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vendredi, 6 mai 2016

Vertiges

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A force de décalages horaires. De traversées des mers. De pays. De chambres d'hôtels intemporelles et universelles. De valises dans un sens et dans l'autre... Je ne sais plus bien où je suis.

L'autre matin, alors que l'on me demandait ce que je souhaitais au petit déjeuner, j'ai regardé autour de moi pour me souvenir dans quel pays j'étais. Vraiment. A l'instant précis on m'aurait demandé... je n'avais strictement aucune idée. Impression de vertige à la fois délicieux et complément déroutant. Je venais de parler avec un bout de la terre. Et répondre à un tchat avec l'autre bout de la planète. Tous les 3 entrain de manger, lui le diner, elle le déjeuner et moi le petit déjeuner... J'étais arrivée tard dans la nuit par un taxi dans un énième hôtel. J'avais pris les clés d'une chambre. La 120. Pour deux nuits. Avant la 227. Et la 1032 dix jours plus tôt. La 1235 un peu avant. Et je ne savais vraiment plus. Je me suis concentrée pour me remettre sur les bonnes coordonnées GPS.

Et puis, au bout de quelques jours je suis rentrée. Avec une armada de maladies qui m'ont totalement anéanties. De la fièvre me faisant osciller de grands frissons à d'énormes suées. J'y ai évidemment laissé quelque part ma voix, devenant comme chaque fois totalement aphone pendant quelques jours. Je passe l'otite... Les pleurs de douleur de ma gorge que j'avais envie d'arracher. La conjonctivite. Et tout le reste.

Une nuit comateuse de 20h... pour lutter efficacement contre toutes ces attaques.

Ma voix est toujours chevrotante pour ne pas dire plus. C'est psychosomatique... Plus aucun doute quand la chose se reproduit à intervalles aussi réguliers et à des occasions aussi particulières.

J'ai des rendez-vous médicaux importants à caler. Un frigo à remplir. J'ai fait une danse d'indiens hier en découvrant au congélateur un paquet de crêpes aux champignons congelées. C'est dire...

Et sinon il parait que le printemps est là. Que certains profitent d'un jour férié ou mieux d'un pont.

Mais je m'en fiche. J'ai des crêpes et des haricots verts congelées. Et ça. Je vous jure c'est d'un réconfort inimaginable ! Si, si !

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samedi, 16 avril 2016

Le mois en blanc

Il y a eu des voyages par-ci, par-là.


Des bus, des trains, des avions, des voitures, des autocars, des bateaux, des métro, des tramways.


Des traversées de l’Atlantique. Des traversées de la France. Des traversées du grand grand fleuve vers la belle île. Celle où l’on rit les pieds dans la neige et la tête dans les nuages.


Il y a eu ce week-end à goûter à toutes les joies de la montagne en hiver. Du ski, de la luge, des raquettes, une madame de neige, une raclette, des soirées au coin du feu...et au petit matin du lendemain, le printemps était là...Avec ses fleurs partout, mes mains dans les platebandes pour désherber et faire ressortir les tulipes, les jacinthes, les crocus, les muscaris... Un petit déjeuner sur la terrasse à ranger le Nutella pour qu'il ne fonde pas trop tant il faisait chaud.


Il y a eu cette tempête où la mer submergeait les plages, les quais, les digues. Et où, bien au chaud, on a bu ce thé avec une assiette de poissons fumés au coin du feu dans cette librairie cosy. Exactement celle que j’aimerais tenir si je devais me reconvertir.


Il y a eu un brunch improvisé avec Paris à nos pieds et le plaisir de parler longuement avec celle dont j’aime tant et tant les écrits. Bonheur d’un temps volé avant, justement, de s’envoler.


Il y a eu ces températures avoisinant les -30° de l’autre côté de l’océan. Ce bonnet perdu, retrouvé, reperdu. Des hôtels aux ascenseurs qui mènent tout proche du ciel. Des marches dans la neige avec le froid qui pique les quelques centimètres de peau apparente. Et de la neige, encore et encore.


Il y a eu un karaoké géant où plus aucun interdit n’avait sa place. Où l’on a sauté sur des tables et hurlé à tue-tête des chansons d’un autre âge. Où l'on s'est battus avec des épées en mousse et où l'on a chanté jusqu'à très tard dans un autobus.


Il y a eu ces quelques jours au ski dans la plus grande station du monde. Celle où j’ai tant et tant de souvenirs. Où je repense parfois à ce temps d’avant. Où le soleil brillait au zénith et où les pistes étaient désertées juste pour nous. J’ai dévalé les pentes encore plus vite et plus heureuse. Avec toujours plus de légèreté. La neige crissait, et moi je glissais, glissais. M’envolais sur les bosses.


Il y a eu ces lits en 190 de large et des oreillers aussi moelleux que les couettes dans lesquelles je plongeais chaque soir en regardant la grande ville à mes pieds se couvrir de neige d’heure en heure.


Il y a eu des retrouvailles improbables après 10 ans sans se voir. Un message rapide pour dire “on mange demain ensemble ?” et hop pas mal de milliers de kilomètres après, 8 stations de métro, et hop, nous mangions le meilleur couscous végétarien du monde.


Il y a eu un atterrissage où l’on s’est dit que notre dernière heure était arrivée. D’ailleurs tellement raté que nous avons été bons pour repartir dans les airs avec des gens qui pleuraient, qui criaient, qui fermaient les yeux et se disaient “pourvu que le pilote ait bien révisé ses atterrissages en crabe !”


Finalement il y a eu beaucoup de neige, de froid, de couleurs, de fleurs, de nature et de joie ce dernier mois !
 

dimanche, 13 mars 2016

Les pièces du puzzle

Un lapin à la moutarde cuit au four avec des petites pommes de terre et des petites carottes.

L'odeur d'un gâteau au yaourt et fruits rouges flotte dans l'appartement.

Le Masque et la Plume me donne quelques idées de lectures.

Fin d'un week end de "rien". Je suis restée chez moi histoire de me poser après cette dernière semaine éprouvante. Ces week-end sont tellement rares, moi qui pars dès le vendredi soir arrivé dans les quatre coins de France. Et même si je n'ai pas arrêté de ranger et faire un grand ménage de printemps, j'ai l'impression d'être posée.

La semaine dernière j'ai filé dans le Grand Sud suite à un texto qui appelait à l'aide. Ce fut éprouvant de plonger dans les méandres des couloirs du désespoir. Mais essentiel que je sois présente et apporte le réconfort demandé.

Tant de choses se démêlent en ce moment. Comme si un grand puzzle se (re)mettait en place, et libérait certaines chaînes.

Alors mardi, sûrement en contre-coup des 2 jours à côtoyer le désespoir et le mal-être, dans un immense coup de gueule les mots sont sortis tout seul comme une immense brèche qui aurait cédé tout à coup sans crier gare. 

Un sentiment de libération absolu.

Je me dis que tout cela ne peut être qu'une suite toute logique dans cette quête de retrouver toutes les petites pièces d'un immense puzzle.

Il faut maintenant que je les assemble patiemment et intelligemment !

Un nouveau vaste chantier.

Mais les puzzles sont mon passe-temps favori depuis mes plus jeunes années. Je n'ai pas peur.

lundi, 29 février 2016

L'amie

Les week-end avec Marloute, c'est l'assurance de petites et grosses doses de bonheurs, d'imprévus, de rigolades, de réflexions profondes, de plongées dans le dictionnaire pour agrémenter nos débats. C'est aussi des discussions jusqu'au bout du jour. Il y est presque toujours question des grandes questions de la vie et de l'amour. C'est toujours doux et plein de bienveillance. Le genre de moments que l'on voudrait prolonger des jours et des jours tant ils font du bien tout tout profond dans le coeur.

Sachez-le ; Marloute est quelqu'un capable de vous faire déplacer des montagnes, de vous faire faire des bonds de géants. Elle me l'avait prouvé en 2012 en accomplissant le plus beau geste d'amitié du monde, de l'univers et de toutes les planètes réunies. Marloute insuffle ce genre d'énergie à laquelle vous n'avez plus accès pour plein de fausses excuses.

En l'occurrence c'est par exemple cette incursion sous mon lit pour sortir mes boîtes à secrets pour une improbable histoire de zone sud-ouest. Nous avons replongé dans des lettres que nous nous écrivions il y a 20 ans. Vous lisez bien. 20 ans. Des pages et des pages noircies de nos petites et grandes histoires. L'époque où les mails n'existaient pas. Où je vivais en brousse à l'autre bout de la planète et où les lettres mettaient un mois pour me parvenir.  Il aurait fallu enregistrer cette scène, toutes les deux, assises sur le tapis du Tchad, lisant à voix haute avec grande émotion nos lointaines proses. Souriant de ces petits bouts d'histoires qui font aujourd'hui cette si belle et précieuse amitié.

Et puis ces traces de gens du passé qui n'ont plus la place sous mon lit. De photos imprimées que j'ai voulu brûler et faire disparaître à jamais. C'est bien la première fois d'ailleurs que j'ai vu Marloute me gronder et hausser le ton. Car seule elle est capable de savoir et de comprendre comment répondre à mes tourments.

Nous avons aussi retrouvé une lointaine lettre d'amour totalement oubliée. D'un homme totalement oublié. Quelle lettre ! J'ai du la relire 3 ou 4 fois pour être certaine qu'elle m'était adressée. Et me souvenir de ces yeux verts, dans un port de Méditerranée après une tempête qui avait failli nous engloutir en mer alors que nous n'étions pas encore entrés dans l'âge adulte...

Il y a aussi eu cette séance de cinéma qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Tant de beauté et de détresse à la fois. Mon coeur déchiré, l'émotion que l'on ne contient plus. Des sanglots ravalés et ces larmes qui ne cessent de couler dans un silence imposé par la salle obscure. Ce n'est pas un conseil, c'est un ordre que je vous donne. Filez voir le si fabullissime "Les délices de Tokyo". N'en lisez rien, aucune critique, aucun article (d'ailleurs ne cliquez même pas sur mon lien !). Ne faites que suivre mon ordre. J'en fais le film qui m'aura le plus chamboulée de toute ma vie. Mon top 1 de très très loin. Quelle claque ! Quelle beauté ! Quelle splendeur. Quel film absolu.

Puis, il y a eu cette excursion à Ikéa. Moi poussant Marloute dans un fauteuil roulant à travers les allées tant Bébé 3 prend de place dans son joli ventre. Toutes les deux jouant un couple prêt à accueillir notre premier enfant, choisissant les cuisines et les meubles de notre grande maison.

Et évidemment, car sinon ce ne serait pas vraiment un week end LeelooMarloulènette, il y a eu tous ces bons brunchs, ces marches dans la ville, cette sortie en vélo-cargo pour tester comment transporter les 3 enfants, ces déambulations dans les librairies.

Et tout tout tout le reste qui fait que j'ai une chance infinie d'avoir Marloute comme si précieuse amie et confidente et épaule et béquille et propulseuse d'avenir et conseillère !

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(Ce billet est un écho à celui écrit par Marloute il y a quelques semaines quand je suis allée chez elle. La semaine d'après, c'est elle qui venait trouver la paix de l'âme chez moi !)

lundi, 8 février 2016

D'autres vies que la mienne

Ces derniers jours j'ai enchaîné les séances de cinéma.

Du tendre, du dur, du rêve, du drôle. J'ai aimé retrouver les salles noires et m'abandonner en me laissant transporter par l'ecran vers l'ailleurs. Illusion de quelques heures dans d'autres mondes que le mien. Des histoires de femmes. Aimée d'amour interdit. Aimée dans les épreuves de la vie. Aimée en dépit du passé.

J'ai lu et fait le plein de bouquins dans ma librairie favorite. Il y est question de Lisbonne et de couples qui n'en sont plus. D'amoureux qui n'aiment plus. D'anciens amoureux que le hasard fait se rencontrer loin. Dans d'autres vies que la leur. Je réalise d'ailleurs la similitude des sujets traités dans les différents ouvrages.

J'ai écouté des heures de voix. Douces, tendres, tranchantes, interrogatives. Dailleurs, que Laure Adler peut être dure et incisive dans ses questions !

J'ai jonglé d'émissions en émissions pour entendre ce que d'autres disent de mes dernières lectures et films ou sujets de (pré)occupations. J'ai fini d'éplucher tout ce que Delphine De Vigan a pu dire de son dernier ouvrage. Je cherchais vainement si elle avait répondu quelque part à la question que je n'ai pas osé lui poser en début d'année. Me replongeant ainsi dans une discussion récente  avec Marloute marchant dans la nuit, plaisir d'échanger nos points de vue si diamétralement opposés sur nos interprétations de lecture. 

Et dehors la tempête fait rage depuis la fin de semaine dernière. Les bourrasques qui font trembler les fenêtres et tomber des gravillons dans les cheminées. J'entends les poubelles qui s'envolent dehors. Les terrasses des cafés mises sans dessus-dessous par le vent qui s'engouffre partout. Je suis si bien emmitouflée au chaud dans mon cocon douillet.

Et dans moi quoi ? Les mots de moi, des autres, des gens admirés ou découverts au hasard de mes clics dans les podcasts. Mots écrits, lus, mis en images pour répondre à mes interrogations du moment. 

Tout cela nourrit tellement tellement. Mais il va s'agir de se concentrer sur la mienne. De vie. 

 

Qui ont rejoint ma pile à lire après déambulation dans les allées chéries de ma librairie : La splendeur dans l'herbe (Patrick Lapeyre), Les passants de Lisbonne (Philippe Besson). Si vous avez des incontournables à me conseiller n'hésitez pas je suis en phase ogresque de lecture !

dimanche, 31 janvier 2016

Les matins Perrier

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J'écoute Charlotte Rampling dans la chambre sous les étoiles. Ma tasse de thé est vide depuis longtemps. Il ne pleut plus dehors. Je suis montée prendre un peu d'apaisement et de calme.

Fin d'une semaine arrassante. D'aller-retours à Paris. De grosses réunions. De paquets de mouchoirs vidés et de nez rougi. De foutage de gueule aussi un peu. De bons films aussi et de lectures douces.

Je passe le week-end entre rangement de fin-fond-en-comble. Dépoussiérage. Chaque étagère, chaque livre, chaque recoin. J'ai besoin de tout remettre au propre. Je bouge des meubles. Range les livres qui traînent ça et là. Derrière les fourneaux je fais des crèpes pour égayer un peu ce temps grisou-moche si pluvieux. Et des lasagnes. Et un gratin de potimarron. Je jardine aussi pour préparer les rebords de fenêtres du printemps. Je mets en terre les bulbes. Des jacynthes un peu partout. Des muscaris dans des pots en verre.

Tout le week-end je passe en boucle les mots si durs entendus vendredi. Je n'arrive pas à m'en détacher et m'en libérer. J'ai assisté à mon procès pendant 30 minutes. Les mots bienveillants ont laissé place à une attaque en règle. Je tourne et retourne chaque phrase, chaque mot. J'essaye de comprendre l'utilité. J'essaye de (re)lever la tête et assimiler tout ça.

Je jongle de podcasts en émissions d'Inter. Léo Ferré passe et je me mets à pleurer à chaudes larmes. Tout ce que j'ai contenu depuis 2 jours qui sort sans crier gare. Je suis déstabilisée par ce douloureux épisode. Et dans une forme de colère assimilée à du dépit, de l'incompréhension mêlée à de la déception.

Alors je relance une fournée de crèpes. Infuse un thé à la rose. Et fais fondre du chocolat noir.

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* Le titre de l'article laissait entendre que j'allais expliquer ce qu'étaient les matins Perrier... Puis finalement non ! Alors vite fait, il s'agit juste des matins où pour simple petit déjeuner je bois un bon Perrier très frais plein de bulles. Pour lancer les journées ou essayer de rectifier celles qui ont mal commencé :-)

mercredi, 20 janvier 2016

Et sinon...

Je ne supportais plus les coupures intempestives du wifi au bureau. Et d'être interrompue toutes les 5 minutes par des sollicitations diverses et variées. Alors j'ai pris mes clics et mes clacs en disant à la volée "Je me casse ! Je vais bosser chez moi !". 3 heures sans réunion, ce n'était pas arrivé depuis la rentrée... l'occasion rêvée d'aller finir ma journée chez moi au chaud dans mon cocon.

C'est l'un des gros avantages de mon poste. Ce genre de petits arrangements dans mes journées. Ces libertés sur un coup de tête.

Un thé au jasmin. Ma nouvelle bougie. Ma grosse polaire fluffy-doudou. La vue sur la bruyère et les jacynthes en fleurs. Et hop je me remets sur le gros-gros-doc à livrer en écoutant de la musique toute douce.

Hier je me suis offert un nouveau vase. Et des pochettes jolies jolies pour des nouveaux dossiers que j'aurai à gérer en 2016.

Il va falloir que je passe chez le fleuriste. Et que je me décide à ranger dans mes pochettes toutes ces feuilles qui traînent sur mon bureau.

Hier soir j'ai terminé mon puzzle qui aide à réfléchir. J'ai aimé ces heures à placer pièce par pièce le grand tableau de Frida Khalo. J'aime ces périodes de haute concentration où mon esprit échaffaude mille discussions de moi avec moi dans moi.

Je sens au fond de moi que je vis ces jours-ci une grosse phase de transition. C'est inscrit là dans une case qui m'était innaccessible jusque-là. Je le sens et le vis intensément. D'ailleurs ce n'était peut être pas inscrit et ce n'est peut être pas la case qui s'est ouverte. Peut être s'est elle fermée plutôt.

C'est compliqué. Mais c'est bon.

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mercredi, 13 janvier 2016

Mélancolie du soir

Je confiais l'autre jour, longuement, ce malaise que j'ai avec l'écriture dans mon travail et ce que cela révélait. Et paradoxalement je n'avais pas ressenti cette soif d'écriture sur ce blog depuis un paquet de mois. Ecriture pour moi, pour vous.

Qu'ils sont étranges ces jours depuis le retour des vacances. Cette surproduction en journée, ce foisenement d'idées et le besoin de calme absolu le soir en rentrant. Le vide pour se ressourcer. Les podcasts en boucle pour me nourrir.

Je redécouvre la solitude des soirées. Je crois que je réalise ce que représentent les événements et décisions de fin d'année et les changements que cela implique dans mon quotidien. Je digère. Je réalise à l'instant que c'est peut être de ça dont il s'agit. Voilà. En fait je digère. 

Ce soir... aussi, le souvenir de ces quelques jours de janvier d'avant. Qui surement expliquent un peu ma mélancolie au moment de me glisser sous les couettes. Parce qu'il faut bien réchauffer le grand lit. Alors j'ai mis plusieurs couettes.

La gourmande que je suis, la cuisinière qui aime tant se faire des petits plats... est bien démunie. Je manque d'inspiration et d'envies. A l'image de mon repas pathétique de ce soir : purée mousline et oeuf au plat. Je crois n'avoir pas acheté de purée toute prête depuis plus de 15 ans... si ce n'est plus. Régression. Laisser aller. Ce n'etait même pas bon. Même pas réconfortant.

Alors ce soir j'ai ressorti des livres de cuisine pour m'inspirer. Me redonner l'envie. Je feuillette sans vraiment me projeter aux fourneaux.

Ouais... osons. Disons-le. Noir sur blanc. Ce soir je n'ai pas vraiment la grosse patate ! (Et ce n'est pas en la mangeant en mouliné que cela va lui redonner la forme ahahah).

dimanche, 10 janvier 2016

Du cocooning

Samedi, un aller-retour en nord Bretagne des plus agréables pour une séance de travail plutôt sympathique et en bonne compagnie.

Le retour se fait sous une tempête incroyable aux accents apocalyptiques. Des éclairs qui tombent à quelques mètres de la voiture. Des trombes d'eau que les essuie-glace ne réussissent pas à évacuer, un vent à décorner tous les boeufs de Camargue. Quel temps ! Je suis contente de rentrer (complétement trempée) chez moi avec la perspective d'une fin de samedi en mode cocooning. D'enfiler mon pantamou fêtiche, allumer quelques bougies ici et là ; puis de m'installer face à un film avec un thé chaud. Un Swan Lake de chez Mariage Frères dans ma nouvelle théière transparente.

Je me mets ensuite à la couture en écoutant des podcasts. La veille j'avais fait des housses de coussins pour la chambre sous les étoiles. Un tissu blanc avec des petites étoiles bleues. Ce soir j'attaque un tissu récupéré sur un vieux matelas à l'ancienne pour recouvrir les coussins de mon canapé.

Dimanche, radiophonique. J'écoute de nombreux podcast téléchargés depuis des mois. J'alterne entre Laure Adler, Delphine de Vigan, Maïwen et autres émissions litérraires en finissant de coudre. Le temps alterne entre grand bleu et grains qui m'obligent à monter le son tant la pluie tape aux carreaux.

Le midi je cuisine une blanquette de veau pour étrenner ma belle cocotte en fonte offerte par le Père Noël. J'avais envie d'une journée cocooning pour ce week end raccourci et je file faire la sieste sous la nouvelle couette en plumes si chaude. Je suis réveillée par la pluie dehors et reste encore de longues minutes à écouter la radio en tentant d'émerger. J'hésite à plusieurs reprises à défaire le sapin de Noël... mais il est encore si beau que je décide finalement de le garder encore un peu.

Entre deux podcasts je me fais chauffer de nouveaux thés. Les théières et les mugs sont dispersés dans tout l'appart. Je sais déjà que quand viendra dimanche soir il me faudra bien deux ou trois plateaux pour tout ramasser !

Je lance un nouveau film alors que la nuit commence à tomber. Je me réfugie sous la grosse couverture en laine. Le sapin scintille. Les bougies se consument tranquillement. La chaudière ronronne.

Pas de doute. Il s'agit bien d'un dimanche cocooning dans toute sa splendeur !

jeudi, 7 janvier 2016

Douce année

Qu'ils étaient bons et doux ces quelques jours de repos.

Doux, au sens premier du terme avec des apéros dehors, des balades en débardeur, des gambettes qui prennent le soleil, des longues discussions sur la terrasse. Des pruniers en fleurs et des bourgeons sur les arbres malgré l’altitude…

Ce temps complètement cabourd qui transforme les envies de ski et de descentes en luge en promenades printanières. Plus que le Père Noël ce sont les cloches de Pâques que nous pensions voir arriver au détour d'une belle nuit de sommeil.

Mais non. C'est bel et bien Noël que nous avons fêté tous ensemble dans la joie et la bonne humeur. 

Noël est une fête que j'aime par-dessus tout. Sûrement mon côté rétro qui reprend le dessus chaque mois de décembre. J'aime nos petites traditions perpétuées depuis ma plus tendre enfance, et même si pas un Noël n'a jamais ressemblé au précédent. Fêté tantôt sous les tropiques pendant des années, tantôt en montagne, tantôt sous tente au milieu de la brousse africaine, tantôt à bosser… à 5, 10 ou à 21 comme cette année. Loin des dindes, chapons ou autres foies gras, il est simplement deux ou trois incontournables de pâtisseries auxquels nous ne dérogeons pas pour nos immuables 13 desserts provençaux.

J'ai aimé ces tablées incroyables dans la belle maison. Le grand sapin décoré en écoutant et en entonnant les chants de Noel en plusieurs langues... Europe familiale oblige.
Le pommier tout tordu dans le jardin couvert de boules-pommes rouges et de guirlandes lumineuses, lui qui ne produit que des pommes vertes et qui a du se demander ce qui lui arrivait.
La joie de faire plaisir et la satisfaction d'avoir trouvé un cadeau personnalisé pour chacun malgré le grand nombre.
Les soirées de jeux de société à ne plus savoir quand a commencé le fou rire et pourquoi.
Le travail acharné pour redonner forme humaine a la réserve à bois. Vider, évacuer, faire les aller-retour en tracteur. Et puis couper, débiter, ranger les bûches.
Les séances de pâtisseries pour dresser le buffet des 13 desserts avec toutes les friandises qui doivent alimenter pendant 10 jourstous ceux qui passent prendre le thé, le café, le dessert, le repas...
Les tablées a plus de 15/20 tous les jours, avec autant de raisons de rire, de chanter, de danser et la simple joie d'être réunis.
Les promenades dans la montagne.
Les plats mitonnés pour tous pendant des heures.
Les guirlandes lumineuses qui chaque soir scintillent comme autant de promesses dans nos yeux.
Les feux de cheminées qui réchauffent le soir en buvant la tisane ou en vidant les bouteilles.
Cette hallucinante burger-party avec un hamburger au Bethmale / foie gras / steack haché bio de boucher cuit à la plancha sur la terrasse.
Et ces réveils chaque matin plus doux les uns que les autres au son des petites voix qui nous tirent du sommeil mais donnent irrépressiblement envie d'aller jouer avec les cadeaux du Papa Noël. 

C'est un peu cela Noël et ce que j'y puise. Ne plus vraiment savoir quel âge on a. S'autoriser à avoir 5 ans le matin en découvrant les cadeaux sous le sapin. 35, le midi quand il s'agit de dresser la table géante et nourrir toute la famille élargie. 15 ans pendant les parties de Pictionary. 80, au moment d'aller se glisser sous la couette à l'heure de la sieste. 20 ans à l'heure de l'apero...

Et puis 2015 s'est terminée dans la douceur, malgré un appel si triste qui m'a déchiré le cœur à entendre ses larmes et ses sanglots inarrétables.

Nous avons fêté cette nuit de la Saint Sylvestre de la plus belle des manières. 

Un réveillon improvisé qui nous réunit finalement à plus d'une soixantaine comme à la grande époque. Danser, chanter, festoyer, déguster… Puis partir au milieu de la nuit marcher vers le village voisin en chantant à tue-tête dans la montagne pour ramener les copines chez elles... qui a leur tour nous ramènent chez nous... et que l'on reramène chez elles. Rien de tel que de marcher sous la nuit étoilée pour digérer les excès et commencer cette année 2016 dans la joie. L'espoir d'une belle et heureuse année. De rire, de joie, de beauté, de sérénité, de tendresse, de douceur...

C'est un peu de tout ça dont j'ai envie en 2016. Et même un peu plus !

Et c'est également ce que je vous souhaite à mon tour !

Allez... Rêvons un peu.

vendredi, 18 décembre 2015

Les jolis petits cailloux de décembre

C'est peu dire que ce dernier mois aura été éprouvant et difficile, comme suite directe et amplifiée de mon dernier billet.

Alors, je vais compiler tous les petits instants doux, joyeux, agréables, qui on apporté tout de même un peu de douceur à cette période compliquée.

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- Le joli sapin de Noël qui scintille et que l'on a décoré avec tant d'amour et de sourires. Voir les petits yeux qui brillent et les petites mains qui attrapent les décorations avec envie. Et chaque soir, depuis, l'allumer avec la même émotion enfantine !

- Ce poulet aux morilles, dont, je sais d'ores et déjà, je garderai le souvenir de longues années tant il était fondant, gouteux, succulantissime. Joyeux repas autour de cette grosse cocotte en fonte qui fait tout le charme de ces moments.

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- Le moment où j'ai déposé mes olives au moulin dans la senteur si forte de l'huile d'olive qui sort des presses en cette pleine saison de récolte. Cette après midi, dans la douceur d'un jour de décembre en Provence, perchée dans les oliviers à faire tomber les fruits déjà gelés sur les grandes bâches étendues sous les arbres, m'a apporté le plus grand réconfort de tout ce mois. 27,5 kg qui promettent un peu plus de 5 litres d'huile. Je suis loin des rendements de ma future olivette perchée sur le plateau avec mes oliviers centenaires, face au Ventoux, avec le petit cabanon en pierres sèches, le figuier au fond du terrain près du canal et l'eau du canal qui irriguera mes pieds de lavande. Qu'il est bon de partir loin loin dans les rêveries tout en ramassant les petits fruits ovales...

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- Cette raclette avec les bonnes copines. Sans mec et sans enfants. A rire et refaire le monde jusqu'au bout du soir en comparant les fromages des meilleurs fromagers de la ville.

- Les petites bougies que chaque soir j'allume dans des photophores aux ambiances de Noël et qui s'animent au rythme des scintillements du sapin.

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- Cette soirée tous ensemble au hasard des avions qui partent, qui arrivent, mais qui par miracle nous réunissent tous dans la même ville le même jour. Ces instants volés si précieux de cette famille qui tourne autour de la terre en permanence affolant les montres pour savoir qui est sur quel fuseau horaire quel jour de la semaine.

- La petite orchidée qui va bientôt refleurir. Et cette phrase de Marloute qui résonne encore et encore chaque fois que j'observe la hampe florale en formation après tant d'années de sommeil. Et me dire que décidément Marloute n'est pas seulement ma plus précieuse amie, mais aussi la plus forte pour faire bouger des montagnes.

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- Cette randonée sur les sommets derrière la maison qui, à cette saison, devrait se faire en raquette mais dont les plus indispensables des accessoires étaient une casquette pour ne pas prendre de coups de soleils et un short pour ne pas avoir trop chaud... Et cette descente en courrant dans les feuilles mortes jusqu'au genou, avant-goût des glissades en ski. Et cette longue conversation avec ma quasi-jumelle pendant la marche, pour partager les difficultés de la vie et les grandes questions de notre âge charnière. La complicité retrouvée si précieuse.

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- Ces quelques secondes de paix intérieure dans l'abbaye où j'aime trouver refuge parfois en Provence. J'ai vécu une expérience quasi mystique en me sentant envahie d'une force étrange. Un fluide de vie et de paix dans le silence absolu que j'aurais aimé écouter encore et encore.

 

vendredi, 20 novembre 2015

L'effroi

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Je reprends la plume après des mois d'absence. J'ai écrit un billet fleuve quand je trouvais quelques secondes volées par-ci par-là... Il faudra que je le publie...

Mais tout à coup l'actu a rendu le passé obsolète.

Vendredi soir j'étais à la montagne. Pour récupérer des derniers mois le temps d'un long week end au calme. Il y a eu le match. Il y a eu l'annonce que quelque chose de très grave était entrain d'arriver à Paris.

J'ai vu les lieux incriminés. Je suis restée prostrée quelques secondes avant de réagir. Pas ce quartier. Pas là.

J'ai couru à la maison pour allumer mon téléphone... j'ai tenté de trouver du réseau. Neuf appels en absence. Et la boule au ventre qui explose. Les pleurs qui viennent.

Des dizaines de SMS. Et l'essentiel. Il est vivant. Vivant mais enfermé dans un restaurant d'où il entend des tirs de tous les côtés. J'ai envie de l'exfiltrer pour l'avoir à mes côtés. Pour ne pas qu'il vive ces horreurs. Nous avons déjà subi notre dose de traumas liés à des atrocités humaines. J'ai peur pour lui. Je ne veux pas qu'il voit, qu'il entende. Mon petit frère. J'ai tellement peur. Le passé m'explose à la figure.

Je suis en chaussons dehors au seul tout petit endroit du village où l'on capte. On échange des textos. On s'auto-rassure. Je m'en veux de pleurer alors qu'il est au cœur des atrocités. Mais j'ai tellement peur pour lui.

Jusqu'au milieu de la nuit nous recevons des bribes d'infos. Les copains de copains qui se sont échappés. Celui qui était sur une autre terrasse quelques minutes plus tôt. Celui dont on n'a pas de nouvelle mais qui était dedans (et qui finalement n'a pas eu la chance de s'en sortir). Mon petit frère qui entend tout, réfugié au milieu de cette poudrière. Qui réalise peu à peu l'ampleur du drame et ce à quoi il a échappé. Et mon idée obsessionnelle de vouloir l'exfiltrer. L'avoir tout près de moi.

Et puis l'assaut est donné. Et puis, et puis. Ce que l'on sait tous. Sur lequel tant d'autres ont les bons mots. Les vies brisées. Ceux qui devront se reconstruire. Pendant des années. Peut-être toute une vie. Et puis, une fois qu'il a été en sécurité, je me suis soustraite à tout cela. J'ai tout éteint pendant trois jours. Pas de radio, pas de télé. Juste envie de grimper très très haut dans la montagne. Fuir l'innommable. De profiter des chaleurs exceptionnelles. De s'élever à plus de 2000m en teeshirt en plein mois de novembre et regarder la beauté absolue de la nature.

Et depuis. Le chaos dans ma tête. Les peurs. L'épuisement. L'envie de partir loin. De laisser de côté toutes les futilités du travail.

Il est des blessures qui ne se referment jamais totalement et qui se réouvrent dans ce genre de circonstances.

Vive la vie. Vive la liberté.

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mercredi, 16 septembre 2015

A la croisée des flots

Entre deux réunions. Je m'échappe.

J'ai besoin et envie de me refaire une garde-robe. Mes pas me mènent vers mes lieux fétiches de shopping parisien.

Je ressors avec un petit haut léger à manches courtes. De plein été. Evidemment c'est totalement de saison.

L'orage de grêle éclate. Les parapluies volent. Rien n'est plus beau que les ciels noirs tourmentés de Paris quand le soleil brille. La grande avenue se transforme en miroir d'eau. Et moi je me regarde. Marchant dans mes pas. Ceux du passé, ceux de l'avenir.

Je suis branchée en moteur libre. Mes pas savent où ils vont et pourquoi ils y vont. Pourquoi à ce moment-là.

Je m'émerveille de ces lieux chéris. Je me faufile dans les hordes de touristes.

C'est l'une de mes grandes découvertes de l'âge adulte. Les vieilles pierres seront éternellement là pour recueillir les âmes qui se sont perdues sur les routes sinueuses de la vie.

Je me penche sur la balustrade. Dos au soleil qui me chauffe. Il m'enveloppe pour me dire ô combien il est là pour me réconforter.

L'eau coule.

Sous mes pieds. Sur mes joues. Mais je souris.

Je reste longtemps le regard dans le vide.

J'ai ce besoin d'être là et de m'y regarder. M'y voir.

Et cette terrasse toute particulière à la croisée des chemins doit m'accueillir pour sécher mes larmes.

"Un thé s'il vous plait"

"Vous prendrez bien un ptit cognac avec j'ai l’impression ?"

Les garçons de café parisiens ont ceci d'exceptionnel. Ils savent y faire avec les âmes en apesanteur.

J'ai besoin de me poser à la croisée de cette vie et de me voir là.

Je m'assois à une table. Je n'y vois que le passé. Je me décale. Je n'y vois que le présent. La troisième place sera la bonne. Le point de vue est juste parfait. Comme le thé au jasmin brûlant. Je reste plus de deux heures le regard dans le vide à écouter le silence des passants, les verres qui s'entrechoquent, les conversations de bistrot.

Dehors le soleil brille tout en même temps qu'il pleut. J'ai toujours aimé les clins d'œil de ce type.


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mardi, 8 septembre 2015

Le boulet des clés

Je ne vous apprendrez rien... je suis un peu "boulet" dès qu'il s'agit de mes clés... de mes papiers et de mes cartes bleues.

Alors... je ris encore de ces 15 derniers jours.

- Fermeture de la maison de vacances : 5 minutes avant de partir à l'aéroport, je tente de fermer la maison grande ouverte depuis 2 mois. La clé tourne dans le vide, impossible de fermer à clé. Je laisse donc la maison grande ouverte...

- Retour de vacances, 1h plus tard donc : Mon portefeuille tombe dans la voiture d'une copine. Dedans, mes cartes de paiement et bien sûr mes clés d'appart rangées là pour être bien certaine de ne pas les oublier quelque part dans la grande maison de vacances. Je m'en rends compte sur la passerelle qui mène à l'avion. Mon double de clés est enfermé chez une copine elle aussi en vacances. Je suis SDF 2 jours, impossible de rentrer chez moi le temps de récupérer mes clés rentrées toutes seules en covoiturage.

- Pour mon anniversaire, je souffle mes bougies. J'ouvre mes cadeaux et là ; un joli collier m'est offert. Avec des petits cadenas et... des clés. Je rigole intérieurement du cadeau... qui initialement n'était même pas un clin d'oeil à mon côté "boulet des clés".

- Ce week end. Retour dans la grande maison pour 2 jours de bonheur. Au moment de partir je range le sécateur et mes gants de jardinage dans la grange. Je boucle la maison, claque la porte (à défaut de pouvoir la fermer, j'ai de toute façon laissé les clés chez moi à 700km de là), monte dans ma voiture pour mes 7h de route... Au bout de 30 minutes je sens un truc bizarre dans ma poche. Ah oui tiens... les clés de la grange ! Je les ai embarquées alors qu'il n'y a qu'un jeu et que la grange doit être utilisée dans 3 jours...

- S'il fallait rajouter une petite anecdote à tout cela... je dirai que, plus symboliquement, je dénoue tellement de choses en ce moment que je peux objectivement dire que j'ai trouvé les clés sur plein de sujets... Et plus globalement... moi qui trouve des signes partout et tout le temps... les messages induits dans toutes ces boulettes de clés me font bien rigoler !

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lundi, 31 août 2015

La roue tourne :-)

Elles sont toujours un peu particulières ces quelques heures avant des dates importantes. Entre nostalgie, mélancolie, réflexions intenses ou tout simplement sourires de penser à l'année écoulée.


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Bizarrement le retour de vacances à été doux. Et sans cette énorme chape de tristesse qui m'accompagne généralement quand il s'agit de reprendre le chemin du travail. Pas tant pour le travail d'ailleurs, que pour le fait de quitter mon MOI de là-bas et les miens qui remplissent ma vie.

Cet été fut heureux et sacrément rempli.

La maison n'a pas désemplit du premier au dernier jour (avant dernier jour plutôt...). Les tablées joyeuses succédant aux énormes apero au clair de lune ou sous des soleils de plomb. J'ai du imaginer des menus pour 10 ou 15 convives pendant 3 semaines...

Quel plaisir, malgré la fatigue engendrée par une telle logistique, de recevoir tous ces amis, la famille, les gens importants de ma vie.

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Nous avons enchaîné les randos, les balades sur terre, sous terre, dans les airs. Sautant des cascades, descendant des torrents, dévalant des prairies, escaladant des cimes, rampant dans la boue, déambulant au milieu de concrétions fabuleuses... Il a souvent fait chaud et même très chaud. J'ai pu m'offrir de très belles randos et gravir plusieurs sommets mis à ma ToDoList depuis des années. Les crêtes, peu à peu, forment de grandes lignes de chemins gravis au fil des années.

Il y a eu des cueillettes de fruits rouges... des chasses aux cèpes... de la verveine fraîche du jardin pour les tisanes et salades de fruits... la menthe pour les mojitos et les taboulés. 

Et puis au milieu de tout cela il y a eu des moments doux et qui m'interrogent encore aujourd'hui.

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Mais il a fallu laisser tout cela là-haut... emportant quelques jolis cailloux avec moi.

Et j'aurais du y voir un signe. Le soir de mon départ jamais je n'ai pu fermer à clé la maison... restant grande ouverte pendant les deux mois d'été. Elle voulait me garder encore et encore... alors j'ai tout laissé ouvert avec un petit sourire aux lèvres.

Et donc, deux heures après avoir laissé la grande maison ouverte... J'ai atterri, cette fois, sans clé d'appart... sans portefeuille... sans un centime... sans aucun moyen de paiement. Le tout laissé dans la voiture m'accompagnant à l'aéroport. Ça en est devenu tellement traditionnel que j'en ai rigolé. Évidemment...

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Je rentrais donc de vacances dans un plutôt bon état d'esprit... sans pour autant imaginer la nouvelle m'attendant pour la rentrée ! Vous ne pouvez imaginer mon bonheur...

Hier soir je racontais longuement à Marloute les dernières semaines en n'omettant aucun détail. Je me disais en raccrochant que rien ne change malgré les années même si au fond tout change.

Et d'abord mon âge d'ici quelques heures.

 

mardi, 21 juillet 2015

Au-dessus du vide

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Longtemps que je ne m'étais pas installée là-haut dans ma chambre sous les étoiles.

J'ouvre les fenêtres de toit en grand. Ma tablette diffuse ma playlist fourre-tout préparée pour les 2000 et quelques km de voiture la semaine dernière. Les immeubles se découpent de mieux en mieux de minutes en minutes sur le ciel qui rosit.

Je sors la tête et regarde au loin. Mi pensive, mi rêveuse. Je pense aux derniers jours. Aux dernières situations toute particulière de ce week end, quand j'écoutais cette même playlist face à la mer. Installés sur un rocher au-dessus de l'eau, à regarder l'horizon, le ciel, la mer, les mouettes, les vagues, le ressac. Aux heures qui ont suivi.

Je pense aux textos de Marloute. A nos échanges de la semaine dernière.

Je m'amuse à observer les intérieurs des immeubles de la grande place. Au loin mes voisins vivent leurs vies et je m'imisce dans leur intimité au grés des fenêtres ouvertes. Celui assis à son ordinateur en simple caleçon. En-dessous le jeune couple qui regarde la télé. En face mon compagnon d'arrosages matinaux de nos plantes extérieures, nu un matin sur deux sans grand complexe, entrain de cuisiner ; et habillé pour l'occasion.

Le brouhaha de la rue monte jusqu'au 5ème étage. Les verres s'entrechoquent, les musiciens de rue ne sont pas là ce soir. La rue est d'ailleurs étonnement calme. Un fin quartier de lune apparaît sur l'horizon. Les morceaux défilent.

Je regarde dehors. Mi-pensive, mi-rêveuse. A quoi s'accrochent ces derniers jours ? Ces échanges ? Cette nuit sur la plage ? Ces heures sur le rocher au-dessus de l'eau. Et tout le reste. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Et ce n'est pas Leonard Cohen qui entame son concert sur les enceintes qui va m'apporter la réponse...

samedi, 18 juillet 2015

Fruits Rouges

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Des fruits rouges en veux-tu en voilà !

Des groseilles. Des framboises. Des cerises. Des cassis. Des fraises. Le tout dans les jardins alentours en attendant de replanter mes propres baies maintenant que le jardin est ré-aménageable !

Tous les repas qui se terminent par des desserts aux si bons fruits frais... Des soupes de fruits rouges, des salades de fruits, des clafoutis...

Miam miam !

Cette année j'ai notamment ramassé 9kg de groseilles... Ca en fait des centaines de petites boules rouges !

Je suis devenue la cueilleuse officielle du village. J'aime tellement m'assoir avec mes grosses bassines et ratiboiser les buissons pendant des heures. L'occasion de ne penser à rien. Ou plutôt à tout. Dans le calme et la concentration. Ma méditation à moi !

Alors je passe de maison en maison ; de jardin en jardin devrais-je plutôt dire, pour ramasser les fruits des amis que cette activité ennuie ! Je leur donne ensuite les fruits pour qu'ils fassent leurs propres confitures.

Et de temps en temps... quand les "propriétaires" absents me donnent leurs fruits... c'est à moi de faire les confitures. Une deuxième de mes activités-méditatives ! Touiller les fruits. Attendre le retour du bouillon. Tourner le presse-purée pour extraire le jus...

Quel bonheur que ces activités manuelles simples et naturelles. Qui me reconnectent avec mon moi profond...

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mercredi, 24 juin 2015

Miroirs inversés

Aider, écouter, conseiller...

Je me retrouve investie d'un rôle qui me semble bien ambitieux pour moi qui me pose mille questions sur ma vie, mon œuvre.

Pourtant, je suis une des rares choisie pour accompagner cette amie. Si elle a vu en moi une bouée de sauvetage dans cette période c’est qu’elle croit en ma capacité de l’épauler d'une manière ou d'une autre.

Je suis devenue la confidente dès la première heure. Mise dans le secret d'une histoire avant qu'elle n'éclate au grand jour et ne fasse causer dans les dîners en ville.

 

Ma situation est toute paradoxale et d'abord par mon incapacité première à trouver toutes les bonnes réponses à ma propre vie. Par la personnalité des impliqués dans cette histoire et ce qu'ils ont représenté ces dernières années dans ma vie. Par l'écho de plus en plus présent entre cette histoire et ce qu’elle interroge en moi. Par les chemins qui se coupent et se recoupent. Par les lieux et les personnes impliquées. Par ce qu'ils représentent pour le grand public.

 

Je me dis que si j'ai été l'une des premières à recueillir les maux c'est que je dégage une certaine confiance. Et qu'elle me l'a accordée. Une confiance sur la reconstruction et la traversée du désert après une séparation. Moi la jeunette face à ce couple mythique.

 

J'essaie de mener ma mission à bien. D'être présente et d'écouter. De ne pas juger. De garder les belles images de ceux qui représentaient tant pour ma propre image du couple ; et de ne pas transposer des pans entiers de mon histoire dans celle-ci. De me détacher et garder la neutralité nécessaire pour épauler cette amie.

 

Sa confiance me touche et m'émeut.  

 

J'ai entendu ce week end une phrase à mon encontre qui tourne et retourne depuis dans ma tête : "tu as l'air tellement sereine". Elle venait d'une personne rencontrée quelques heures plus tôt et se posant mille questions sur elle.

 

Je réfléchis depuis à ce que je dois renvoyer à l'extérieur et ce qu'en perçoivent les gens. Il faut toute une vie pour se connaître soi-même. Combien de temps faut-il à quelqu'un pour se forger une opinion . Et si elle était correcte cette première impression qu'elle a eue de moi. Si j'avais enfin gagné la sérénité sur des sujets qui m'ont tant détruite et torturée ces dernières années ? Si cette phrase anodine était la preuve première de tout le chemin parcouru et des années de combats.

 

Et si ces deux situations démontraient que c'est à mon tour de conseiller et soulager les amies dans ces périodes de doutes, de flottement, de survie ?

Et si c'était par ce rôle inversé que j'ouvrais les yeux sur certaines évidences ? Par les difficultés de l'autre que je réalisais tout le chemin parcouru ?

 

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mardi, 16 juin 2015

Les ptits bonheurs du jour

Histoire de ne pas rester sur le billet tristoune d'hier soir... un petit survol des moments joyeux de ma journée.

- Cette discussion informelle entre 9h25 et 9h33. Des rôles qui s'inversent quelques minutes et qui laissent place à des confidences que j'aurais aimé creuser encore. Le plaisir de cet instant departage.

- Le texto de Marloute avec une photo de ma filleule tenant debout toute seule et prête à se lancer pour marcher

- Mon ptit monsieur qui vend des sandwich tellement bons à l'angle du bureau et qui a compris à ma mine déconfite que c'était un midi "sans", un midi à avaler à la va-vite un sandwich en continuant à bosser devant l'ordi. Son sourire entendu a suffi à m'en tirer un grand, renforcé par l'excellentissime ciabatta qu'il m'a concoctée.

- Le mail de cette cliente-adorée qui use et abuse de petits surnoms tellement rigolos.

- Le petit texto pour me proposer d'aller courir, devoir décliner car mon doc n'est pas terminé, mais ce petit papillon de dire que là au bout du fil...

- Le doc si important finalisé et tout beau envoyé à 21h40, et la perspective d'une soirée à moitié sauvée de n'avoir pas à travailler plus tard encore comme depuis 10 jours.

- Avoir un reste de riz au basilic et parmesan dans le frigo tout prêt à passer au micro-onde alors que la nuit tombe dehors et que sans ça, je n'aurai rien mangé tant je suis fatiguée.

- Les petits textos du soir.

- Pouvoir passer quelques minutes à m'occuper de mes fleurs sur les différentes fenêtres. Couper celles fanées. Enlever quelques pucerons.

- La nuit qui tombe sur la ville avec la vue sur la cathédrale et son toit entier... contrairement à celle un peu plus loin... et la perspective de faire mes exercices d'abdos qui ont l'avantage de vider par la même occasion le cerveau !

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lundi, 15 juin 2015

Autre chose

pile.JPGA pile...

J'aimerais avoir un petit scrutateur à mes côtés en ce moment. Au boulot pour observer et juger. Juger de ce qui s'y passe et de ce qui s'y trame.

Qu'elle est compliquée et pas simple cette période. Il y a des cris, des portes qui claquent, des heures et des heures de discussions et des décisions qui ne se prennent pas. Des relations humaines qui renforcent toute la complexité humaine et tout le désarroi de ne pas avoir une seule vérité pour régler les conflits les plus profonds. Et face à cela des dosssiers tellement passionants, épanouissants et si valorisants.

Conséquences sûrement directes mes nuits sont agitées de rêves épuisants, tortureux. Il parait qu'ils sont là pour me montrer, au contraire de leur contenu, une énorme envie de réussir et de vaincre. Certes. Certes.

Mais que j'aimerais fermer cette page, la tourner, la voir disparaître. Oui. LA voir disparaître de mon champs d'action.

 

... ou face.

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