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mercredi, 6 juillet 2011

Quand il faut rentrer...

Pôle Caraïbes. L’heure du départ a sonné. Combien de fois ai-je pleuré toutes les larmes de mon corps en passant cette douane… Me retournant le visage défait pour dire au revoir à la famille, aux amis. Esquissant un vague sourire suite aux remarques réconfortantes des douaniers « mais vous reviendrez ! » ou « vous avez de trop beaux yeux pour les cacher dans les larmes ». Mais cette fois, je réussis à être forte. Pas (trop) déstabilisée par tous les autres passagers et familles qui pleurent aussi. Ou par ce petit frère qui accroche son grand frère en lui hurlant qu’il ne doit pas partir, qu’il ne doit pas l’abandonner. Je ravale mes larmes d’émotion. Forte. Forte.

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J’ai profité jusqu’au bout. Comme d’habitude. Et plus encore pour rattraper les 3 jours de pluie battante à cause du passage de la première tempête tropicale de la saison (Arlene). Des hectolitres de pluie en quelques minutes. On part à deux à la plage. On se retrouve à une vingtaine de potes de potes de potes finalement. C’est chouette. Je sors de l’eau moins de deux heures avant l’avion. Juste le temps de me « déssaler » avec une rapide douche. D’attraper une glace au congel pour le moral et le trajet vers l’aéroport… J’ai glissé mon maillot et mes paréos trempés dans la valise. Zou aéroport. Enregistrement. Passage obligé et traditionnel à la librairie de l’aéroport pour m’offrir un petit livre, mon seul réconfort les jours de départ. Je recule encore et encore le passage de la douane. Et puis. Peut être viendra-t-il ? Ou pas ? Je ne sais pas de quoi j’ai envie finalement…

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J’ai réservé le dernier vol du soir. Il fait nuit depuis bien longtemps. Décollage. Amertume évidemment. Boule dans le ventre de quitter l’île… Le grand virage sur les Grands Fonds. Collée au hublot je regarde chaque sillon de route éclairé, chaque découpage de côte, imaginant les mornes en dessous. Imaginant mes anciennes maisons que l’on est entrain de survoler. En quelques toutes petites minutes, les dernières lumières disparaissent. L’Atlantique nous attend.

En l'occurrence une longue nuit de sommeil pour moi. Je m'endors immédiatement, vaguement réveillée par le repas que j'avale en 5 minutes avant de replonger dans un profond sommeil malgré les hurlements d'un bébé à 4 sièges devant moi qui dureront toute la nuit. Je me réveille sur les côtes françaises quand le pilote annonce que l'on est "actuellement entrain de survoler la ville de Nantes". Effectivement en regardant par le hublot je vois ma rue, j'ai envie de demander au pilote de "me jeter là" histoire de gagner quelques heures de transport. Et j'aurai eu du nez de le faire !

Alors que j'aurai mis 7h30 pour traverser l'Atlantique il me faudra 4h30 pour rallier Orly à Paris. Et pourtant mes bagages avaient été livrés en 10 minutes. Mais... alerte à la bombe au moment précis où j'allais monter dans le bus. Nous sommes évacués sur une zone du parking... confinés par un cordon de sécurité. Pour une fois il fait beau à Orly... j'ai du bon pain de St-Félix dans mon sac que je commence à grignoter en faisant bronzette. Je suis zen et finalement moins chamboulée que d'habitude par mon retour. Je réussis à me connecter à un wifi pour prévenir Marloute que j'aurai sûrement du retard (le baby-sitting de mon téléphone est fini). Le périmètre de sécurité est encore étendu... il règne une ambiance de fin du monde incroyable en ce jour de grands départs en vacances. Tout est si calme, si silencieux. Les gens sont zen, chuchotent. Même les enfants ne piaillent plus. Plus un bus, plus un taxi. L'ambiance est tellement apaisante. Tout a été mis en mode "pause". Le temps est arrêté.

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Et puis au bout d'une heure et demi la "valise abandonnée" explose. Un grand boom qui marque le retour à la vie. Le vacarme des moteurs. Comme pour un départ de marathon, une haie de chariots s'élance vers les transports. On rigole avec les militaires qui nous donnent le top départ. Et là... le début des emmerdes. La désorganisation ABSOLUE du bordélique bus Air France (que je ne prends JAMAIS à cause de ça... mais ce jour-là je suis obligée et pas la peine de penser à un taxi… il y a bien 2h d’attente pour en attraper un). Je me fais refouler de trois bus alors que mes bagages sont déjà dans le coffre à bagages. Il faut tout décharger… comme à peu près 10 autres passagers. Les insultes commencent à fuser de toute part par les voyageurs qui subissent le même sort que moi. Là... je commence à avoir envie de chialer. Envie de repartir dans l'autre sens, d'emmerder ce pays, la connerie des gens qui doublent, la mocheté des bâtiments, le bruit infernal, la pollution qui monte déjà au nez.

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1h30 plus tard je suis en route pour Paris... passage à Montparnasse pour poser mes 24 + 13 + 8 + 5 kilos de bagages à la consigne. La gare est surbondée... je ne peux pas acheter de billet de métro tant il y a la queue. Je décide de sortir de cet enfer et d'aller à pied à la station suivante. Un métro, deux métros, un bus. Presque 5h après être sortie de l'avion j'arrive chez Marloute les larmes aux yeux d'agacement et de dégoût d’être à Paris. Je n'ai qu'à mettre les pieds sous la table pour manger une méga salade. Je la bénis de cette petite attention qui tombe à pic. Bébé R. me fait la fête. Elle est si gracieuse, si souriante. Ses éclats de rire si communicatifs. Après un thé, on part pour une belle balade dans le nouveau quartier de Marloute. Que c’est chouette. Je suis de nouveau zen et heureuse de ce temps passé avec elle. Je récupère mon téléphone (oublié depuis 15 jours chez elle). Pas envie de l’allumer, d’écouter les messages… Je ferai ça plus tard. Plus tard.

L’heure avance, j’ai rdv avant de prendre le train pour quelques mojitos avec ma super copine des derniers mois. On retrouve notre complicité, nos délires et nos fous rires. Il faut bien ça pour digérer le retour. L’heure du dernier train arrive. En route pour 2h de TGV… Je dors la moitié du trajet. Fin des vacances. Qui marquaient en fait les vacances de Toussaint, Noël, Hiver, Pâques, et week-end des 5 derniers mois… Autant dire qu’elles ont été vitales !

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mardi, 5 juillet 2011

Just the perfect day...

Trois jours de grosse tempête tropicale... des trombes d'eau si belles, si soudaines. Comme une immense douche toutes vannes ouvertes. Et des rafales de vent à décorner tous les bèf pitchés* du morne. Parce que oui, ici la pluie est belle. Parce qu’elle vient et part aussi vite qu’elle n’arrive… et qu’entre deux averses, avec un peu d’observation, on peut voir des plantes pousser à l’œil nu… (enfin… à vrai dire là au bout de trois jours j’ai commencé à râler fort fort. Certes).

Alors... quand il y a eu une petite accalmie, je me suis offert MA plage. Pas Saint-Félix, ça c'est MA plage aussi, mais de tous les jours, après le travail, entre midi et deux, pour se "rincer" une heure quand il fait chaud, pour nager, ou pour barboter, pour faire des pâtés de sable ou de longues siestes sous les catalpas, pour voir les pélicans majestueux plonger à pic…

Non MA plage c'est celle de Port Louis... après le cimetière, après la mangrove, au bout du bout du chemin. La plupart du temps déserte. Où l'eau est encore plus turquoise qu'ailleurs, les poissons encore plus colorés, le sable encore plus doux... Celle qui me retourne le coeur quand j'y pose les pieds. Une sensation de plénitude, de bonheur absolu, de joie immense. Sensations indescriptibles de bien-être. Un truc vraiment profond, vraiment bizarre. Celle où j’ai les plus beaux souvenirs de journées en famille… mais aussi de souvenirs en amoureux, la plage entière just for the two of us… 


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Cette journée-là n’a pas dérogé à la règle du bonheur parfait… ou pas si loin. Parce que sur la route aller… sans le vouloir, sans le prévoir, mais comme guidée par mes pas, je me suis retrouvée devant ma tout première maison en Guadeloupe d’il y a plus de 20 ans (je ferai un billet spécial là-dessus), et que vous n’imaginez peut être pas, mais cela représente tellement tellement pour moi. Parce que l’on a préféré la route des Grands Fonds à sillonner les mornes au milieu de la végétation luxuriante plutôt que la grande route. Parce que contre toute attente il y a eu un soleil au zénith pendant qu’au loin la Basse-Terre se noyait sous des litres d’eau. Parce que l’eau était si chaude, si transparente, si belle. Parce que le midi j’ai mangé une des ces fricassés de lambis avec riz pois rouge / racines, aïe bon dié… parce que le sorbet corossol du dessert, manman ! Parce que je me suis laissée aller à plusieurs ti’punch miel puis sirop de surelle (je ne conduisais pas je précise). Parce qu’après ça… alors que je flottais déjà dans une douce ivresse,  je suis restée plus de 3 heures à barboter dans les 80 cm d’eau en bonne compagnie (ahmmm)… Parce qu’en quittant la plage, j’ai compris que je venais d’être demandée en tant que marraine de mes deux petits bouts que je devais vite aller récupérer à la crèche. Et puis, parce que sur la route du retour j’ai fini de libérer mes derniers petits démons…

Et... comme par hasard en ce lieu. Rien n’est anodin. Non rien. 

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(Vous comprenez que je sois incapable d'aller à la plage l'été en France...quand on a la chance de profiter de plages désertes aussi belles...)

* Bèf pitchés = les boeufs attachés

mercredi, 29 juin 2011

Du bleu du bleu !

Houp là ! Pas très assidue pour le coup depuis 2/3 jours. Mission failed :) 

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Mais la vie de vacances suit son cours tout tranquillement. Entre plage et plage pour ce qui est de la détente. Et entre bricolage, bricolage pour le reste de la journée. Un siège auto enfant bloqué débloqué; Un tiroir de commode cassé réparé. Un meuble qui ne tenait plus droit remonté. Deux lampes qui ne fonctionnaient plus qui éclairent comme au premier jour après avoir refait les branchements des interrupteurs. Un "brise-vue" en cours de posage dans le jardin le long du grillage. Un ordinateur qui zoomait dézoomait en permanence réparé. Un évier bouché débouché. Des tringles et des rideaux posés un peu partout aux fenêtres...

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Autant dire que je ne chôme pas quand je ne suis pas dans l'eau.

Une onde tropicale stagne depuis deux jours au-dessus de nos têtes... emmenant beaucoup de pluie et de gris et une mer quelque peu agitée comme on peut voir sur les deux dernières photos. Alors pour conjurer le sort, j'ai décidé que ce billet prendrait des teintes de bleu turquoise bien plus communes à ici !

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Les deux dernières sont offertes à Claramar qui reconnaîtrait ou pas la plage... mais qui comprendra le clin d'oeil :)

lundi, 27 juin 2011

Les yeux dans l'eau, son rêve était...

Retour d’une longue journée plage… peu ensoleillée mais ô combien agréable : rencontres sympathiques, jeux dans les vagues, bonnes grillades, blablatage avec des gens que l'on aimerait voir devenir des amis tant le courant passe à la première minute... Mais je dois me faire à l'idée que malgré tout ce qu'est ma vie, tous mes désirs, elle n'est pas ici justement ou plus ou pas encore à nouveau. Et pourtant tout hurle tellement en moi contre cette réalité. Tout le temps.

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En fin de journée en prenant quelques clichés pour alimenter ces pages je réalise que sur cette plage, il y a quelques années, j'avais vécu une si belle journée, de si beaux moments. J'ai les larmes aux yeux qui montent en souvenir de cette époque. L'une des plus belles photos de moi a été prise sur ce sable, celui-là même que je suis entrain de photographier. Mais la jeune fille tellement insouciante, tellement souriante, tellement amoureuse (tellement bien gaulée) n'est plus sur ce sable ou ailleurs. Elle a pris 10 ans et surtout l'histoire n'a pas donné raison à ce qu'elle voyait à cette époque en regardant le sable. Elle est quelqu'un d'autre et finalement c'est peut être très bien comme ça aussi.

C'est peut être ce qui m'attache tant à la Guadeloupe. Car c'est ici que sont les seuls lieux où j'ai des souvenirs tout au long de chaque dizaine de ma vie.

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Sur le trajet retour le ciel s'embrasse en quelques secondes. Un peu comme si les flammes des champs de cannes en feu (c'est le début de la récolte en ce moment) montaient jusqu'au ciel ! On s'arrête à une petite dame des sorbets coco. Rien n'est aussi bon après une journée de baignade. On chante Kassav' dans la voiture en mettant le son bien fort.

Pas d’eau en arrivant à la maison... la coupure dure depuis 11h le matin, bien pratique quand on revient complétement salé et que l’on rêve de se décrasser ! C'est aussi ça les charmes d'ici (hier c'était l'électricité une partie de la nuit). Un filet d'eau revient en fin de soirée juste au moment où j'allais me mettre en maillot dans le jardin sous un gros grain pour me rincer.

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jeudi, 24 mars 2011

S'arracher

Je n'avais pas fait le compte... même si j'avais conscience de m'être beaucoup envoyée en l'air ces derniers temps (ça c'est pour le teasing à la Karmara). 22 avions. En 3 mois. Soit une moyenne de deux avions par semaine. C'est bien ça.
Alors, et même si j'adore ça, je commence à ne plus bien savoir où j'habite. Ou plutôt si. Je sais justement où je vis. Ici, au soleil, au bord de la mer, dans une ville qui de jour en jour se fait de plus en plus mienne. Avec des gens que j'aime. Que je dois quitter tous les 5/6 jours. Et je souffre chaque fois un peu plus de ces transitions. Des ces arrachements d'un endroit à un autre. Quitter les gens quelques jours... pour en retrouver d'autres. M'habituer et profiter des uns quelques heures, pour mieux les quitter encore et encore. Revenir en décalage complet, avec une phase de transition de plus en plus difficile à gérer. L'esprit encore là-bas, pas encore ici... ou l'inverse. Et même si je sais que d'un côté ou de l'autre de l'avion je suis heureuse de trouver ou retrouver des gens, des lieux... Juste la phase de transition entre les deux, le changement de mode "cerveau" qui demandent chaque fois un peu plus encore de gymnastique.

J'ai perdu l'envie de raconter ce que je vis à chaque fois que je m'en vais. Alors je joue mon autiste et ne réussis plus à communiquer. "C'était bien ?"... "Oui super". Ne pas aller beaucoup plus dans les détails, ne pas raconter ce qui de toute façon est inracontable, tant le partage des émotions et des vécus est bien trop personnel. Tant la frontière entre toutes mes différentes vies est infranchissable pour les uns et les autres. Perpétuel abandon.

Quitter en permanence. Abandonner. Laisser. Retrouver un lit dans un endroit, puis dans un autre, puis un autre, puis un autre. Se coucher la tête toujours vers la droite mais ne plus bien savoir si je regarde un mur, ou une fenêtre, ou une porte. Et au fond, qu'importe. La plus grosse difficulté n'est pas ce mouvement perpétuel. Au contraire c'est ma drogue, mon essence de vie, la manière dont j'ai grandi et me suis construite. Mais à contre-partie, ma vie ne repose que sur des ruptures de lieux, de gens, de modes de vie...

La difficulté est plutôt de "s'arracher". Le moment où je ne suis plus vraiment là, mais pas encore ailleurs. L'entre deux... La tristesse de quitter, de laisser, d'abandonner. Et même si la plupart du temps ce n'est que pour quelques heures ou quelques jours, je vis de plus en plus mal les transitions. Parce que je sais que je suis bien dans les deux lieux et dans les centaines d'autres où je me suis posée un jour, une année, une semaine. Des dizaines de chez-moi ou de lieux d'attaches. C'est pour ça aussi que je sème des bouts de moi un peu partout involontairement. Des cartes bleues, des trousses de toilettes, des chargeurs de téléphone. Car j'ai semé tant et tant de petits bouts de vie partout dans le monde qu'il faut bien le matérialiser autrement que par des sentiments insaisissables. Et même si l'actualité n'est pas de choisir les uns ou les autres de tous ces lieux... j'y pense parfois. Avoir tant d'attaches dans tant de lieux. Avoir vécu dans tant d'endroits et savoir qu'ils sont tellement nombreux les lieux où je pourrais un jour vivre et revivre. Mais que jamais cela ne sera possible. Savoir qu'il existe tant d'endroits qui me correspondent... mais l'impossibilité de les accorder autrement que par des passages furtifs. Un puzzle. Un immense puzzle que l'on ne peut pas assembler. Que je ne pourrais jamais réassembler...

Et pourtant, pour rien au monde je n'abandonnerai ces petits bonheurs... D'être hier à 14h sur la photo n°1, dans un monde de noir et blanc... de retour à 17h dans un monde de couleurs de bord de mer et demain déjà repartie... Ici, là-bas, ailleurs. Aujourd'hui, demain, hier. Juste s'arracher d'un endroit à l'autre... Partir. Quitter. Et apprivoiser ces sentiments permanents de départs. Avec cette douleur bien ancrée systématiquement dans mon cœur de départ.


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(difficile d'écrire ce billet... tant il remue de sentiments contradictoires... et de fondements de celle que je suis... par sa complexité et sa multiplicité...)

dimanche, 10 octobre 2010

A la hauteur

Tout à l'heure j'écoutais une excellente émission sur les reporters de guerre. C'était au départ mon métier prédestiné, la carrière dans laquelle je voulais me lancer... et puis la vie en a -pour l'instant- décidé autrement. Sûrement pour cela que l'émission m'a tant parlé. Mais pas seulement. Quelques reporters de guerre racontaient le retour, auprès de leurs familles. Qui doivent reprendre une vie normale après avoir vécu l'horreur et la guerre au plus près. Tout en épargnant l'entourage mais en ne s'enfermant pas dans le silence et le post-traumatisme. Un savant dosage où l'on raconte par bribes... tout de suite ou des années plus tard.

Et je réalise ô combien, depuis peu de temps, tout cela ressort chez moi. Ces récits qui n'en disaient pas trop... mais qui laissaient entendre l'indicible. Ces images violentes associées à plusieurs périodes de mon enfance. Et les bruits. De balles, de roquettes dans les cassettes que nous recevions au hasard des distributions de courrier... J'entends les questions que nous posions. Je revois ces images à la télé, aux infos. Qui n'étaient, pour nous, pas dans un pays lointain, sans lien. Mais une petite part de notre histoire familiale.

Avant hier je discutais de tout autre chose. Du côté "naturel" à une période de ma vie, d'aller voir les éléphants le week end. Ou de tomber nez à nez avec des chimpanzés au détour d'une promenade en forêt. Et de la difficulté d'en parler aujourd'hui. Tant je cache ces souvenirs. Qui pourraient paraître ostentatoires.

La semaine dernière, nous échangions, en famille, sur le prix Nobel de littérature de Vargas Llosa. Là-aussi associé à certains souvenirs de l'enfance. Et dont la candidature à la présidentielle remplit des albums de photos de famille.

Et des exemples pareils... il y en a tant et tant qui jalonnent ma vie. Et alors je réalise combien nous avons eu une enfance sacrément chargée et riche. Riche de ces voyages. Riche de ces récits. Riche de ces expériences. Riche de ces rencontres. Riche de tout ce que cette vie nous a permis de vivre.

Et par moment, comme ces jours-ci, j'ai l'impression de ne plus être à la hauteur de cette exceptionnelle richesse qui m'a constituée depuis mes premiers jours de vie.

Tout à l'heure j'écoutais une excellente émission sur les reporters de guerre. C'était au départ mon métier prédestiné, la carrière dans laquelle je voulais me lancer... et puis la vie en a -pour l'instant- décidé autrement. Sûrement pour cela que l'émission m'a tant parlé. Mais pas seulement. Quelques reporters de guerre racontaient le retour, auprès de leurs familles. Qui doivent reprendre une vie normale après avoir vécu l'horreur et la guerre au plus près. Tout en épargnant l'entourage mais en ne s'enfermant pas dans le silence et le post-traumatisme. Un savant dosage où l'on raconte par bribes... tout de suite ou des années plus tard.
Et je réalise ô combien, depuis peu de temps, tout cela ressort chez moi. Ces récits qui n'en disaient pas trop... mais qui laissaient entendre l'indicible. Ces images violentes associées à plusieurs périodes de mon enfance. Et les bruits. De balles, de roquettes dans les cassettes que nous recevions au hasard des distributions de courrier... J'entends les questions que nous posions. Je revois ces images à la télé, aux infos. Qui n'étaient, pour nous, pas dans un pays lointain, sans lien. Mais une petite part de notre histoire familiale.
Avant hier je discutais de tout autre chose. Du côté "naturel" à une période de ma vie, d'aller voir les éléphants le week end. Ou de tomber nez à nez avec des chimpanzés au détour d'une promenade en forêt. Et de la difficulté d'en parler aujourd'hui. Tant je cache ces souvenirs. Qui pourraient paraître ostentatoires.
La semaine dernière, nous échangions, en famille, sur le prix Nobel de littérature de Vargas Llosa. Là-aussi associé à certains souvenirs de l'enfance. Et dont la candidature à la présidentielle remplit des albums de photos de famille.
Et je me dis que j'ai quand même eu une enfance sacrément chargée et riche. Riche de ces voyages. Riche de ces récits. Riche de tout ce que cette vie nous a permis de vivre.
Et par moment... j'ai l'impression de ne plus être à la hauteur de cette exceptionnelle richesse qui m'a constituée depuis mes premiers jours de vie.

Mexique - Au tout petit matin

mardi, 22 juin 2010

Quelques réserves pour se consoler...

Me voilà rentrée de ce côté de l'Atlantique... autant dire pas spécialement dans la joie et la bonne humeur de reprendre le chemin du travail. Et puis je hais les retours de toute façon, qui plus est quand je rentre de Guadeloupe... en laissant sur place les amis, la chaleur, l'humidité, la mer, les poissons, le bon manger, le poisson grillé, la plage, les mornes... et j'en passe. Et puis retrouver la température d'un début de mois de mars.. glaglagla que j'ai froid !

J'ai insulté le chauffeur de taxi en arrivant à Nantes. Un gros connard qui a cumulé les impolitesses alors que je le paye (au prix fort accessoirement) pour m'amener d'un point A à un point B. Déjà qu'il ne faut vraiment pas me chercher quand je rentre, alors là je pense qu'il a compris (ou pas d'ailleurs tellement il était débile). Je regrette juste de n'avoir pas relevé sa plaque d'immatriculation pour le dénoncer au service adéquat tellement il a été odieux et infect. Et pourtant j'avais dormi tout le long du vol et du train... donc j'étais presque de plutôt bonne composition ! Sale co....ard ! Une bien belle image de la ville pour les touristes qui y débarquent.

Alors pour survivre au retour, j'ai fait le plein de bonnes choses avant de partir... Plus de 35 kilos de bagages... rien que ça (bonheur des nouvelles normes Air France huhu !! 2 bagages max... mais de 23kg chacun (avant c'était autant qu'on voulait mais pour un total de 23 ! Alors forcémment faut en profiter !) Quelques (nombreux) litres de rhum puisque j'étais plus qu'à sec (j'explose le quota autorisé mais bon... vu son prix en France...), des confitures, du miel, du piment, des sauces, des fruits en pagaille (mangues / maracudjas / pamplemousse / piments / christophines / malakas), des épices (Floh, je vais penser à toi ), pas mal de farine de manioc, des bons gâteaux, du couac aussi (de Guyane ça). Il ne m'en faudra pas moins pour supporter la reprise... et profiter encore un peu des bons produits...

Hier soir, j'ai concocté un petit punch maracudja qui est déjà entrain de macérer. Espérons que le soleil daigne chauffer un peu pour pouvoir le boire vite vite... J'ai aussi replanté des boutures de patchoulis... Hmmm !!! Quelle odeur de forêt chez moi !! Et mis à germer des piments et des graines de malakas (je doute de la réussite pour les malakas... mais sait on jamais ! Vous avez déjà tenté lecteurs antillais ?!)

Je vous épargne les plaintes sur mon manque déjà latent de là-bas... et les questionnements sur ce que je fais en France... plutôt que dans mon île de cœur... un jour viendra...

dimanche, 14 février 2010

In da plane #5

Tout à l'heure dans l'avion je lisais le portrait de Jason Lamy-Chappuis dans Libé. A l'atterrissage... je me branche sur les JO... Et là l'émotion que seul le sport peut procurer. Je sautille pour encourager sa course folle. Dans la dernière ligne droite il revient comme un bolide... et d'un coup de spatule il franchit la ligne en tête. La victoire ! La médaille d'or. C'est fort ! C'est beau ! Quel pied !

Yeaaaah !!! Youhou !! Et en plus j'ai une photo parfaite pour illustrer ça ! Il était prêt pour l'envol. Il a fait encore mieux que ça !!

Et moi j'ai failli faire pas mal aussi avec ma carte d'identité en me rendant compte juste avant de prendre l'avion qu'elle périme demain ! Mais bon... j'avais mon passeport au pire...(Putain déjà 10 ans !! Je me souviens du jour précis où j'ai pris la photo pour la faire. De chaque instant dans ce photomaton. Putain 10 ans.)

vendredi, 5 février 2010

Le temps passe et passe

Cette semaine, j'ai attaqué un grand vidage de mes archives au bureau. Neuf ans dans la même boîte, forcémment on accumule pas mal de papiers et documents en tout genre. Et pourtant, mes données se divisent à 98% en fichiers numériques et donc moins de 2% de papier.

J'ai ouvert mon petit placard... et j'ai commencé à sortir mes dossiers. L'idée étant de recycler l'essentiel et de vider tout ça. J'en suis à mon 4ème déménagement de bureau... j'ai donc trié relativement régulièrement. Mais j'avais complétement oublié que j'avais gardé tous mes cahiers. Je les ai pris un à un en vue de les jeter. J'ai la bonne idée de marquer sur la couverture de chacun la date d'ouverture... et de clôture.

Et là... wawouu... quelle vague de souvenirs !! Avant de jeter... j'ai quand même feuilleté chacun, j'ai aimé retrouvé mes petits dessins dans les marges... vieux souvenirs de réunions, bon moyen pour me concentrer sur ce qui se dit.

J'ai relu des comptes rendus, retrouvé des notes, des numéros de téléphone... des petits mots. Des briefs de projets... des déroulés d'opérations... Entre les feuilles j'ai déniché des cartes, des plans, des pubs... J'ai minutieusement arraché les spirales de chacun pour ne mettre que le papier dans la corbeille à recyclage.

J'en ai jeté plus d'une dizaine... jusqu'à ce que j'attrape celui marqué 07/2001. Soit le premier. Celui débuté quand je n'étais qu'une jeune stagiaire, arrivée là pour 3 mois. Mettant pour la première fois de ma vie les pieds en Bretagne. Campant dans un premier temps sous une tente, à défaut de trouver un logement en plein mois de juillet dans la ville la plus touristique de cette région. J'avais tout juste 20 ans. J'étais amoureuse. J'avais encore tout à découvrir du monde du travail. Si j'avais imaginé à cette époque être dans la même boutique près de 10 ans après... je crois que j'aurai bien ri au nez de ce prophète.

Je lui aurai dis que non... à la rentrée de septembre j'allais continuer mes études à Paris. Faire une spécialisation en Science Politique ou en relations internationales. Pour avoir plus de légitimité à devenir grand reporter en radio. Et que de toute façon ma vie était à Paris... Que je ne faisais dans cette boite qu'un stage de fin d'étude de mon école de journalisme.

Pendant tout le temps où je triais et jetais mes cahiers, les souvenirs sont remontés par flots... Je commentais chaque note, chaque page à mes collègues "petits jeunes" de la boutique (bien plus vieux que moi certes... mais moins anciens). La nostalgie m'a envahie peu à peu. Alors j'ai skypé mon "boss" en lui disant "tu sais pas ce que je viens de retrouver ? mon premier cahier quand je suis entrée dans la boutique". Il est sorti de son bureau pour venir voir ça. Notre chemin ensemble est tellement long, tellement proche, tellement parallèle et forcémment complice. Parce que nous sommes les deux seuls qui avons tout vécu, toutes les étapes de la vie de cette boîte, les hauts, les bas. Les plus grandes émotions, les plus beaux projets, les plus grands stress... Je ne sais pas qui était le plus ému des deux. Mais une boule s'est formée, bien calée au fond de ma gorge. Et là j'ai décrété que c'était tout pour aujourd'hui, que je m'y remettrai le lendemain. L'émotion commençait à être trop forte.

Ce cahier là... même si je dois faire du vide en vue d'un proche déménagement, et aussi fétichiste que cela puisse paraître, je l'ai gardé... "On l'encadrera et on le mettra dans le musée de la boîte" ai-je fanfaronné. Mais en me retournant pour le ranger dans mon placard, je me suis mise à chialer. Parce que quand même. Neuf ans... ça laisse des traces.

Et si j'ai parcouru un sacré chemin depuis cette date là... il est un truc où je ne m'améliore pas d'années en années, c'est mon émotivité débordante !

lundi, 18 janvier 2010

Du bon air

Week end d'évasion et de bon air (de bonheur surtout). A humer les embruns du bassin d'Arcachon et à fouler le sable des dunes.

Le charme absolu et tant recherché de l'arrière saison, des stations balnéaires vidées de ses touristes. Le charme discret et désuet qui reprend le dessus quand la foule a abandonné les lieux. La grande dune juste "pour nous" ou pas loin. Les kilomètres de plage au sable vierge de tout pas.

Magnifiques couleurs pastels aidées par un temps mitigé... mais en accord parfait avec ce week end hors saison. L'ascension de la Dune du Pyla plus de vingt ans après y être allée quand nous vivions à quelques kilomètres de là. Reconstruction d'images et de lieux qui s'étaient mélangés pour former de vagues souvenirs au fil des années.

Délice de canelés, huitres, crevettes, fruits de mer... Longues conversations en marchant pendant des heures sur le sable, sur la plage, sur la lande. Souvenirs de temps anciens. Paroles décousues mais suivant la trame logique de notre vie qui n'a rien de linéaire. De la géopolitique à la culture... de la famille aux amis... des envies aux rêves.. des voyages à nos quotidiens.. Avec des pensées permanentes vers l'horreur haïtienne... et cette triste nouvelle de la mort d'un ami de sœurette disparu bien trop tôt... enseveli comme des dizaines de milliers d'autres.

Déambulation dans Arcachon... à flâner dans les charmantes boutiques bien loin des habituelles chaînes si répandues dans tous les centres villes de France et de Navarre, et que j'exècre par dessus-tout. L'occasion donc de se faire plaisir et de m'offrir quelques jolies choses.

C'est si bon l'évasion.

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