photos prises hier et les températures glaciales aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir fait marche arrière dans les saisons ! Printemps / Hiver !

Petit billet printanier donc. En photos. Vous remarquerez que ces derniers temps c'est avec mon appareil que je transmets le mieux les émotions, du moins plus facilement qu'en mots. D'ailleurs je vous parlerai tout bientôt d'un petit projet en cours.

Place aux premières fleurs de l'année que j'évoquais dans un billet l'autre jour.

Du violet avec les premiers muscaris de l'hiver sortis sans crier gare... Quelle joie en les découvrant en essayant de faire fuir les maudits pigeons qui squattent mon balcon.

Du jaune. De mon magnifique bouquet de mimosas reçu la semaine dernière qui embaume tout mon appart... et des narcisses auto-offertes au marché ce week end.

Et dehors, les bulbes sortent de terre. Les premières feuilles de futures tulipes ont fait leur apparition... espérons qu'elles ne prennent pas trop froid avec les températures annoncées. J'aime beaucoup le morceau de terre accroché à l'une des tiges.

A défaut de vous avoir offert le thé dans le dernier billet... prenez ces quelques fleurs pour vous remercier de votre fidélité et de vos mots gentils :)

(Comment j'achète mes lecteurs !! Ahalalalala... est-ce déontologiquement acceptable ?!)

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dimanche, 29 janvier 2012

Dimanche soir

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Dimanche soir... je me pose enfin dans le canap' après une longue journée de bricolage, peinture, électricité... et je rigole en voyant ma table.

3 théières... 4 mugs.

Une théière de Earl Grey ce matin.

Une théière de Thé à la menthe ce midi.

Une théière de Lapsang Souchon ce soir.

Et je ne compte pas les mugs sûrement posés ça et là sur mon passage dans l'appart...

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vendredi, 27 janvier 2012

De quoi retrouver le sourire

- Le premier muscari au balcon, bientôt suivi de dizaines de petites pousses qui pointent leur nez.

- La terre qui se déforme dans les pots sur les bords de fenêtres et laisse apparaître les premières pousses des bulbes plantés en fin d'automne. Bientôt les tulipes, les fresias, les renoncules... du jaune, du rose, du rouge, du blanc...

- La méga soirée filles à rire comme des dindes jusqu'au bout de la nuit et rentrer bien bien trop tard dans la nuit en déambulant dans les rues désertes.

- Ce très bon documentaire qui m'a fait retourner dans un festival de cinéma... me rappelant mes jeunes années et l'époque des festivals de Cannes, de Paris et d'ailleurs... Une lointaine époque.

- La livraison d'un énorme bouquet de fleurs au bureau sous l’œil intrigué de mes collègues et ma propre stupéfaction...

- Une autre surprise... la livraison le lendemain d'un paquet mystérieux... un beau livre au titre évocateur...

- Le baume au cœur provoqué par ces deux surprises si touchantes

- Cette soirée à tirer des plans sur la comète jusqu'au milieu de la nuit, à mesurer, gommer, imaginer, dessiner, réfléchir...

- Le nouveau service d'assiettes super rétro en porcelaine anglaise super kitschouille mais tellement mignon... une belle "prise de guerre" !

- La pile de chick-lit empruntée à une copine moi qui ai besoin de lectures légères et débiles en ce moment je vais être servie

- Ce repas avec des potes chez moi autour d'une bonne tarte aux poireaux terminé tous en tenue de ski dans ma chambre avec les bâtons, les skis, les masques...

- La nouvelle étagère dans ma cuisine qui me permet de ranger toutes mes théières et une partie de mes tasses.

- Être enfin arrivée au bout de ce bouquin que je trainais depuis plus de 6 mois et que je lâchais entre d'autres lectures, "Le Goût des Pépins de Pommes", acheté tant sa couverture m'avait inspirée... Pfiou. Lourd, longuet, sans grande saveur... mais tout de même agréable.

- La première soirée raclette de la saison à évoquer des souvenirs de ski, de descente, de glisse...

- Avoir pu croiser en coup de vent ma chica-loca entre deux réunions et me replonger un an en arrière dans nos plus folles heures. Nostalgie nostalgie.

- Me dire que je suis sortie chaque soir de la semaine, même si je me suis couchée bien bien trop tard... et qu'il me faut une grue atomique pour me sortir du lit le matin...

lundi, 23 janvier 2012

Les alignements de planètes.

Il y a des jours comme ça... que j'appelle "les journées à alignement de planètes". Et à n'en pas douter aujourd'hui en était une. Une bonne grosse.

Des journées d'une intensité telle que seuls les alignements de planètes peuvent expliquer. Des journées qui enchaînent les bonnes nouvelles, les succès, les réussites... ou au contraire. Et aujourd'hui on était plutôt dans cet esprit...

Ca commence généralement dès le réveil.

Ce matin la sonnerie me tire d'un rêve tordu que je m'empresse de noter dans mon petit carnet à rêves où j'ai pris l'habitude de coucher mes réflexions si intenses de ces dernières semaines. Un rêve qui n'a p(lu)as lieu d'être. Qui forcémment me plonge dans une forme de déprimo-nostlageo-flottement pour pas mal d'heures à suivre. Pourquoi un rêve pareil maintenant. En cette période j'en conviens... mais pas sous cette forme. Pas sous ce bonheur non exprimé. Pas dans ce sens. Pas ça maintenant. Pourquoi. Je passe ma douche, mon pressage d'oranges, mon habillement, mon cherchage de clés... à cogiter sur la signification de tout ça.

Il y a le rendez-vous devant le notaire... pour boucler une affaire qui va me libérer et me soulager de tant de tracas. Évidemment je ne trouve pas de fringues à me mettre ce matin. Les pulls que je n'ai pas lavés après ce week end harassant qui sont encore dans le bac à linge. Le petit haut que je n'ai pas envie de porter. Je dégotte finalement un haut de printemps... vues les températures extérieures ça ira très bien.

Persuadée d'un rendez-vous à 9h30, je prends le temps de ranger les perceuses et scies sauteuses utilisées pendant le week end. Une sonnerie stridente me rappelle à 9h qu'il est l'heure. Merde... en retard. Pourtant j'étais sûre de mon 9h30. Je cours. Je trouve porte close. Le rendez-vous était bien à 9h30. Il faut écouter son instinct personnel plutôt que l'électronique. Une remarque assassine dont je me passerais bien pour commencer le rendez-vous. J'ai déjà les larmes aux yeux depuis le matin pas besoin d'en rajouter. Des signatures, des paraphes, encore et encore. Des dizaines de pages.

L'heure tourne... mais je sors du rendez-vous tellement libérée que j'aurai pu écouter encore et encore des heures de lecture.

Bureau. Le coeur gros de tout ça. J'ai encore les larmes au bord des yeux. J'ai envie de fuir. De rentrer, de m'enfermer... Mais je dois être là. Réunion à n'en plus finir. Je ne suis pas dedans. La tête ailleurs. Pas là. J'hésite deux fois à quitter la pièce tant je sens que je vais craquer. Je résiste et tente de garder la face.

Je suis attendue chez moi depuis 30 minutes. Je cours. Notaire fait. Réunion au sommet faite. Mode cerveau en troisième position le temps du trajet... Me concentrer sur moi maintenant. Me détendre et oublier le bureau. Se concentrer sur ce qu'il me raconte. Sur ce qu'il va falloir faire.

Ma tête fuit parfois vers le rendez-vous de l'après midi. Me concentrer sur ici et maintenant en laissant de côté tout le reste. Et notamment cette autre réunion si importante. Repoussée évidemment d'une heure. Évidemment. Raccourcie à une toute petite heure alors qu'il nous faudrait au moins 1 journée pleine pour évoquer tous les points. Je fonce. J'abats mes cartes. Je me fais "défoncer", engueuler. Il crie. Les larmes ne sont plus sur le bord des yeux.. Envie de fuir encore. De dire merde à tous, à tout le monde. Fuir dans le Pacifique, retrouver le lagon. Je ne craque pas. Il ne faut pas. Je cherche du soutien... un regard qui m'apaisera.

Courir encore. Dans la nuit pour boucler la boucle. Un connard qui ne veut pas m'ouvrir une barrière. Dans la précipitation je me prends une poutre dans la tête. Une vraie prise de tête. Celle-là au moins dans le sens premier du terme. Je vacille de douleur... J'ai envie de pleurer. Décidément c'est la journée à tout garder en moi. Je rêve de pouvoir être seule dans mon lit et pleurer. Pleurer de douleur. Pleurer de trop plein. Pleurer de trop d'émotions. Pleurer de pleurs. Mais ce n'est pas possible, il faut tenir encore... et terminer tout ça. Ce soir peut être, dans mon lit.

Je m'offre un gin tonic dans un bar. Ce n'est sûrement pas dans l'alcool qu'on noie le chagrin et les larmes. Mais ce soir j'en avais besoin. Ne serait-ce que pour m'asseoir et dire merde à tout ça.

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[Le temps de jeter les mots ici pour évacuer le trop plein de tout... mon riz a cramé dans la casserole... Mais c'est pâââââs grave. J'ai des bonnes carottes vichy qui rattraperont ça. Normalement. Si je ne les ai pas ratées aussi... Alignement de planètes je vous dis.]

[Edit du lendemain : Mais qu'apprends-je ???? Le troisième lundi du mois de janvier est selon les plus éminent scientifiques le plus déprimant de l'année !!!! Ah ben pas qu'un peu je confirme !!!!!]

dimanche, 22 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. SEPTEMBRE.

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Septembre. Mon mois.

Le 1er, je fête mon anniversaire seule chez moi devant un gros plateau de sushis. Je mange mon gâteau d'anniversaire toute seule sur un banc. Tout est dit.

De septembre je ne retiens que les week end pendant lesquels je profite du sursaut estival pour partir loin, très loin dès le vendredi soir arrivé. C'est bien la seule motivation à la reprise du travail : fuir ma ville pour retrouver les miens à des centaines de kilomètres de là.

Avion. Voiture. Train. Profiter du bonheur d'avoir à nouveau des week end sans travailler ! J'avais oublié ce que ça faisait :)

Je retourne vers la montagne, rattraper les jours de pluie des vacances et profiter de l'été enfin là pour me faire quelques ascensions. L'une d'elles est celle de la montagne qui « veille » sur notre village. Ce pic que j'ai dans le dos depuis plus de 30 ans et qu'incroyablement je n'ai jamais grimpé... sûrement l'un des rares de la région d'ailleurs.
Nous sommes fin septembre il fait plus de 30° à 2000 mètres d'altitude. Nous marchons toute la journée avec mon meilleur compagnon de rando. Je vibre de l'intérieur à chaque pas qui me rapproche du sommet. Le chemin est pavé de milliers de colchiques. J'ai une sensation bizarre de bonheur absolu. Nous dominons toutes les vallées. La notre, celle de Petite Ville, celle de Très Grande Ville et là bas derrière l'Espagne. Nous nous endormons plus d'une heure au soleil. Rarement endroit ne m'aura autant réjoui. Tout est si beau, si merveilleux. Je suis tellement émue devant ce spectacle. Tout me rappelle mes plateaux africains, la savane des Plateaux Batékés où nous partions tous les week end. J'ai les larmes aux yeux devant telle beauté. Il ne peut pas y avoir deux endroits aussi opposés que l'Afrique profonde et les montagnes pyrénéennes. Et pourtant... J'imagine à cet instant le jour où je retournerai fouler ces terres de mon enfance. En serais-je capable un jour ? Pour redescendre, nous tapons tout droit à vue. Pas de chemin, juste l'instinct. Je cours les bras en l'air en criant très fort. Il fait chaud, les montagnes deviennent violettes.

Ce jour-là restera sans conteste l'un des plus beau de 2011.

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Un autre week end encore, je retrouve une amie pas vue depuis plus de 15 ans. Nous étions justement au collège ensemble au Gabon, les deux rivales en classe pour la première place, mais amies évidemment dans cette classe où nous n'étions que 4 filles. Celle avec qui j'ai mené un jour une manifestation géante au collège entraînant les 200 élèves derrière nous jusqu'au bureau du directeur pour une sombre histoire de serre-tête dans les cheveux. Ma plus belle rébellion dont on rit encore 15 ans plus tard. Le temps a passé et les épreuves de la vie avec. Je me dis que dans celle que j'ai traversée au moins je n'ai pas eu d'enfant en jeu.

Fin septembre, je fuis une fois de plus retrouver là où bat mon cœur. Une autre belle rando, vers « notre » cascade...  Un bon pique nique, une chaleur de plein mois de juillet (pas comme celui de cette année certes...). Des amis, la famille, la maison qui revit... Il ne devrait y avoir que des week-end !

A l'aéroport, avant de repartir, en regardant le ciel d'or si beau, je me fais une promesse. Il y a des rendez-vous à ne pas rater.

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mardi, 17 janvier 2012

Avec Marloute

Ça commence par Marloute, qui m'envoie un petit texto pour me dire qu'elle arrive. Qu'elle débarque. Et ça... rien que ça, c'était déjà une belle entrée en matière pour un week end où je me forçais à rester chez moi, à ne pas partir courir la France.

Il y a eu d'abord la danse de la joie quand on s'est retrouvée sur le chemin de la gare annonçant le ton des deux jours à suivre. On a marché dans le froid saisissant en s'exclamant tous les 3 mètres sur le si beau ciel bleu. Ce ciel translucide d'hiver quand le soleil brille de toutes ses forces sans réussir toutefois à réchauffer l'air. Tout était beau. Le château resplendissait. Les arbres décharnés nous étourdissait de leurs branches emmêlées.

J'ai aimé être assise sur mon lit et échanger sur les futurs aménagement de la chambre. La construction du grand placard d'angle pour ranger les valises et tout ce qui ne rentre plus nulle part. La place de l'escalier pour rallier la deuxième chambre. Ma chambre sous les étoiles.

Et puis nous sommes parties affronter le froid, flâner dans les plus belles petites boutiques de la ville. Loin des foules venues profiter de soldes qui n'en ont plus que le nom. Nous avons préféré les rues parallèles, les toutes petites boutiques. Loin des grandes enseignes. Celles dans lesquelles on a pu rêver et imaginer nos intérieurs de quand "on sera grandes". Les meubles majestueux, les objets que l'on imaginait si bien chez nous. La belle lampe en bois rappelant les coraux sous-marins sur laquelle nous avons flashé toutes les deux. On a déambulé comme ça dans les rues, découvrant au hasard des vitrines qui nous faisaient de l'oeil... jusqu'à ce que l'on ai vraiment trop froid.

La nuit est venue, assises au coin du feu à boire un thé fumant on a parlé de milles choses. J'avais allumé les bougies et toutes les petites lampes. On a partagé une galette mais ni elle ni moi n'avons été reines. Pourtant on s'était promis d'être le roi de l'autre pour l'occasion. Je l'ai finalement eue ce matin au petit dej trois jours après. J'ai aimé raviver le feu pendant qu'elle parlait et que l'on échangeait sur tant et tant de choses. On refaisait le monde. Notre monde en fait. S'apportant l'une à l'autre les réponses aux questions existentielles que l'on se pose.

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Il était déjà tard quand on a commencé à préparer un hachis de potimarron au canard. Avec des noix et des noisettes ramassées à l'automne. On a continué à parler, parler tout en préparant notre plat. On sautait du coq à l'âne. Et de l'âne au coq. En passant par les chameaux, les singes, les crocodiles, les chats, les lézards et j'en passe. On ne savait plus bien où l'on en était, même si sur le fond tout cela avait une trame bien linéaire. Notre vie. La vie.

Il y a eu le lendemain un brunch 4 étoiles dans mon endroit fétiche, une occasion de plus pour philosopher. Sur des sujets que je n'aborde qu'avec elle. Parce qu'elle est bien ma meilleure confidente et celle qui me conseille le mieux.

Et puis au moment où l'on traversait la grande avenue pour aller prendre le bateau... au milieu d'une énième conversation, j'ai réalisé la date du jour. Et là... j'ai sautillé, j'ai dansé, j'ai tourné sur moi-même. J'avais envie de crier et de chanter au monde cet instant. J'étais au milieu de la route mais qu'importe. J'étais si heureuse que ce soit avec elle que je réalise ce moment. Elle qui a réussi ce que j'ai raté... Parce que ça symbolisait tant de choses cet instant.

C'est si bon d'avoir une amie comme elle. De pouvoir tout nous raconter. Tout nous dire. Comprendre les silences et les ellipses. Voir les années parcourues, les chemins qui se coupent, se recoupent, s'éloignent, se rapprochent... mais avec la trame commune de notre belle amitié depuis... plus de 16 ans.

[ Je vous invite ordonne d'aller lire chez elle ses si beaux mots après notre week end de filles, juste toutes les deux. ]

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dimanche, 15 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. AOUT.

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La maison est remplie par ma bande d’ados. Je suis chef-colo ou maman par substitution de famille (très) nombreuse, c’est selon… Dehors il pleut des litres d’eau. Le jardin est inondé. On allume le chauffage et les cheminées. Les pulls et les polaires sont de rigueur. Les sommets sont pris dans la brume. Je rêve de longues marches et de hautes ascensions mais la météo nous l’interdit. Alors on se rabat sur des parties de tarot jusqu’au bout de la nuit, de discussions au coin du feu, de lecture. La Toussaint en août… c’est pour le moins original... mais sacrément frustrant.

Il n’y a bien qu’au moment des repas que je vois réapparaître ma marmaille. Chaque soir je regarde cette belle table si heureuse, si joyeuse. Je reprends goût à faire à manger pour ces bouches affamées qui n'ont d'heure que celle de leur ventre. Moi qui ne fais habituellement les courses qu’une fois par mois… je rentre du supermarché 2 fois par semaine avec deux chariots pleins à craquer. Je désigne systématiquement au hasard deux ou trois qui viendront m'aider à les remplir et les pousser.

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Le soleil revient timidement. Les activités extérieures et sportives avec. On grimpe, on rame, on saute dans le vide, on descend en rappel, on marche, on escalade… On dort à la belle étoile, on cuisine sur le feu de bois. Les plus belles amitiés se font. Celles de quand on a 15 ans. Je suis ravie de les voir tisser ces liens si importants si constructifs. Je ferme les yeux sur les débordements nocturnes. Comme dirait le vieil adage « il faut que jeunesse se fasse »... et je préfère qu'elle se fasse sous mon œil lointain superviseur dans un endroit où ils ne risquent rien.

Au fil des jours, la petite bande d'ados se plait à réapparaître à l'heure du goûter. Ils aiment boire mes thés parfumés et viennent me trouver dans le village si je ne suis pas dans mon jardin à ce moment là, tant ce moment tous ensemble est devenu un rendez-vous apprécié et attendu de tous. Il ne faut pas trop de trois théières pour servir tout le monde. On varie les plaisirs et les saveurs... ils aiment découvrir les thés fumés, les thés noirs, les thés de Chine. Les trois grandes tables mises bout à bout pour accueillir la quinzaine de gamins se transforment en salle de jeux. Quatre clans se forment et se déforment au fil des parties. Poker, Tarot, Scrabble...

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A défaut de me reposer physiquement je fais le vide dans ma tête et c’est bien ce dont j’ai le plus besoin. Mes propres amis se succèdent tout au long du mois. La bande d'ados s'étoffent, les amis d'amis ne veulent plus partir.  Chaque départ se fait dans les larmes tant ils ne veulent pas se quitter. Ils se jurent de se revoir aux prochaines vacances, et de se skyper, facebooker, tchater, sms-er...


En fin de mois, une fois la maison vidée, je décide de m'accorder une semaine de vacances supplémentaire. Je me sens incapable de remonter vers le « grand nord » et le travail. Et surtout d'abandonner les belles chaleurs devenues enfin estivales. J'accumule en une semaine toutes les randonnées dont ont a été privés pendant les jours pluvieux. 


Je reprends la route un soir quelques heures avant la reprise. Comme à chaque fois que je quitte mon village, j'ai le cœur serré, les larmes aux yeux et la nostalgie de quitter les gens que j'aime. Je roule toute la nuit. Je souris souvent en repensant à ce si beau mois tous ensemble dans la grande maison.

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samedi, 7 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. JUILLET.

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Réponse à mon très gros projet boulot… finalement les mois à venir ne seront pas consacrés à un tour de la planète par tous les continents. Je suis infiniment déçue tant j’ai cru à ce projet et tant j’espérais m’envoler pour de longs mois de goguette. J’essaye de relativiser et d’envisager l’année à venir différemment. Me stabiliser un peu, vivre plus de 6 mois d’affilée chez moi, réaménager l’espace… découvrir ma ville, apprendre à l’aimer… La stabilité me pèse… il va falloir m’y faire.

Juillet est là, l’été, la chaleur… Ma saison préférée. J'ai repris mes marques chez moi et profite de chaque instant dans mon appartement. Je reconnecte avec chaque objet, chaque plante. Il faut dire que j'y ai passé moins de 20 jours cumulés ces 7 derniers mois...

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Au bout du monde, la folie humaine éclate. Les actualités me tordent les tripes. J’angoisse à chaque réveil de savoir ce que m’apporteront les informations. Je n’allume plus la télé et ne regarde surtout pas les images. Chaque vibration de mon téléphone me glace et me laisse envisager le pire. Souvent à l’autre bout du fil j’essaye de me contenir mais j’éclate en sanglot si tôt raccroché. Certains traumatismes d’enfant refont surface et je réalise tout simplement l’impact qu’ils ont sur ma manière de vivre cette période. Mal. Très mal.

Un nouveau mélodrame éclate. Je n’ai pas envie de ça, pas à ce moment-là. Je me retrouve piégée malgré moi. Je ne veux plus me polluer par ce genre d’histoire…

Il est grand temps de m’accorder vraie coupure après cette année folle… J’ai besoin d’air, de grand air. De couper avec cette « histoire pourrie » et prendre du recul. A tout cela une seule solution, me réfugier à la montagne.

Je récupère une voiture pour quelques mois. C’est parti pour la grande transhumance estivale. J’ai un peu plus de 900 km devant moi pour mon premier grand trajet toute seule. Je mets la musique très très fort sur l’autoroute, je chante à tue-tête. Je découvre cette sensation de liberté dont tant de monde m’a parlé. Mais l’apothéose est le passage du Viaduc de Millau, le son poussé au maximum, je hurle au-dessus du vide et me dandine sur mon siège en agitant les bras. A cet instant tout précis le monde m’appartient. J’ai l’avenir entre mes mains, mes seules mains. J’exulte.

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jeudi, 5 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. JUIN.

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L’été est presque là. Les températures grimpent. Place à de nouveaux au revoir, pour plusieurs mois ceux-là et des circonstances bien moins réjouissantes. Les mois à venir seront évidemment remplis d’angoisse et de stress. De moments suspendus et d’alerte permanente. Je suis si fière et inversement si inquiète.

Un peu plus d’un mois que je suis rentrée. Je suis à bout de souffle, j’ai bouclé tout ce que j’avais à faire au bureau. Il faut dire que je n’ai pas eu de vacances depuis plus de 9 mois… et enchainé des semaines de 7 jours depuis… depuis quand… déjà ? Mon méga projet est envoyé… c’est la clé de ce qui me permettra peut être de m’envoler pour une belle année de voyages autour du monde. Il est temps de penser à moi et de partir souffler. Un coup de tête,  un appel, quelques clics, je prends un billet d’avion pour Pointe-à-Pitre pour le surlendemain.

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Les deux jours avant mon départ prennent des allures de mélodrame. Dallas et Santa Barbara à côté sont bien fades. Il est temps de faire table rase, de partir sur de nouvelles bases… qui plus est sachant – non-officiellement - ce qui se trame en coulisse. Je pars en vacances libérée et soulagée, même si je sais que les mois à venir ne seront pas simples du tout.

Je décolle vers mon île… un autre de mes refuges. Séjour mitigé. Je suis tellement épuisée que je passe mon temps à dormir. Des nuits de 12 heures, suivies de siestes de 2 ou 3 heures sur la plage le matin… les mêmes l’après midi… Je dors, je dors, je dors. Je ne suis capable de rien d’autre que de dormir (et nager, et barboter et papoter et me gaver de vitamines de fruits et profiter quand même…) Le temps est maussade pour ne rien arranger, le début de la saison cyclonique et les premières tempêtes tropicales. Mais la Guadeloupe restera toujours la Guadeloupe, si chère dans mon coeur et dans mes tripes.

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Un matin, au hasard des routes, je retombe sans le vouloir devant ma première maison en Guadeloupe. Celle qui aura le plus compté dans ma vie parmi les dizaines dans lesquelles j'ai vécu. Je m'arrête au bord de la route pour la regarder. Ici, seuls les souvenirs restent et les amitiés dans le morne. La mare a disparu. Esmeralda notre manguier couché par le cyclone Hugo est toujours là. J'ai la nostalgite aigüe. Je me revois enfant, je nous revois si heureux. La journée qui suit est à l'image de ces souvenirs qui se percutent dans ma tête. Heureuse, belle, émouvante.

Je ne sais pas et ne veux écrire sur ce soir de pleine lune qui vient clore mon séjour... mais s’il me restait encore des doutes, je sais que 2011 marque définitivement le début de l’après…

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mardi, 3 janvier 2012

Belle Année 2012 !

Petit interlude dans la série « des 12 mois et MOI et MOI ». Tout est écrit et illustré, mais je n’ai finalement pas pu poster les billets avant la nouvelle année.

Et pour cause… j’ai fêté le réveillon dans une cabane perdue au milieu de la montagne dans la neige, à deux heures de marche de toute habitation, loin de la civilisation, de la ville, des réseaux téléphoniques, de l’électricité… La plus belle des natures pour passer en 2012. J’en rêvais depuis bien longtemps… mon vœu s’est exaucé !

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Une petite cabane où l’on a dignement fêté l’arrivée de l’année entre amis dans une belle ambiance, où l’on a cuisiné des magrets Rosini sur la braise au feu de bois, où l’on s’est réchauffé à grand coup de Ti’punch et champagne (et de chaleur humain ahmmm), où l'on a chanté et rit jusqu'au bout de la nuit, où l’on a petit déjeuné en tee-shirt dehors le 1er janvier au-dessus d’une mer de nuages avec une vue époustouflante à 360° sur les sommets…

Qu’elle était bonne cette escapade. La belle bataille de boules de neige pour commencer l’année, la piste de luge improvisée où je me suis révélée une sacrée descendeuse, la grimpette vers un sommet avec de la neige jusqu’aux mollets mais en débardeur tellement il faisait chaud, les belles rencontres, les rigolades, les moments de contemplation…
Un petit concentré de ce que j’attends de 2012… et que je vous souhaite à toutes et à tous !

Belle et heureuse année !

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Certaine des photos ne sont pas de moi… ayant égaré mon appareil photo lors d’une rando deux jours avant le réveillon quelque part hors sentier au milieu de la neige et des fougères. Autant dire que j’avais peu d’espoir de pouvoir le retrouver ! Mais c’était sans compter la battue « à l’appareil photo » lors de notre redescente de la cabane en tentant de retrouver là où l’on était passé 3 jours plus tôt à l’aveugle ! Appareil retrouvé par mon lynx de cousin, autant dire que c’était totalement inespéré ! Il fonctionne parfaitement malgré le froid, la neige et la pluie ! Yeah !

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mercredi, 28 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. MAI.

[ Je reprends la série après une trêve de Noël sans ordinateur et loin de mon téléphone. Je pensais avoir le temps et l'envie d'écrire... mais je me suis consacrée entièrement et uniquement à ma famille. Des retrouvailles et un retour tant attendus mais difficiles à gérer. La joie d'avoir pu passer Noël tous ensemble, loin de l'angoisse et de la peur des derniers mois. Je peux vous assurer qu'il n'y a pas plus beau cadeau ! Joyeux Noël à retardement donc :) et plus que jamais, que la paix règne un jour sur cette terre... ]

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Mai, le mois du retour. Cette fois plus moyen de prolonger ou de grappiller des jours. Il faut se résoudre, la mission ici est terminée et il faut prendre le chemin de la maison. L’officielle du moins… puisqu’à n’en pas douter celle de cœur est ici.

15 jours de travail à un rythme « normal » permettent d’avoir l’impression d’être en grandes vacances. Les jours qui rallongent aident à renforcer cette sensation... Le matin avant de travailler plage et surf ; le soir longues ballades dans la ville où à chaque pas on sait qu’on passe là « pour la dernière fois ». On mange dans notre petit restau « pour la dernière fois », on s’achète une salade « pour la dernière fois », on se voit « pour la dernière fois », on va à la plage « pour la dernière fois ». Tout est « dernière fois » avant le retour... On tombe peu à peu dans le caricatural... et on en rigole.

Dernières soirées de fête aussi... qui commencent systématiquement dans notre QG. Les patrons nous offrent « la dernière tournée » pour notre fidélité des derniers mois. On en pleure dans un dernier verre tellement on sait que rien ne sera plus comme avant une fois chacun reparti aux quatre coins de la planète.

Et puis un matin je réserve un billet d’avion. Contrairement aux dizaines des derniers mois celui-ci est un aller simple. Une date. Une heure. Le retour est désormais fixé. On prendra le même avion avec ma super-copine-collègue. Il faut au moins ça pour surmonter le retour.

Je commence à rassembler mes affaires, mais ne me contraint pas à les mettre dans des valises. C'est qu'on accumule des choses en 5 mois !

Arrive le dernier jour, puis la dernière soirée. D’abord un « apéro vide placard » chez moi… avant de filer à une grande réception avec les huiles du pays… puis passage obligé dans chacun de nos lieux mythiques de perdition… Une nuit à l’image des mois qui s’achèvent… et qui se termine évidemment là où tout a commencé…

Au tout petit matin, je rentre chez moi et ouvre une dernière fois la porte de l’immeuble. Il me reste 3 heures avant l’avion. J’ai 5 mois d’affaire à boucler et cette fois plus moyen de reculer. Je remplis les sacs, les valises avec tout ce qui me tombe sous la main… L’appartement est vide, il n’est déjà plus à moi. Je claque la porte. Clap de fin sur la plus belle tranche de vie de ces 5 ou 6 dernières années.

Gorge serrée dans le taxi surchargé qui nous mène à l’aéroport… éclats de rire quand il faut négocier l’enregistrement de nos dizaines de kilos d’excédent de bagage. L’avion décolle, mais ce soir je ne serai pas dans celui de retour qui me ramène habituellement.

Paris, la grisaille, Orly encore plus triste qu’habituellement, taxi, bouchons, bouchons, klaxons, TGV, en deux heures je récupère de ma nuit blanche, Nantes, taxi que j’insulte en lui disant tout le mépris que j’ai pour lui. Maison.

Il va falloir se réapproprier les lieux, il va falloir faire revivre mon petit cocon. J’ouvre mes valises et rigole toute seule. Je me revois quelques heures plus tôt entrain de fourrer mes affaires à la va-vite. Je repense déjà avec nostalgie à cette vie déglinguée des derniers mois, mes amitiés si fortes, mes amours... Ce pays où j'aurai mis bout à bout j'aurai vécu 3 ans au cours de ces 5 dernières années. Et cette mission évidemment si passionnante et si riche.

Dès le lendemain matin je reprends le chemin du bureau. Pas de transition. C’est mieux ainsi. Même si la pilule est dure à avaler et que je tire une gueule de 12 km de long en retrouvant mes collègues. Tout est si fade ici, dans cette ville. Mais je me promets de ne pas leur faire payer mon désarroi  à être de retour, je fais les efforts pour en tout cas. Et pour m’approprier enfin cette ville où je n’ai jamais vraiment eu de plaisir à vivre. j'en fait mon objectif pour l'année 2011. Aimer et vivre dans ma ville.

Et puis c’est le printemps, il fait beau, une belle réunion de famille nous réunit tous. Je reçois de belles visites chez moi. Je me réapproprie mon appart, je range mes valises, je jardine pour redonner une forme humaine à mes plantations abandonnées, je fais des projets… Les derniers mois ont été si forts et si intenses… il faut que je continue à surfer sur la même vague… 

mais l'essentiel est d'être à nouveau tous réunis, dans un pays où il fait finalement plutôt bon vivre...mai2011_002__8_.JPG

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