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mercredi, 15 février 2012

Marcher sur le lac

Retour de la montagne. Traversée de la France. Tout est blanc de part en part sur 900km. Les couleurs n'existent plus. La neige a tout recouvert. Les routes, les forêts, les champs... Et il neige encore et encore. Les cours d'eau et la Loire sont figés dans d'épaisses couches de glace.

Je n'aime pas la grisaille maussade... mais j'aime ce spectacle époustouflant de grand froid et ces températures polaires. Je voudrais en profiter encore et encore.

Arrêt pour la nuit en Sologne. Le lendemain matin le soleil est de retour. Longue promenade pour digérer d'un repas si bon. Tour d'un lac totalement glacé. La neige craque sous mes grosses bottes canadiennes d'Antarctique. J'ai remis mes habits de ski mieux adaptés aux températures largement négatives. Je m'arrête souvent regarder les traces d'animaux. Je pense à Marloute évidemment en me penchant sur les empreintes, les poils, les nombreux indices de présence. C'est bien ce qui nous a réunies il y a plus de 15 ans...

J'ai entendu les accidents récents... Je sais que c'est imprudent, mais "au pire" il y a un tout petit peu plus d'un mètre d'eau en dessous. On sonde, on tape la glace, encore et encore. Et on se lance. Pas après pas avec cette petite angoisse évidemment présente, l'adrénaline qui donne encore plus d'intensité à la promenade. Je marche sur l'eau. Je glisse. Je saute. On traverse le lac.

Comme si souvent ces derniers temps je redeviens une gamine qui joue, rigole et s'amuse. Encore que... enfant c'est sous les tropiques que j'ai passé la plupart de mes hivers...

Et le spectacle est si beau sous cette lumière et ce soleil. Il y a bien longtemps que je n'avais pas tant aimé l'hiver, cet hiver tout du moins !

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dimanche, 20 novembre 2011

A l'automne

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Cet automne si doux, et malgré un rythme de travail plus que soutenu, m'aura quand même permis quelques beaux moments.

De longues marches dans la forêt, en tee-shirt, panier à la main pour ramasser des champignons, des châtaignes, des noix.
Un tour du verger pour compléter la récolte avec des pommes et des poires...
Et à la nuit tombée, une si belle soirée au coin du feu à préparer un crumble avec les cueillettes.

Passer du temps à peler les pommes. Casser et décortiquer les noix pour le croustillant du dessus. Caraméliser les fruits. Laisser cuire à feu très très doux. Pour étirer encore et encore le temps. Se dire que l'on voudrait que cette soirée s'éternise de longs jours, de longues semaines.

Le manger le lendemain avec un thé fumé dans la douceur de la fin d'après midi... en tee-shirt, dehors, dans le jardin. Se croire au mois de septembre et réaliser que l'on est quasi fin novembre.

Quelle douceur.

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lundi, 11 juillet 2011

Comme dans un film

- Quitter Nantes sous 19°, une pluie battante et une visi de quelques mètres empêchant de décoller pendant près d'une heure. Arriver 40 minutes plus tard sous la vraie chaleur estivale avec 30°, un soleil de plomb et un magnifique ciel bleu... et se dire que non, définitivement, je ne me ferai JAMAIS à la météo de la Loire-Atlantique... 

- Arriver chez moi à la montagne et retrouver le jardin avec toutes les tables sorties, des bougies et des lampions allumés partout, l'herbe bien tondue, les rosiers croulant sous les fleurs et une joyeuse équipe de cousins et copains de copains réunis pour un bon week end de fête.

- Aller cueillir de la menthe fraîche, sortir le rhum tout juste ramené de Guadeloupe et enchaîner la préparation de nombreux mojitos, ti-punch et punch vanille.

- Faire un tour au conseil municipal qui comme par hasard se tient ce soir-là... et calmer certains esprits échauffés. La jeunesse contre les vieux réacs n'ont jamais fait bon ménage. Ce n'est pas ce soir que ça va commencer...

- Se coucher au bout de la nuit après de franches rigolades. Rejoindre mon petit lit le sourire aux oreilles d'être là, de recevoir tant de monde dans la maison, de la voir vivre, vibrer de rigolades et de bonheurs partagés.

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- Être la première levée le matin très tôt, préparer un immense petit déjeuner dans le jardin avec des brioches, des confitures maison, des théières aux thés variés et se croire dans un remake de films entre "Les Petits Mouchoirs" et "Le Cœur des hommes". Entendre le premier levé s'exclamer "on se croirait dans un film de Claude Sautet" et adorer cette idée !

- Se lancer dans une équipée sauvage pour descendre les torrents en canoé-kayak. Se retourner plusieurs fois dans les rapides mais rire de bon cœur malgré l'eau glaciale qui change quelque peu des 30° de la mer des Caraïbes moins d'une semaine plus tôt.

- Se retrouver à une dizaine de filles dans la cuisine pour préparer des tartes, des salades, des melons, des salades de fruits, un caviar d'aubergines, des légumes... Passer la tête par la fenêtre et découvrir que la dizaine de mecs, bières à la main, est entrain de jouer aux quilles finlandaises... Les clichés ont la vie dure ! Les femmes à la cuisine, les mecs qui s'amusent...

- Chanter jusqu'au bout de la nuit dans le jardin sous le grand acacia (qu'il faut vraiment que j'élague bientôt) à la lueur des bougies et des lampes à pétrole... Se faire tout le répertoire des 60's, 70's, 80's, 90's, 2000's... mêler les champs patriotiques aux tubes à la mode. Les cantiques religieux (eh oui) aux vieilles rengaines. Et rire encore et encore de bon cœur.

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- Se réveiller tôt avec cette envie de profiter de chaque seconde ici. Rester à la table du petit dej sous l'acacia jusqu'à plus de midi au fil des réveils de chacun... et décider que la vraie rando vers un lac sera transformée en un tour de village par les crêtes. Ce qui est très bien aussi.

- Ramasser quelques champignons sur le bord du chemin, expliquer la montagne aux novices, montrer les chemins, les fruits des bois, les sommets, montrer les ruines cachées... et se dire que c'est dans mon rôle de sauvageonne que je suis le mieux.

- Pendre le chemin du retour vers l'avion avec les boules de remonter dans le froid et quitter le bonheur de mon village. Rebelotte évidemment. 30° au départ... 16 en atterrissant... Maudire le fait de vivre là... si loin des régions qui comptent pour moi. Mais se réconcilier en se disant que le week-end était si beau, si parfait, si heureux. Et qu'il n'y a pas de prix d'avoir un lieux aussi cher à nos cœurs !

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vendredi, 26 novembre 2010

A l'aube au-dessus des nuages

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Le lever de soleil splendide au-dessus des nuages. Moments magiques dont je ne me lasserai jamais... puis l'atterrissage sous la neige et le froid glacial après deux jours avec les palmiers, la mer et le soleil.

Je bénis d'avoir désormais un petit appareil toujours dans la poche. Tellement plus pratique et rapide qu'avec un gros réflex pour capturer des moments sur le vif ! :)

mardi, 8 septembre 2009

D'un court week end

Rentrée de Paris donc... Laborieusement, certes, mais pour un micro week end des plus délicieux. Je ne sais pas depuis combien de mois je n'avais pas mis les pieds là-bas (si ce n'est les 2h d'aller/retour d'il y a quelques semaines qui ne comptent pas vraiment). Une longue absence volontaire qui n'a pas fait de mal d'ailleurs.

Déjà, pour tous les stressés des voyages, sachez qu'il est définitivement possible d'acheter un billet à 10h 58min 48sec pour un train qui part à 11h sur un quai à l'opposé des guichets. J'ai battu mon propre record personnel. 1min 12 sec... entre l'achat et le départ du train... c'est quand même sacrément osé !! J'ai sûrement battu un second record personnel, celui du 100m lancé au milieu des valises qui ne se pressent pas.

Mais ce train, je ne voulais pas le rater car à l'arrivée, Frérot m'attendait pour un déjeuner en tête à tête. Je l'ai invité à La Coupole pour fêter une grande et belle nouvelle. Instant délicieux de complicité et de fratrie. Le repas fut bien entendu à la hauteur de l'endroit, le vin comme rarement j'en avais bu... et le moment partagé aussi rare que précieux.

Longue balade à pieds entre l'appart, les Batignolles, les Ternes, le Parc Monceau, la Rue de Lévis... On flâne, on profite de la douce chaleur, on tourne à droite, on tourne à gauche... Puis finalement on se hâte car nous sommes déjà en retard pour rejoindre la fête de Pacs de Marloute. On arrive avec plus d'une heure de retard, mais nous sommes finalement plutôt en avance par rapport à la mariée qui se fait toute belle. Des violons l'accompagnent pour sa descente des marches. Elle est tellement belle avec sa grande robe blanche parsemée de jolies fleurs. Plus tard dans la soirée j'attraperai le bouquet quand elle demandera à toutes les filles de se mettre en ligne. Ca deviendrait presque une habitude ! Mais sans le vouloir ils atterrissent souvent directement dans mes bras ! Belle et heureuse soirée à rencontrer des gens absolument passionnants. J'ai presque la nostalgie de ne plus assez côtoyer ce milieu...

Je dois me lever tôt pour bosser. Dur dur. L'appart est déjà inondé de soleil... Je redécouvre le bonheur de ce lieu, la vue dégagée à l'infini sur les toits de zinc. Je laisse tourner les heures avant d'appeler Marloute histoire de ne pas risquer de la réveiller. J'imagine que sa nuit fut encore plus courte que la mienne ! On a prévu de se retrouver dans son restau fêtiche en bas de chez nous pour un brunch. J'ai une pêche d'enfer. Marloute beaucoup moins ! Je termine son assiette. Elle se noie peu à peu dans un "coca chaud sans bulle", lendemain de fête oblige. Nous dissertons de milles et une choses. Sans se concerter nous sommes prises de la même envie. C'est ça la marque des vraies amies. Aller se poser dans le Parc Martin Luther King et profiter de cette si belle journée de fin d'été. Passage obligé par le square des Batignolles. Nous devisons sur Barbara et les corbeaux vautours moches de la statue. 10 ans que je les regarde. 10 ans que je ne comprends pas leur présence. (Karmara, un avis ?) Je m'extasie de retrouver la cascade où j'ai souvent embrassé, lieu romantique par excellence... "oui enfin quand il n'y a pas de clodo qui dort". Et baam... je me prenais presque à des envolées lyriques vite modérées par Marloute qui commence à émerger de sa nuit de folie.

On traverse la rue. Je (re)découvre le tout nouveau parc qui aurait du accueillir le village Olympique de 2012. Quelle réussite. Nous qui, il y a quelques années avions peur de voir cette étendue défigurée par de grandes tours qui seraient venues gâcher notre vue sur la Tour Eiffel, nous avons finalement droit à un véritable bijou !! L'ambiance recréée est une réussite au delà de l'imaginable ! Des espaces de jeux modernes où j'aurai presque envie d'aller m'amuser, en tout cas d'y envoyer mes gamins, des rampes de skate et de trottinettes qui offrent un spectacle qu'on ne veut pas quitter. Pirouettes, sauts, acrobaties des enfants du quartier. C'est à celui qui ira le plus haut, le plus loin... On s'émerveille avec Marloute de tant de talents. Et puis nous observons surtout la diversité de la flore absolument splendide. Des aménagements de parterres fleuris, des graminées rares, des herbes originales... un grand bassin auto-alimenté en eau de pluie... couvert de roseaux... En un clin d'œil nous sommes propulsées loin du brouhaha parisien. Le dépaysement est encore plus total quand nous nous installons sur un deck pour observer un héron se goinfrant de poissons rouges. C'est l'orgie de la journée. Quel spectacle. Je raconte mes péripéties estivales, nous échangeons sur le boulot, la vie, l'amour, les bébés, le bonheur, l'avenir...

Difficile de quitter le parc. De repartir vers Nantes (et pourtant je ne sais pas encore que j'en ai pour 7h30 de trajet :) ). De laisser nos conversations suspendues jusqu'à la prochaine fois...

mercredi, 15 juillet 2009

La cueillette...

Il est une occupation que j'aime par dessus-tout... dans la même lignée que faire des puzzles... ou trier le riz... cueillir les fruits rouges.

Vous me verrez passer des heures et des heures à débusquer les myrtilles dans la montagne. Alors quel plus grand bonheur que d'être arrivée ce week end au pile moment où les groseilles étaient à maturité et qu'il fallait donc les ramasser.

J'ai proposé à mon amie de cueillir les fruits pour elle, n'ayant malheureusement pas le temps de me lancer dans de la confiture, lui laissant donc cette tâche. Deux heures de cueillette... 5 kilos de groseille. Des grappes croulantes sous le poids des fruits rouges gorgés de soleil. Il m'en reste presque autant sur les branches, mais le temps m'a rattrapée... foutu travail... si lointain...

Toute seule avec mon grand saladier à ramper sous les branches... assise une fois sur un rocher, une fois accroupie, une autre fois encore posée dans l'herbe. Deux longues heures à faire vagabonder mon esprit dans les méandres de mes pensées. La liberté absolue du temps juste pour moi et la divagation. En regardant la montagne je pensais à tellement de milliers de choses. Faisant le point sur ma situation actuelle, le futur, le passé... Je ne sais pas si j'ai eu autant d'idées que de petites groseilles cueillies... mais sûrement pas loin ! Entre grands sourires, rêves, futur à venir, projets de vie...

J'ai donné à mon amie le grand saladier à la fin de ma cueillette pour qu'elle en fasse du jus puis de la confiture. Pour ma part j'ai récupéré un kilo pour cuisiner un clafoutis de groseilles. Le gâteau n'a pas fait plus d'un repas tant toute la famille s'est jeté dessus et s'est régalé.

D'ici quelques jours les cassis seront à maturité. J'espère qu'ils vont m'attendre... car là, ce ne sont pas 5 kilos mais bien 15 ou 20 kilos que je dois ramasser ! L'occasion de divaguer encore et encore. Juste moi, seule avec moi et mes idées... Voilà bien un petit bonheur absolu... Un luxe de solitude.

Laissez-moi rêver que j'ai dix ans...

Je rentre de trois semaines de vacances... Ah non ! En fait (juste) d'un long week-end de quatre jours, mais avec cette impression tenace d'être partie pendant des semaines.
Direction mon petit coin de paradis tout là haut dans la montagne. Mon train arrive en même temps que la ville est bouclée pour laisser passer le Tour de France... Vite vite s'échapper de là pour rejoindre notre havre de paix perdu au bout de la longue route sinueuse.

En vrac et dans le désordre... Il a fait un temps magnifique qui m'a vite vite redonné une couleur un peu plus naturelle que le blanc cachet d'aspirine que j'arborais depuis des mois à être restée en France tout l'hiver. Un beau bronzage doré doré signe du grand air pur et des bonnes vitamines des hauts sommets. Une chaleur dingue qui m'a fait redevenir le temps d'une après midi la gamine qui a passé ses étés dans ce village à faire les mêmes bêtises que les gamins d'aujourd'hui... Fils et filles des "grands" qui nous faisaient faire les bêtises à l'époque. Normal donc que nous prenions le relais aujourd'hui en tant que "grands". Les générations défilent... mais les traditions restent ! C'est d'ailleurs peut être ce qui me rattache tant à cet endroit. Tous les mômes autour de la fontaine de la place du village à s'arroser avec l'eau de la fontaine descendue tout droit de la montagne... Je jardine dans mon jardin, mais en entendant les hurlements de joie, je ne résiste pas à l'envie. Je les rejoins pour apporter mes bras pour attraper les plus petits et les balancer dans le bassin. Finalement très vite... nous y passons tous. Tour à tour en se débattant mais avec au fond la grande joie de se rafraîchir. On finit tous tout habillés dans l'eau qui frôle les 10° au maximum. On s'arrose, on hurle, on se balance des paquets d'eau... on arrose les rares voitures qui passent.

Et quitte à être trempés, direction la grande cascade... Gamins, ados, grands ados, on file sur le chemin sinueux casse-gueule qui plonge vers notre "cascade Hollywood" à nous seuls. Seuls les gens d'ici savent y aller et osent descendre pieds nus, en tong ou en chaussures déglinguées la pente abrupte qui y mène sur un pseudo chemin que seules les grandes glissades sur les fesses ont tracé. N'importe quels parents normaux interdiraient aux gamins d'y aller si ce n'est avec des chaussures de marches, un harnais, un baudrier et que sais-je encore... mais ici, les parents ont fait les conneries bien avant nous... et les perpétuent avec leurs propres enfants... alors hein... personne ne se prive ! C'est l'esprit du village qui fait de chacun de nous des casse-cous en puissance. On est un enfant d'ici ou on ne l'est pas !

On remonte le torrent sur quelques dizaines de mètres puis on se jette à l'eau toujours aussi glaciale puisqu'arrivant directement des glaciers, mais on s'agite tellement à sauter depuis les rochers qu'on se réchauffe vite. On passe un à un derrière la cascade... là où il y aurait, dit-on, un trésor cathare caché. Les milliers de litres d'eau qui s'abattent sur nous, nous offrent un massage géant, brushing nature et surtout des éclats de rire et une joie indescriptible. On se pousse, on crie, on hurle, on fait des bombes. On glisse, on tombe. Concentré de nature mêlé à un concentré de bonheur et de joie. Nos visages rayonnent quand on traverse le village les habits dégoulinant... on se fait sécher au soleil sur les pierres chaudes. J'ai 10 ans, laissez-moi rêver que j'ai 10 ans...


(Pas de photo de la cascade... la prochaine fois que je m'y baigne je penserai à en prendre, j'oublie à chaque fois :) Un joli papillon dans mon jardin à la place et un lac lors d'une rando l'été dernier !)