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lundi, 10 juin 2013

Déambulations lointaines

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J'avais besoin de solitude et de réfléchir. De m'échapper pour faire le point après tous ces mots. Ces mots sortis tel un torrent sans fin pendant les semaines précédentes. Ces mots de fin. Puis ces mots échangés les yeux dans les yeux pour nous avouer nos sentiments. En fait je voulais comprendre l'enchaînement des événements depuis ce fameux thé. Envie de poser tous les éléments de l'histoire naissante et prendre du recul pour comprendre tout cela.

J'ai pris la direction de la gare routière et suis montée dans le premier bus qui partait vers la grande ville d'à-côté. Je n'avais prévenu personne d'où j'allais. J'ai collé mon visage à la vitre du bus bien trop climatisé pour ma petite robe noire toute légère. J'ai regardé les paysages défiler. Ces clichés ancrés dans ma tête par les récits, les livres, les souvenirs familiaux et qui devenaient réels sous mes yeux.

Quand il m'a semblé être arrivée au coeur de la ville, j'ai fait signe au chauffeur et je suis descendue. Je me suis d'abord offert une glace à la goyave et une grande bouteille d'eau... puis je suis partie déambuler.

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J'ai marché des heures et des heures sous le soleil de plomb, à l'heure de l'après midi où les rues sont désertées pour la sieste. Tournant à gauche, tournant à droite. Je n'avais ni plan ni idée d'où j'allais. Juste besoin de me retrouver avec moi-même. D'autres m'auraient prise pour une inconsciente d'être là toute seule... mais c'est bien cette liberté que j'étais venue chercher. Cette libération plutôt.

Alors j'ai quadrillé des quartiers entiers pour ne rater aucune maison, aucune ferronnerie, aucune façade colorée. J'étais happée et subjuguée. De tant de couleurs, tant de beauté, tant de chaleur, tant de tranquillité... Tout dans cette ville me faisait me sentir bien. J'ai acheté quelques bananes séchées à des vendeurs à la sauvette. Et une deuxième bouteille d'eau tant il faisait chaud. J'étais tellement bien.

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Je crois que la marche sans but précis est définitivement ma meilleure thérapie quand je veux mettre de l'ordre dans mes idées. Je pars, je marche, je marche, je marche, des heures et des heures. Et, tout là-haut, dans ma cabeza fourmillent les pensées, les théories... Et j'aime ces moments d'agitation et de rangement de mes réflexions. Un peu comme lorsque je fais un puzzle.

Je pensais alors à tous ces mots échangés sur la plage, assis tous les deux face à face à quelques centimètres l'un de l'autre. La force de ces moments que j'aurais voulu graver sur une pellicule de film. Ces mots qui, le soir venu, se libéraient et venaient dire tout naturellement ce que nous retenions depuis des semaines ? Des mois ? Des années ?


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Quand je suis retournée vers le petit port de pêche, il m'attendait. Nous nous sommes éclipsés discrètement comme tous les soirs. Nous avons marché jusqu'au bout de la pointe, jusqu'à la nuit. On a regardé le soleil et les pélicans plonger dans l'océan. Assis dans le sable nous avons parlé encore et encore de nous deux. On était juste bien.

Ah que c'était bon. Que c'était beau.

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mercredi, 5 juin 2013

L'ascenseur de la vie

Il y a ces semaines qui ressemblent à des mois. Des jours qui n'avancent pas... persuadée systématiquement d'être deux jours plus tard que la date officielle. Jusqu'à ce que je regarde le calendrier et que je réalise que la fin de semaine est encore bien trop loin. Et puis, il y a ces week end magiques qui passent trop vite. Ce soleil qui a trop tardé à venir et ce temps que je veux rattraper pour profiter de chaque rayon, de chaque soirée.

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Ces moments de ressource. Ces week end où je pars retrouver les copines. Retrouver la nature. Retrouver la capitale. Retrouver les discussions jusqu'au bout de la nuit. Retrouver l'eau. Retrouver les pieds dans le sable. L'eau turquoise. Les baignades. Le soleil qui brille haut dans le ciel. Le corps qui donne toute sa puissance dans les coups de pédales, de rames, de marche, de nage...

Et au milieu de tout cela il y a eu ce week end parisien. Où tout s'est organisé sans le vouloir, sans le prévoir... mais exactement comme il fallait. Des moments si heureux en famille. Des balades. Des touristeries qui deviennent des moments à part car tellement uniques. Cette montée tout en haut de la Tour Eiffel en mode ultra VIP. Voir Paris de tout là-haut avec le coeur léger, si léger. Avec ce sourire accroché aux lèvres de tant de merveilles à 360°. De tant de souvenirs heureux de toutes ces années dans chaque rue, chaque quartier. Regarder tout cela avec joie. De tout en haut. Symboliquement.

Et des retrouvailles, des rencontres. Celle avec Valérie de Haute Savoie avec qui j'aurais aimé prolonger la discussion un peu plus longtemps tant il était évident, après toutes ces années de lecture dans l'ombre, que nous avions des choses à nous raconter. Et puis ce brunch le lendemain, avec cette amie si importante. Ce genre d'amie qui a su et dont j'ai su qu'il fallait nous éloigner l'une de l'autre quelques mois. Le temps que les tempêtes passent. Car parfois il ne sert à rien de ressasser à deux les faiblesses de chacune. Mais parce que c'était le bon moment, nous nous sommes retrouvées. Avons repris nos discussions où nous les avions laissées. Et les amitiés comme ça sont sûrement les plus saines et les plus sincères.

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Et derrière. Après deux jours si magnifiques. Tous ces moments si agréables. Dans le train qui me ramenait vers chez moi. Cette masse qui m'est tombée dessus. Sans savoir pourquoi. Sans savoir comment. Sans comprendre d'où elle venait. Mais qui m'a plongée dans une semaine sombre comme je n'avais pas vécue depuis longtemps. Un mal si profond, si douloureux, si mauvais. Un mal-être à vouloir s'arracher le cœur, les tripes et tout le reste. A vouloir se rouler en boule et attendre que ça passe. Ou que ça explose. En tout cas que ça s'arrête. Et malgré toutes les tentatives, ne pas comprendre pourquoi. Pourquoi ce mal être. Ne pas réussir à s'extraire de cette bulle si sombre, si noire, si destructive, si mauvaise pour moi et les autres. Entrevoir des pistes de réflexions. Et les explorer l'une après l'autre. Sans comprendre.

J'ai haï être comme ça. Être aussi mal. Retomber aussi bas.

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lundi, 27 mai 2013

Les mots

Depuis un moment déjà nous parlions. Par moment mes yeux se perdaient sur la grande bibliothèque derrière lui. Je lisais les mots sur les tranches des livres tout en continuant mon histoire.

Et puis, j'ai prononcé cette phrase magique. "La distance trop proche". Je me suis fait rire et il a ri aussi. J'avais l'impression de mots d'enfants sortis de nulle part. J'ai aimé le faire sourire.

"La distance trop proche". Quel magnifique oxymore... pour dire tout cela.

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jeudi, 23 mai 2013

Le passé

Nous avons enfin trouvé un créneau pour aller voir ce film que j'attends depuis ces semaines. Je savais que forcémment je l'aimerai. Que forcémment il me parlera et me transportera dans des limbes à semi-dévoilées et découvertes. Et tout, dans ce film, est de toute façon une victoire sur le passé...

Je suis accrochée à chacune des phrases, des mouvements de caméras, de lumière, de dit, de non-dit. Seules quelques larmes coulent quand il s'agit de maison. Le reste ; je l'intériorise.

J'ai envie de mettre "pause" à plusieurs reprises justement pour pouvoir me "poser" et réfléchir aux sentiments que chaque scène réveille et ressasse. Je ne pensais pas qu'autant de "grands thèmes" seraient ébranlés en moi, évoqués dans ce film.

PAUSE. Voilà vraiment l'envie que j'ai eue à plusieurs reprises pour prendre le temps de réfléchir à tout cela.

PAUSE. Pour prendre le temps de réfléchir. De digérer. Comprendre. Comparer.

Je ne peux pas me lever. Quand le noir se fait sur l'écran. Comme à mon habitude je veux rester et lire chaque ligne du générique. Digérer tout ce que l'on vient de voir. Je ne sais pas si j'ai envie d'éclater en sanglot ou garder tout cela en moi. En fait, si, je sais. J'ai envie d'éclater et lâcher tout. Lepassé. Les mensonges. Les non-dits. L'amour. Le désamour. L'acceptation. Le refus. La vie. La mort. Les qui-proquo. La non-communication. Le silence. L'absence de dialogue.

Dehors il fait encore grand jour. Je suis retournée comme un film ne l'a pas fait depuis bien longtemps. Je savais à quoi m'attendre en allant le voir et c'est bien ce que j'allais chercher. Dehors sur la grande place alors que l'on tente de canaliser nos émotions, elle s'élève juste face à moi. Immense. Gigantesque. La lune. Presque pleine. Juste en face de moi. Comme le clin d'oeil de trop, de plus qu'il fallait ce soir.

Je détourne le regard et me cache d'elle. Car je sais qu'un simple regard me fera craquer et verser les larmes retenues depuis le début du film. Je ne peux pas soutenir son regard, elle tout là-haut qui brille si fort dans le ciel.

Nous partons manger. Ou boire. On ne sait pas bien de quoi on a envie ou besoin. On tourne et retourne dans le quartier. A la recherche de l'endroit adéquat pour accueillir notre flottement. Finalement un comptoir de bar-bitstrot-restau nous reçoit.

Et puis on lâche tout. Je raconte les mails échangés dans la nuit et au petit matin. Les larmes coulent encore et encore en racontant les mots. Je m'étais promis pourtant de garder tout cela pour moi. Et puis on parle du reste. De toutes ces douleurs enfouies pas si loin. Pas si profondément. Les larmes coulent et coulent et coulent. Nous enchaînons les verres de Rioja. Car il n'y a bien qu'un vin de là-bas qui peut accompagner tout ces maux. Je raconte tout ce que je n'ai jamais exprimé à haute voix. Tout sort. Comme ça. Ma serviette de table ne suffit plus pour éponger mes larmes.

Quand il m'apporte mon dessert, je regarde mon fondant au chocolat et les petites touches de framboises ça et là. J'éclate à nouveau en sanglot. A la simple vue de mon dessert. De tout ce qu'il évoque, me rappelle et réveille. De cette vie. Cette vie-là.

lundi, 20 mai 2013

Finalement... Finalement...*

Je reste dans les parages finalement. Le temps annoncé sur la Provence, où je devais partir, est trop catastrophique... Et histoire également de me poser au moins un week-end par mois chez moi.

Vendredi soir Marloute m'appelle pour prendre des nouvelles. Ca tombe bien car j'étais en début de friday-night-blues ! Quelle bonne idée que cet appel. Sous son impulsion je ressors prendre un verre en terrasse. Je m'installe juste en bas de chez moi, à l'un de mes QG. Les gens autour ne prêtent pas attention à mes oreilles qui veillent un peu. C'est tout l'avantage de s'installer seule à une table. J'ai pourtant tenté de lire quelques articles de mon magazine... mais leurs conversations me déconcentrent et me tirent de ma lecture. S'ils savaient que leur sujet de discussion me concerne tout directement je doute qu'ils continueraient. Mais ça me fait rire... d'être la petite souris invisible.

Je me fais un week end cinéma sur canapé. Une programmation aussi variée qu'un festival de Cannes. Un Conte de Noël de Desplechin. Cléo de 5 à 7. La Piscine avec la sublime Romy Schneider et le non moins séduisant Alain Delon. Je replonge dans Sautet avec Max et les ferrailleurs.

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Entre deux films je bricole dans ma chambre sous les étoiles. Je tourne le grand lit en bois massif. Je m'y prends à 10 reprises pour réussir à le faire pivoter de 90°. J'astique les tomettes avec du savon noir. L'eau est noire de centaines d'années de poussière. je divague sur toutes les histoires qu'elles transportent. Par qui ont-elles été piétinées au fil du temps ? Le lit dans cette position m'offre une plus belle vue encore sur le ciel... gris. La pluie frappe de plus belle sur les fenêtres de toit. Je chante au grès des musiques qui montent de ma chambre du dessous. L'air sent tellement bon avec le savon noir. Il me faudra encore des litres d'huile de coude pour réussir à rattraper le sol...

En fin d'après midi, je m'assoupis dans le canapé en regardant Le Ruban Blanc de Haneke. Malgré la grosse couverture en laine, les polaires et les grosses chaussettes le froid me réveille. Dehors il pleut encore et encore. Je regarde le thermomètre... 13°. Je rallume le chauffage... et lance un feu de bois.

Tout au long du week end je me suis demandée très sérieusement si un jour, vraiment, le soleil et la chaleur reviendront. En tout cas... Ni le gris, ni la pluie battante ne semblent se calmer au dehors. Quel printemps...

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* Comme chaque fois que je suis peu inspirée par un titre... je le pioche dans la chanson que je suis entrain d'écouter... Les Vieux Amants de Brel.

mardi, 14 mai 2013

Considérations temporelles...

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Qu'il fasse un froid de canard en mars... Passe. Nous sommes au nord de la Loire et même si je ne me fais pas aux hivers à rallonge de la région, il parait que c'est normal...

Qu'en avril il faille encore mettre des pulls, des manteaux, des chaussettes, que le chauffage soit allumé 9 jours sur 10... Soit... On dit bien qu'il ne faut pas se découvrir d'un fil...

Mais alors qu'en mai, le chauffage tourne à bloc, Que la neige tombe en plaine. Que le thermomètre dépasse difficilement et rarement les 10°... Que la luminosité extérieure soit plus proche que celle d'une grotte... Là... RAS LE BOLLLLL !!

Mais je n'apprendrais rien à personne. Le temps de m... est à peu près généralisé sur toute la France. Même mes quelques jours sur la Côte d'Azur il y a quelques semaines ne me font pas mentir... PFFFFF...

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Retour d'un long week end à rallonge, l'occasion de filer vers la montagne avec la ferme intention d'une première rando de "printemps". C'est du moins ce que j'imaginais et dont je rêvais depuis des semaines. De vastes étendues de fleurs, de ruisseaux, de prairies vertes, de siestes au soleil...

Que nenni... La neige a quelque peu perturbé mes projets. Trop de neige, trop basse ! Sentiers inaccessibles... lacs gelés... températures hivernales... torrents débordants de tout côté. Nous nous sommes donc rabattus sur des soirées au coin du feu... quelques balades... de longues discussions sous la tonnelle croulant sous la glycine et tout de même une rando sur deux jours en moyenne montagne avec un grand feu de camp pour nous réchauffer toute la soirée, cuire des magrets, faire chauffer de l'eau...

Une nuit sous la tente enveloppée dans mon duvet avec 3 polaires, deux pantalons et un gros bonnet. La joie malgré tout de marcher, de grimper, de retrouver la cuisine au feu de bois, les premières fleurs dans les champs, les sentiers... et surtout cette harmonie avec la nature qui me manque tant au quotidien.

Et puis voir de mes yeux les avancées dans la maison.... Réaliser l'incroyable chantier. Le grand pan de mur extérieur écroulé qui deviendra bientôt une immense vitrine sur les montagnes. Les murs intérieurs complétement disparus. Les planchers démontés. Les dalles coulées laissant entrevoir de futures pièces. Tout cela effaçant quelque peu ce pincement au coeur en essayant de chercher où l'âme de toute cette vie, de cette antre a pu trouver refuge le temps des travaux...

Qu'il est long à pointer son nez ce printemps... malgré les signes timides ça et là... au fil des chemins...

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lundi, 29 avril 2013

En boucle

Avant même de le retrouver je tourne déjà en rond. Un poisson rouge dans son bocal. Qui sait que la conversation va être compliquée et sûrement improductive.

Il me répète que j'ai fait le choix de tout ça. Je lui tiens tête. Je tourne, je bloque. Mon cerveau refuse d'entendre ses arguments. Est-ce que les choix inconscients peuvent être considérés comme des choix à part entière ? Je boucle et reboucle.

Plus tard, le casque sur les oreilles. J'écoute en boucle cette chanson qui parle de cœur qui bat la chamade. Hier encore je dansais dessus hilare en imitant une grande valse. Je voletais dans le salon. En levant les bras et imitant les petits rats de l'opéra. Et depuis... je l'écoute, écoute, écoute. Comme je sais le faire quand j'ai une chanson dans le cœur.

C'est bien ça. Mon cœur et ma tête bouclent.

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dimanche, 28 avril 2013

Un billet lunaire...

Elle est là, sur l'horizon, juste de l'autre côté du hublot. Elle illumine la mer de nuages sous la carlingue. C'est la pleine lune. J'aperçois immédiatement le lapin formé par les cratères à sa surface. Et je me revois outre Atlantique, sur la plage, il y a un an. Nous écoutions alors, tous les deux si concentrés, le récit de la légende aztèque à ce sujet, accroissant un peu plus encore ma fascination pour cet astre.

Je divague et rêvasse tout le long du vol en repensant à tout cela.

Plus tard, après l'atterrissage, la grande voiture file le long du Lac. Je colle mon visage à la vitre pour la regarder. Elle est là. Me rassure. Toujours pleine. Mon cœur s'emballe comme à chaque fois que je la vois si belle. Si pleine. Se reflétant sur le miroir immense de l'eau si calme.

Mon cœur papillonne. Se gonfle de joie, de douceur, d'amour, de légèreté.

Je ris. Intérieurement d’abord, puis d’un grand sourire qui se forme sur mon visage. Quelques minutes durant lesquelles je ne suis plus là. Je n’écoute plus les conversations de mes collègues dans la voiture. Je lui livre tous mes secrets et plus rien d'autre n'existe autour. Je me dis à cet instant qu'il faudra que j'écrive cette scénette dès que je trouverai 5 minutes.

Je les trouve ce soir. Dans le trajet retour. Le ciel est bas, gris, pluvieux. Mais j’ai le cœur lunaire au moment où je monte dans le TGV pour rentrer vers la France. Je ne peux contrôler mon grand rire et ma bonne humeur. Toutes les belles choses des dernières heures, les cœurs qui battent la chamade, les papillons dans le ventre, les belles histoires qui naissent, renaissent... et celles encore que l'on regarde avec tant de nostalgie heureuse.

Le temps de s’éloigner de la grande ville, la pluie se transforme en gros flocons. Je me frotte les yeux plusieurs fois pour y croire tant la neige est épaisse et tombe drue. Tant hier j’étais en tee-shirt et petite jupe sous 25° !

Quelques minutes encore et le décor n’est plus que de noir et blanc. De la neige à perte de vue. Des champs blancs à n’en plus finir. Du blanc du blanc pendant des kilomètres. Je suis comme une enfant devant un sapin de Noël tant les paysages sont beaux sous cet épais manteau blanc en plein milieu du printemps. Je ris. Je souris en voyant le paysage défiler à vive allure. En pensant à tout cela et aux belles choses.

jeudi, 18 avril 2013

[10 ans de blog - 2008] : L'éphémère

Facile cette année 2008 ! A la toute première page des archives j'avais trouvé le billet que j'allais republier. Les douze mois qui suivent m'ont confirmé mon choix.

Si vous saviez comme ces mots correspondent à mes réflexions et introspections du moment. D'ailleurs je ne me souvenais absolument pas avoir écrit sur ce thème. Et je m'étonne en me relisant d'être l'auteur d'un texte aussi "profond".

Mais trêve de blabla car le billet est très long ! Et votre avis sur le sujet m'intéresse (pour alimenter ma réflexion du moment !)

30 janvier 2008 : L'éphémère


Quel jour prend-on conscience du temps qui passe et du côté éphémère des choses ? Qu'il faut profiter de chaque instant et de chaque situation de la vie.Qu’il faut se construire des souvenirs ?
Au fond, quel jour sait-on que demain ne sera plus jamais comme hier ?

Je me pose souvent la question... car je reste persuadée que ce n'est pas une notion innée. C'est un des premiers signes du passage à l'âge adulte selon moi. A force de réflexion, j'ai réussi à dater cette prise de conscience de manière relativement précise. C'était lors de mon retour en Guadeloupe en 99, le jour de mes 19 ans. J'ai toujours quitté des lieux. Toute ma vie a été une succession de nouvelles maisons, de nouveaux pays, de nouvelles villes, de nouvelles écoles, de nouveaux amis. Une succession de ruptures au fond. Mais jamais au cours de ces déménagements je n'avais pris conscience qu'il s'agissait d'une fin en soit. Non. Je ne réfléchissais jamais à ce que je quittais. Je ne le savais de toute façon pas, puisque j'ignorais ce que j'allais trouver ou non dans ma "nouvelle" vie. La seule chose qui m'importait été le côté "nouveau" des choses. Quelle nouvelle maison allait nous accueillir, comment allait être la nouvelle école, comment seraient mes nouveaux copains... Ce que je laissais sur place ne m'effleurait même pas l'esprit.
La question qui revenait à chaque rentrée lorsque je devais expliquer à la classe d'où je venais, pourquoi j'étais nouvelle, pourquoi je voyageais, été inexorablement "mais, ce n'est pas trop dur de toujours quitter tes amis ?". Sincèrement non. Sincèrement ça ne l'était pas (en tout cas jusqu'au Gabon, année de mes 16 ans, où j'ai vécu le retour en France comme un vrai traumatisme). Je n'étais attachée à personne. Je savais que j'allais trouver de nouveaux amis dans ma nouvelle ville... alors... "trop dur" sûrement pas, au risque de froisser ceux, qui à travers cette question s'inquiétait de la relation que j'allais peut être construire avec eux.

La Guadeloupe a été le premier et unique endroit où je suis "revenue". J'y ai vécu une partie de mon enfance. J'en suis partie quelques années. Puis j'y suis revenue par les hasards (provoqués) de la vie. Nous avons repris une nouvelle maison, non loin de l'ancienne. Nous avons retrouvé des amis, des endroits déjà connus, des habitudes que l'on a reprises... J'avais des repères. Pour la première fois de ma vie, je rencontrais une sorte de stabilité.

Et c'est le jour où je suis revenue en Guadeloupe, que j'ai su, ce qu'enfant j'avais perdu. Je prenais pour la première fois de ma vie conscience de ce que j'avais laissé à jamais derrière moi. Pour la première fois en 20 ans je repassais dans des endroits où j'avais grandi, où j'avais couru, où j'avais grimpé aux arbres. Je comprenais alors ce qu'en quittant la Guadeloupe j'avais perdu. J'avais désormais la possibilité de comparer l'avant et l'après.
Je crois que c'est ce jour là où je suis rentrée dans l'âge adulte. Car pour la première fois de ma vie je retrouvais certains repères. Je possédais des éléments de comparaison. Je revoyais la marre dans laquelle je pêchais du haut de mes 9 ans... mais qui dix ans après était asséchée. Je revoyais le manguier déraciné par le cyclone et promis à une mort certaine... mais qui dix ans après avait repris du feuillage et refaisait des mangues.

Je suis entrain de mettre noir sur blanc des notions qu'il m'est encore difficile d'analyser plus profondément. Au fil des mots j'ai l'impression de construire une réflexion... Le mot "ruptures" qui m'est naturellement venu pour qualifier mon enfance ne m'avait pourtant jamais traversé l'esprit. J'entrevois à présent une explication à toutes celles que j'ai refusées. Les vraies.

Depuis ce jour de 99... je sais qu'il faut que je garde en moi chaque instant comme un futur souvenir. Car je sais désormais que ce que l'on quitte ne sera plus jamais comme avant. Je ne le dis sans aucune nostalgie ou regret, je le dis avec ce que j'appellerai une sorte de "maturité" (pour ne pas dire "vieillesse"... à 27 ans, c'est loin d'être le cas !). Je ne pense pas vivre dans la nostalgie contrairement à ce qu'une personne a longtemps voulu me faire croire.

Je crois seulement qu’un jour on prend conscience de l’avant et de l’après. Je m’accroche peut être plus que d'autres au présent à force de l’avoir quitté.
Et tout à l’heure, à la nuit tombante, à l’angle de cette rue, sur cette petite place si mignonne, je me le suis encore dit. Profite… profite jusqu’à plus soif. Enivre toi du présent. Jouis en. Encore et encore.


La dernière fois où je me suis dit "cet instant va devenir un grand souvenir de ta vie"... Moorea - 2007

jeudi, 11 avril 2013

[10 ans de blog - 2007] : L'éternel recommencement

Hop hop ! Je reprends le fil des archives. Difficile après le dernier billet "confession" et un emploi du temps plutôt chargé :)

2007. Une année de voyages plus encore que toutes les autres années. En 12 mois je ne passe "que" 2 mois chez moi. Le reste du temps en déplacements professionnels de plusieurs mois dans différents pays d'Europe, quelques missions courtes dans l'hémisphère sud, d'autres dans des pays nordiques, pas mal de tours de France.
A titre personnel, je m'envole à l'autre bout de la planète pour découvrir une de mes nouvelles attaches de famille... en Polynésie... Je pars au tout début de janvier, très malade depuis plusieurs mois de la coqueluche, cassée dans tous les sens, épuisée et à bout physiquement de 5 mois de toux... Tahiti et ses îles, un endroit idyllique aux yeux de tous et qui pourtant me fait trembler de peur avant même de la découvrir pour pas mal de raisons personnelles.
Finalement le Pacifique, les lagons, les paysages paradisiaques, les journées de plongée me guérissent très vite et je me refais une santé.

Dans cette folle année, je me décide à faire quelque chose de constructif pour "moi". A distance depuis mes pays lointains je regarde les petites annonces pour acheter un appartement. Un jour où je passe par Nantes entre deux missions, j'en visite un pour lequel j'ai un coup de cœur. Je dois décider très vite car je repars le lendemain pour plusieurs mois. Je n'ai jamais été aussi seule de ma vie. Et c'est pour ça que j'ai de toute façon entrepris ce "chantier".
Je décide de devenir propriétaire, acquérir un bien pour MOI. Quelque chose qui n'appartiendra qu'à MOI et à aucun homme de ma vie ou autre. Pour le futur.
A postériori je m’effare encore de la capacité que j'ai eue à accomplir tout cela entre deux missions à l'étranger. A la folie de ces trois jours chronométrés passés en France où j'ai du signer un prêt, des milliers de papiers et de contrats, préparer un déménagement, me démêler de rebonds de dernière minute avec le notaire et la mairie, signer, déménager, accomplir toutes les démarches administratives entre trois apparts... et repartir vers un autre pays...


28 Octobre 2007 : L'éternel recommencement

Trois gouttes de vanille. Un jus de citron vert. Du sucre de canne. J'inonde le tout d'une large coulée de rhum. Un glaçon... et je trinque. Je trinque au premier des derniers jours dans cet appartement. Je n'aurai plus de dimanche ici. Je garde encore intact mon salon. Je recule le moment où j'enfermerai tous mes objets de l'ailleurs, mon oeuf de Terre Adélie. Ma lampe de Tahiti. Ma boîte de Guadeloupe. Ma statut du Gabon. Mes calebasses de coquillages du Pacifique, de l'Indien, des Caraïbes. Mes grigris du Congo. Mes mobiles de bois flottés polis au fil des océans. Mes objets à l'image de ma vie et de mes voyages.

Au fond, j'aime déménager. Ce ne sera que le 15ème en 27 ans. Combien de maison quittées ? Combien d'intérieurs recréés ? Et puis. Déménager c'est trier les souvenirs. C'est laisser dans les murs quittés ceux dont on ne veut plus. C'est rendre encore plus précieux ceux avec lesquels ont veut encore vivre. Encore grandir. Et forcément en créer de nouveaux grâce à l'espace libéré par les souvenirs abandonnés, que l'on a laissés derrière soi.

Je repense à chacun des déménagements de ma vie. Je revois les caisses maritimes livrées dans un nouveau jardin. Un grand cube de bois renfermant notre vie. Les cartons si patiemment pensés par ma mère, si impeccablement agencés. Je repense, aux tris que l'on devait faire. Les choses que l'on reverrait "un jour", cantonnées dans un garde-meuble quelques années et les choses qui nous suivaient au bout du monde.

Au fond, j'aime réagencer ma vie. La faire rentrer dans des boîtes. L'ordonner pour faire un nouveau point. Un nouveau point de départ. Et à la fois... je n'ai connu que cela depuis ma naissance. Le recommencement éternel.
Depuis des mois, j'angoissais à l'idée que j'allais passer le cap du "plus long temps passé dans le même endroit" dans mon appartement actuel. C'était une angoisse inconsciente évidemment. Parce que bien sûr en étant en déplacement la moitié de l'année à droite à gauche, j'en étais loin. Mais quand même... j'avais l'impression de m'encroûter. L'impression que ce cycle éternel prenait un rythme de croisière bien trop pépère pour moi.

Alors à Oxygène qui s'inquiétait de me voir devenir propriétaire, de m'installer dans une vie posée et à long terme; je dis qu'au contraire, c'est encore un recommencement. Encore une nouvelle vie. La douzième. C'est un point de chute que je créé. Pour mieux repartir. Encore et encore.

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