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mardi, 27 septembre 2011

Comme seul remède

Ca devenait vital. De fuir, loin, et de reprendre pied d'une manière ou d'une autre. Et évidemment il n'y avait pas meilleur endroit que ma très chère montagne pour me remettre un peu d'aplomb.

Alors au tout petit matin j'ai pris un avion, j'ai fini ma nuit au-dessus de la France encore endormie, j'ai atterri au lever du soleil... et là, mon cœur s'est empli de joie et de bonheur rien qu'en mettant le pied dans cette ville chérie. Une voiture m'attendait, on a pris la route immédiatement pour rejoindre les sommets. J'avais un sourire niais sur le visage pendant toute la route. On faisait mille projets de randos. Et je riais, et j'étais heureuse, et je reprenais goût à tout. J'exultais.

Sur les dernier kilomètres on a chanté comme des fous, avec la musique à fond, les cheveux au vent. On klaxonnait à chaque virage.

Le temps d'attraper la clé dans la cachette, d'ouvrir la maison, de mettre mes chaussures de montagne, de remplir à la va-vite mon sac à dos... que nous voilà partis pour escalader cette montagne qui me fait de l'oeil depuis 30 ans, l'une des seules de la région que je n'avais jamais gravie, celle pourtant sur laquelle se perche mon village. En temps normal il était juste l'heure de commencer une journée de travail. Là, il était surtout l'heure de partir à l'assaut des chemins, le coeur léger.

Il faisait tellement chaud, tellement beau, les paysages étaient merveilleux. On a grimpé tout droit au milieu de centaines de colchiques. Je ne marchais pas... je courais. On a fait une sieste de deux heures par plus de 30°, allongés dans l'herbe. On a repris l'ascension. Les bergers avaient rassemblé les moutons en vue de la transhumance le lendemain. Pas moins de 600 sur notre chemin. Je me suis rêvée bergère après avoir papoté avec l'une d'elles, d'à peu près mon âge. Au sommet, à plus de 2000 mètres, j'ai cru verser une larme devant le panorama époustouflant. Tout été si beau. A dominer toute la région, j'avais cette impression que le monde m'appartenait. Et au fond c'était bien ça.

Pour la descente, on a taillé tout droit puisqu'il n'existe aucun chemin par cette face de la montagne. A l'oeil. La symbolique, fort à propos, de choisir son chemin comme on l'entend. A l'instinct, à vue... sans route tracée.

La maison sentait bon, le jardin avait été tondu de près pour mon arrivée, les rosiers croulaient sous les fleurs, j'ai fait le tour des maisons, papoté avec chacun, tout était si doux... si parfait.

Le soir en m'endormant dans mon grand lit, j'ai imaginé que c'était un soir de grande vacances comme un autre. Que l'été ne faisait que commencer... et finalement, c'est peut être de ça dont j'ai besoin.

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jeudi, 25 août 2011

L'adolescent, ses moeurs, ses envies, son mode de vie...

> L'adolescent ne voit rien mais demande beaucoup.

Un jour, excédée de répondre dix fois par jour à des questions aux réponses tellement évidentes, j'ai craqué. Pendant le repas, à la question : "il est où le fromage râpé ?", j'ai lancé telle une boutade "dans la salle de bain !!!!!". Et que ne vois-je pas ? L'ado descendre l'escalier pour aller à la salle de bain ! Là, incrédule, j'ai capitulé, baissé les bras et décidé qu'il fallait me rendre à l'évidence : l'ado a une partie de cerveau atrophiée dès qu'il s'agit de trouver quelque chose dans n'importe quel périmètre.

> L'adolescent est ingrat.

Un soir, alors que je venais de préparer un grand plat de hachis parmentier maison (nous étions 10 à table ce soir là), avec viande maison, amoureusement cuisinée, mijotée... des pommes de terre du jardin et tout et tout. Je demande à l'un des ados de servir tout le monde (c'est l'avantage d'en avoir plein à table... on peut déléguer ce genre de tâche). Ce qu'il fait volontiers, car l'ado est serviable, les miens en tout cas... Mais quand je tends mon assiette, dernière que j'étais à être servie, celui-ci me répond "il n'y en a plus, on t'avait oubliée". Ingrat je vous le dis, mais par contre reconnaissant de mes bons petits plats...

> L'adolescent dors peu la nuit, mais beaucoup le jour.

Pas un soir en trois semaines la bande ne s'est couchée avant 4h, 5h, 6h, 8h du matin. Il faut dire, pour le coup, que je n'avais volontairement donné aucune consigne là-dessus. Estimant que l'été est aussi fait pour ça, pour faire la fête jusqu'au bout de la nuit, pour profiter. Que le lieu s'y prête, que je ne suis pas leur mère et que j'ai fait bien pire à leur âge...et puis... qu'il faut bien que je tienne ma réputation "d'adulte la plus cool qu'ils aient jamais vu" (une des phrases les plus gentilles jamais entendue depuis un paquet d'années). Ainsi, à l'heure du petit dej, l'ado commence sa nuit. L'ado croise les premiers habitants du village qui se lèvent vers 8h du matin en leur disant "bonne nuit". Cette liberté totale que je leur ai laissée était aussi là pour me réserver une demi journée seule, pour prendre mon ptit dej au soleil sans bruit, pour bricoler, pour voir les copines, pour glandouiller, pour faire à manger, étendre une machine, en lancer une deuxième, en plier une troisième, débarrasser le lave vaisselle, faire les courses... 

> L'adolescent est serviable mais quand ça lui chante.

Un jour de grosse chaleur... obligation de ravitaillement puisque l'on était une quinzaine à la maison. Je "descends" à la ville distante d'une 20aine de km pour remplir 2 chariots complets... A mon retour, j'ose demander de l'aide pour remonter 5 bouteilles de boissons alors que je viens de me taper de porter 4 sacs de courses de 15kg (ou pas loin) dans la grande montée jusqu'à la maison. Réponse désinvolte et à foutre des baffes "Oui mais là j'ai chaud tu comprends !". Ben non, justement je ne comprends pas ! "Parce que peut être que moi je n'ai pas chaud ? Pacre que peut être les 5 litres de coca et de iced-tea ils sont pour moi ? Parce que je n'ai pas bousillé une après midi de mon temps de vacances pour faire des courses, ce que je hais le plus au monde ?!" Des baffes oui.

> L'adolescent sait demander gentiment les choses et se justifier avant même la réponse.

Micro instant de panique le jour où j'ai vu débouler en plein après midi la bande au presque complet (soit bien une dizaine de gamins ce jour-là), chose qui n'arrive normalement qu'aux heures des repas. Puisque l'ado  disparait à peine le dessert englouti pour ne ré-apparaître que lorsque son ventre crie famine. "Dis dis dis dis !! On peut te demander quelque chose ?". Hmmm... qu'est ce qu'il peut bien y avoir de grave... "Dis, dis dis. Est ce que T. peut rester une semaine de plus ? Mais je t'assure hein, on t'aidera pour les lessives, pour la nourriture, pour les courses, pour débarrasser, pour le ménage, pour faire les courses, pour ranger la maison, pour faire des gâteaux, pour laver la salle de bain, pour ne plus laisser de bordel partout... Tout est arrangé avec ses parents, ils sont d'accord... enfin on leur a laissé un message mais c'est sûr ils vont être d'accord. Dis, dis, dis, tu dis oui ?"

> L'adolescent n'accepte pas qu'on le voit encore comme un enfant.

Quand j'ai osé demandé la veille du départ d'un train à 8h du matin (cf au-dessus pour ce qui est du rythme de vie de l'ado et de son incapacité donc à se lever à l'heure où il s'est couché pendant 3 semaines), de faire sa valise AVANT de partir faire la fête toute la nuit, le ton est monté. J'ai tenu bon "tu rassembles TOUT maintenant et pas demain matin quand tu vas rentrer d'une nuit de fête". Dans un long sanglot mêlé de colère j'ai entendu "Oui mais avec toi c'est toujours pareil tu me vois encore comme une enfant alors que maintenant je suis une adulte, oui une adulte !!!". C'est en retrouvant 2 pantalons, un chargeur de portable, une paire de chaussures et un bouquin que j'ai pu apporter du crédit à ma demande plus que légitime... et faire un gros câlin en disant que ça m'arrangeait bien oui de la voir encore comme une enfant pour ne pas avoir l'impression d'être l'adulte chiante qui crie (alors que je suis moi-même infouttue de faire mes valises plus de 3h avant un grand départ).

> L'adolescent sème.

Mon dernier jour de vacances quand il a fallu rassembler les affaires et fermer la maison, une semaine après le départ de tout le monde... j'aurai pu ouvrir un magasin. J'ai retrouvé : 3 pulls, 6 chaussettes orphelines même pas à l'un de "nous", un duvet, une lampe frontale, une dizaine de couverts (sûrement échangés lors de nuits en montagne), des assiettes pas à moi, un sac, un maillot de bain, une brosse à cheveux, des brosses à dents, un bouquin et j'en passe. J'imagine combien d'objets ont donc été retrouvés dans le village au sein des autres maisons... Et je ne parle pas évidemment des dizaines de fois par jour où j'ai eu droit à "elles sont où mes tongs ?", "ils sont où les duvets ?", "j'ai perdu mes chaussures", "t'aurais pas vu mon déo ?"...

> L'adolescent a des émotions et des sentiments exacerbés.

Le jour où le premier ado a du partir... au bout de deux semaines tous ensemble, les larmes ont coulé la veille, le soir, la nuit, le matin en montant dans la voiture, les 30 minutes de trajet jusqu'à la gare. Parce que l'ado s'attache à ses copains et à ses amourettes. Mais comme l'ado en question s'était trompé de jour pour son départ, chose dont je ne me suis rendue compte qu'au moment de le coller dans le train, quand je lui ai dit qu'il ne partait finalement que le lendemain, j'ai eu droit à un "non mais c'est pas drôle de me faire une blague pareille, c'est déjà tellement dur de quitter tout le monde, tu te rends pas compte". De retour au village j'ai eu droit à des danses de Saint Guy pendant 45 minutes que "c'était trop super méga cool génial qu'il soit revenu". Les pleurs ont recommencé dès le soir "non tu peux pas partir c'est trop triste, reste, c'est inhumain que tu partes, même la guerre de 14-18 c'était moins triste...". Finalement il est resté 10 jours de plus (cf le point plus haut). Et le jour J du vrai-faux 4ème départ, la bombe atomique et les famines en Afrique étaient bien en deçà du drame vécu par toute la bande...

Demain la suite de la fiche signalétique... Et en attendant, une petite "piscine" dans le torrent, parfaite pour un bon massage et un bain raffermissant ;)

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mardi, 23 août 2011

Pas rassasiée

Retour de vacances mitigées. Les vacances. Pas le retour. Car contrairement à toutes les prévisions, j'ai roulé pendant 8h30 tranquillement sans grande foule, appréciant énormément la conduite de nuit. Alternant vieux tubes à fond les ballons, musiques douces, infos et, et... les contes de Pierre Gripari que j'écoutais toute enfant. Un régal de retomber dans le Gentil Petit Diable et le Cochon Rose qui a avalé l'étoile du berger.

Non... mitigées ce sont les vacances. A cause du temps évidemment. Et de cette frustration immense de n'avoir pas pu faire assez de randonnées. De nuits sous la tente, de kilomètres en vélo sur les routes de montagne. Certes, je n'aurai jamais autant joué au scrabble, au tarot et appris le poker... Mais bon. C'est de sport dont j'ai besoin l'été !

Tout simplement pas du tout rassasiée tant j'ai besoin de ces forts efforts physiques. De gravir au moins deux ou trois 2000 mètres. Explorer au moins une ou deux grottes. Me faire quelques descentes en canyoning... Alors quand j'ai entendu parler de canicule qui arrivait [enfin], j'ai prolongé d'une semaine mes vacances. Impossible d'imaginer reprendre le travail à ce moment là. Qui plus est après l'année que je venais de passer. Bien m'en a pris. J'ai enchainé chaque jour sous les fortes chaleurs de belles randos, des baignades dans les cascades, des cueillettes de myrtilles. Libérée en plus que j'étais de ma bande d'ados que j'ai "gardée" pendant trois semaines. 8 à la maison.  Autant dire que dans le genre pas reposant j'étais servie. Mais j'aurai l'occasion de publier ici une fiche signalétique de l'ado en vacances. Et j'ai au moins la certitude désormais de ne pas vouloir plus de 3 gosses, même si je gère comme une chef la cuisine version "famille très nombreuse", les courses à deux chariots, les machines après chaque repas et j'en passe...

Pas rassasiée donc... mais quand même heureuse. Des heures de tarot sous l'acacia en buvant du thé (et ce malgré les branlées que j'ai pu me prendre tout l'été). De LA sieste dans le hamac. Des baignades dans de nouvelles cascades découvertes pour l'occasion. Des amitiés plus fortes encore d'années en années avec des amis de toujours. De la mémorable partie de Scrabble à plus de 400 points juste pour moi. De cette longue soirée, tous allongés dans les duvets, sur la petite route, à regarder les étoiles filantes et débusquer constellation après constellation chaque étoile de la voute céleste. De la promenade en Harley sur les routes de montagne. Du (seul) canyoning de l'été avec un saut de 12 mètres, yeahhhh. Des quelques trop trop trop (j'en mets un de plus si vous n'aviez pas saisi encore ma frustration) rares randos. D'avoir, comme à mon habitude et par la force des choses, coupé complétement ordis et téléphone. Des nuits au-dessus du village à faire des grillades pour 18 gamins et jouer jusqu'au bout de la nuit (appelez-moi chef de colo... ou ado attardée). De cette dernière rando la veille de partir... où l'on a commencé à grimper à 14h par plus de 35°, mais pour une si belle et si parfaite baignade dans "notre" cascade. Et de tous ces petits riens qui font des vacances un moment à part. Un moment qui devrait durer toute l'année. Parce que OUI je suis persuadée que je suis faite pour vivre en vacances !

Alors bon, comme souvent, mais beaucoup plus encore cette année, je suis à peine rentrée que j'ai déjà envie de repartir très vite gravir quelques sommets. Il faudra que je me rattrape dans les week end à venir.

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#1 : Ma vue fétiche matin, midi, soir, nuit... en mangeant, en prenant le thé, en jouant, en discutant avec les amis. Le hamac et le grand fauteuil. Face à la montagne sous l’acacia.

#2 : Il n'y aura eu, en un mois, que 3 beaux couchers de soleil. C'est dire si cette année était vraiment bizarre.

#3 : La cascade avant que je ne me jette à l'eau dans ce trou d'eau turquoise fabuleux.

lundi, 11 juillet 2011

Comme dans un film

- Quitter Nantes sous 19°, une pluie battante et une visi de quelques mètres empêchant de décoller pendant près d'une heure. Arriver 40 minutes plus tard sous la vraie chaleur estivale avec 30°, un soleil de plomb et un magnifique ciel bleu... et se dire que non, définitivement, je ne me ferai JAMAIS à la météo de la Loire-Atlantique... 

- Arriver chez moi à la montagne et retrouver le jardin avec toutes les tables sorties, des bougies et des lampions allumés partout, l'herbe bien tondue, les rosiers croulant sous les fleurs et une joyeuse équipe de cousins et copains de copains réunis pour un bon week end de fête.

- Aller cueillir de la menthe fraîche, sortir le rhum tout juste ramené de Guadeloupe et enchaîner la préparation de nombreux mojitos, ti-punch et punch vanille.

- Faire un tour au conseil municipal qui comme par hasard se tient ce soir-là... et calmer certains esprits échauffés. La jeunesse contre les vieux réacs n'ont jamais fait bon ménage. Ce n'est pas ce soir que ça va commencer...

- Se coucher au bout de la nuit après de franches rigolades. Rejoindre mon petit lit le sourire aux oreilles d'être là, de recevoir tant de monde dans la maison, de la voir vivre, vibrer de rigolades et de bonheurs partagés.

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- Être la première levée le matin très tôt, préparer un immense petit déjeuner dans le jardin avec des brioches, des confitures maison, des théières aux thés variés et se croire dans un remake de films entre "Les Petits Mouchoirs" et "Le Cœur des hommes". Entendre le premier levé s'exclamer "on se croirait dans un film de Claude Sautet" et adorer cette idée !

- Se lancer dans une équipée sauvage pour descendre les torrents en canoé-kayak. Se retourner plusieurs fois dans les rapides mais rire de bon cœur malgré l'eau glaciale qui change quelque peu des 30° de la mer des Caraïbes moins d'une semaine plus tôt.

- Se retrouver à une dizaine de filles dans la cuisine pour préparer des tartes, des salades, des melons, des salades de fruits, un caviar d'aubergines, des légumes... Passer la tête par la fenêtre et découvrir que la dizaine de mecs, bières à la main, est entrain de jouer aux quilles finlandaises... Les clichés ont la vie dure ! Les femmes à la cuisine, les mecs qui s'amusent...

- Chanter jusqu'au bout de la nuit dans le jardin sous le grand acacia (qu'il faut vraiment que j'élague bientôt) à la lueur des bougies et des lampes à pétrole... Se faire tout le répertoire des 60's, 70's, 80's, 90's, 2000's... mêler les champs patriotiques aux tubes à la mode. Les cantiques religieux (eh oui) aux vieilles rengaines. Et rire encore et encore de bon cœur.

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- Se réveiller tôt avec cette envie de profiter de chaque seconde ici. Rester à la table du petit dej sous l'acacia jusqu'à plus de midi au fil des réveils de chacun... et décider que la vraie rando vers un lac sera transformée en un tour de village par les crêtes. Ce qui est très bien aussi.

- Ramasser quelques champignons sur le bord du chemin, expliquer la montagne aux novices, montrer les chemins, les fruits des bois, les sommets, montrer les ruines cachées... et se dire que c'est dans mon rôle de sauvageonne que je suis le mieux.

- Pendre le chemin du retour vers l'avion avec les boules de remonter dans le froid et quitter le bonheur de mon village. Rebelotte évidemment. 30° au départ... 16 en atterrissant... Maudire le fait de vivre là... si loin des régions qui comptent pour moi. Mais se réconcilier en se disant que le week-end était si beau, si parfait, si heureux. Et qu'il n'y a pas de prix d'avoir un lieux aussi cher à nos cœurs !

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dimanche, 6 mars 2011

Ma vie à l'envers

Il fallait que je change d’air et que je m’éloigne un petit peu de cette ambiance survoltée de travail, de fêtes et d’excès en tout genre… Parce que les dernières semaines ne ressemblent à rien de bien sérieux, si ce n’est à du bonheur absolu en perfusion plus de 20h par jour. A profiter plus que de raison de la folie de l’endroit où je vis en ce moment et des gens qui m'entourent. Mes heures de sommeil par semaine se comptent sur les doigts des deux mains. Pas beaucoup plus.

Au milieu de ce tumulte absolu le mois de mars a pointé son nez, signe de notre dernier mois complet ici… dans ce pays que j’aime, dans cette ville qui me correspond tant. Bientôt la fin de cette vie débridée, loin de chez nous, dans des conditions rêvées. Bientôt se quitter. Coup de déprime général...

Alors sur un coup de tête, j’ai prévenu tout le monde que je m’absentais trois jours et que mon assistant devait prendre le relais. Fuir pour oublier la fuite. Il y a peut être mieux, mais c’est ce dont j’avais besoin. En quelques heures j’avais rallié ma montagne et ses hauts sommets. Mon refuge. Mon lieu de retraite quelles que soient les circonstances. La solitude absolue comme remède imparable au blues mêlé à un besoin impérieux de faire le point sur ces dernières semaines. Car je sais que je suis entrain de me brûler les ailes. Et même si seule la souffrance sortira de tout cela, j’ai besoin de le vivre pleinement et avec passion.

brouette.jpgLe silence et l’isolement pour faire le point et me remettre un peu les idées dans le bon sens. Le village sous la neige. La Leeloolène sauvage qui reprend le dessus. La maison fermée depuis l’été. La clé toujours bien cachée pour pouvoir arriver nuit et jour dans notre refuge. J’ai passé une longue heure assise sur la fenêtre de la cuisine. Les genoux au menton. Dans le froid. A regarder la montagne enneigée. Un vieux vinyle de Renaud grésillait. Répit dans cette vie à 1000 à l’heure. Là, je me suis dit qu’il y avait peu d’instant et de lieu plus parfait pour me retrouver juste moi avec mon moi le plus profond.

Puis je suis allée couper et débiter trois arbres au fond du jardin. Fabriqué des fagots avec le petit bois que j’ai cisaillé. Des bûches pour se chauffer l’hiver. Quelques brouettes pour ranger tout cela dans la réserve à bois. J’ai aidé ensuite à nourrir les animaux, me suis couverte de foin, j’ai pataugé dans la boue… avant d’aller courir quelques chemins isolés. J’avais besoin de tout cela pour renouer avec cet autre-moi secret que personne dans mon entourage professionnel ne soupçonne.

La solitude s’est finalement transformée en retrouvaille improvisée avec les cousins, cousines. Jamais on n’aurait réussi à aussi bien organiser les choses en le voulant. Place à deux soirées de délires au coin du feu. A rigoler plus encore que de raison autour de nos traditionnelles parties de dés et de jeux de société. Comme chaque fois que l’on se retrouve tous…

On a profité du soleil absolu et du ciel bleu azur pour aller dévaler quelques pentes en ski, puis aujourd’hui avec les enfants, descentes de luges endiablées.

C’est là qu’a commencé la série des Leeloolènades… Ca faisait longtemps que je n’en avais pas cumulées autant le temps d’un après midi.

Carte bleue dans la poche… une chute en luge… et baaammm… la carte bleue cassée en deux ! Dommage. Elle avait 5 mois ! Pas loin du record absolu depuis tellement d’années…Ca va être compliqué à gérer pour les semaines à venir avant qu’une nouvelle arrive jusqu’à moi en traversant plusieurs pays ! Inversement celle-là je ne l’avais encore jamais faite à mon banquier… il va être content !

Puis la descente suivante couchée sur la luge, pour aller plus vite encore, c’est l’appareil photo coincé dans la poche pour filmer l’exploit qui s’est fait la malle dans la poudreuse, tant j’ai pris de bosses et fait de sauts vertigineux. Il en a été quitte pour sécher deux heures au soleil tellement il avait pris la neige. Mes appareils électroniques sont généralement aussi casse-cou et costauds que moi.

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Et à l’instant… en chemin pour rentrer dans pays fou, deux personnes s’approchent de moi et me tendent un insigne de Police. Ils sont en civil, tout droit sortis des meilleures séries américaines. Elle, belle comme le jour, élancée, dans un pantalon moulant noir et une forte poitrine, des baskets superbes. Lui, bedonnant, le clope au bec, les cheveux grisonnants. Contrôle d’identité. Je vide mon sac sur le siège. Farfouille de tous les côtés. Ils s’impatientent. Évidemment, je dois me rendre à l’évidence, j’ai laissé tous mes papiers et mon portefeuille dans la voiture à 300 kilomètres de là. Aucun papier pour prouver mon identité. Tout juste ma carte européenne de sécurité sociale, sûrement tombée de mon portefeuille et qui évidemment ne les satisfait pas. Je ne vais quand même pas leur montrer ma carte bleue cassée en deux… Je m’enfoncerai un peu plus encore. J’ai droit à un interrogatoire en règle. Où je vis (pas simple comme question… puisque je jongle en ce moment sur au moins trois endroits), pourquoi je suis dans ce train, où je vais, pourquoi je n’ai pas de papiers. Ils me sermonnent. Que l’on n’a pas le droit de passer une frontière sans papier. Europe ou pas Europe. J’ai le palpitant à 1000. Ils croient finalement en ma bonne foi. Et j’en suis bonne pour une simple remontrance. J’ai la chance d’avoir le type européen par excellence, d’énormes marques de lunettes de soleil avec un bronzage absolu ne trompant pas sur ma provenance depuis les hauts sommets.

Je pensais avoir remis un peu de sagesse dans ma vie pendant ces trois jours. Finalement elle est sûrement toute aussi tordue encore qu’avant de partir… mais je l’aime tellement cette vie déglinguée complètement atypique !

mardi, 20 juillet 2010

Toujours plus haut...

Week end sportif s'il en est. Viaduc plutôt devrais-je dire... J'ai profité du 14 juillet pour prendre 2 jours de récup et m'échapper évidemment vers le sud. Parce que bon... la vraie vie est bien plus importante que celle au travail... alors, j'aurai bien tort de me priver de ce bonheur.

Pas pu attraper d'avion cette fois... donc train. Trains devrais-je dire. Rien que pour descendre, trois trains. 24 arrêts. 18 heures entre le départ de Nantes et mon arrivée chez moi là-haut à la montagne. Ça se mérite, c'est le moins que l'on puisse dire...

papillons_rouges.jpgMercredi aussitôt arrivée, j'ai continué le jardinage entamé deux week end auparavant. Mes plantations de baies se portent au mieux. 6 cassis et 10 groseilles pour une première "récolte". Pas de framboises par contre. Je tiens le bon bout pour faire de la confiture... d'ici quelques années ! Je me contente de bouloter ma maigre cueillette directement sur les pieds avec délectation.
Pour ne pas faire comme tout le monde, je commence le week end sportif par la fin... à savoir... une après-midi de thalasso. Après tout... ça prépare au mieux le corps pour les efforts à venir. Jacuzzi, douche glacée, cascade infernale, sauna, hammam, hydromassage, pluie tropicale, geysers et j'en passe. Le bonheur intégral... j'en ressors flottante de bien-être. Définitivement je suis un poisson qui revit dès qu'on la replonge dans l'eau. J'ai pris un abonnement... je sens que cela va devenir un nouveau lieu de détente... après les efforts...

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14 juillet oblige... direction le traditionnel feu d'artifice que, par comble de hasard, je vois au même endroit depuis plus de 10 ans ! Cette fois la colline ne prend pas feu ! Étonnant ! Toute la marmaille est descendue pour l'occasion à la "ville"... mais on remonte bien vite vers nos montagnes pour notre premier cache-cache géant de l'été. On délimite le terrain de jeu... plusieurs hectares de forêt, de champs, de jardins, de recoins. 6 équipes de deux. Un grand avec un petit. Avant j'étais "une petite" que l'on faisait grimper dans les arbres ou sur les toits... là, c'est moi qui traîne ma toute jeune co-équipière dans un fond de jardin, on s'allonge pour se camoufler dans la nuit noire. Je n'ai plus mes presque trois décennies, j'ai 10 ans, laissez moi rêver que j'ai 10 ans. Pas plus en tout cas. J'ai de bons restes... car nous ne sommes pas trouvées une seule fois. On se fait quelques frayeurs au milieu des champs dans le noir. On pouffe quand on entend au loin les "découvreurs" qui passent sans nous voir. Pendant les 4 jours on continuera nos caches-caches nocturnes pour la plus grande joie de tous, et de moi en particulier ! Parce que sans aucun doute j'ai gardé mon âme d'enfant intacte. (Et je ne vous raconte même pas la chasse au trésor géante...)

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Mais ce n'est pas le tout de jouer... place au sport ! Et pour commencer, 30 kilomètres de vélo en montagne (juste histoire d'ouvrir la route au Tour qui passera à quelques kilomètres de là deux jours plus tard). Je fais une pointe à 40km/h en descente, moi qui déteste la vitesse je suis servie... les montées passent finalement toutes seules après presque 6 mois à ne plus avoir le temps de nager. L'an dernier j'avais pris l'habitude de faire mon 'petit' tour tous les 4/5 jours, je sens que cette année je vais mettre la barre un peu plus haut. Ne serait-ce que pour le plaisir de mettre les pieds à terre avec les cuisses en béton et l'impression de ne plus toucher le sol. Joie de sentir mon corps de tous mes muscles.

cascade_bas.jpgRando le lendemain. Ma préférée de ces dernières années... Le bonheur intégral est de penser à la baignade qui nous attend sur le chemin. L'eau est bien en-dessous de 15°, mais dans l'une des cascades, par un mystère inconnu, on y entre sans aucun souci, et on peut passer de longues minutes à jouer sous la cascade à essayer de lutter contre la force infinie du courant. Moment de joie et de plénitude absolu. Le soleil est au zénith. Les orchidées pullulent de tous les côtés. Il fait chaud. Les vipères se font dorer au soleil (moins fun ça)... la pluie qui est tombée quelques jours plus tôt a fait sortir quelques girolles. Par contre les framboises ne sont pas encore mûres... il faudra que je revienne dans l'été (hein Floh ?!) !

Soirée sous les lampions et les bougies. C'est beau. Si beau. Si bon. Il fait doux... Les enfants s'impatientent et ne comprennent pas que je traîne. Ils m'appellent depuis la place du village. Et notre cache-cache nocturne alors ? Pensez bien que je ne l'ai pas oublié ! J'ai quelques bonnes idées de nouvelles cachettes. On échange les équipes. On restreint l'étendue du terrain de jeu pour compliquer encore un peu plus les cachettes.

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Une pensée pour Moukmouk qui trouve que je vais
toujours dans des endroits trop chauds ! Voilà un peu de glace pour lui !

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Lendemain... nouvelle rando. Cette fois on passe à la vitesse supérieure. De la haute montagne. 1200 mètres de dénivelé ascendante. Autant dire une belle petite montée ! On part dans le brouillard et heureusement... ça permet de ne pas trop souffrir de la chaleur vue la pente. Et puis, l'apparition divine une fois que l'on arrive à plus de 2500 mètres d'altitude. Le brouillard disparaît en un clin d'œil, laissant apparaitre la montagne plus belle que jamais. La magie de la montagne. On grimpe, on grimpe. Les premiers lacs... puis la neige. De grandes plaques de neige éternelle. Le paysage se transforme, on atteint les sommets rocailleux. Il faut faire attention à là où l'on met les pieds. Puis peu à peu la vue à 360° sur toute la chaîne des Pyrénées. En contrebas on sait que la région sera restée sous les nuages toute la journée, on bronze au soleil pendant ce temps. C'est la rançon de l'effort ! Nous sommes à un peu moins de 3000 mètres d'altitude. Jolie grimpette ! La descente est paradoxalement souvent plus difficile en montagne. Les pierriers avec les cailloux instables et le décor vertigineux sous les pieds. L'accident de l'été dernier m'a laissé quelques marques. Heureusement on retrouve bientôt la neige. Place aux vraies glissades ! Sur les fesses en short de toile... ou en version ski sur chaussure de rando.
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A mi-parcours... et maintenant il faut monter sur le pic tout là-haut devant !

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Y a pas à dire... la montagne ça vous gagne... un peu trop même !! En tout cas, c'est clairement ma drogue dure !

(Toutes les photos sont clickables pour les voir en un peu plus grandes !)

jeudi, 8 juillet 2010

E la nave va

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Le plus difficile n'est pas de s'arrêter d'écrire... mais de reprendre. Et là... mine de rien cela fait presque deux semaines que j'ai lâché le clavier du blog, sans (re)trouver la moindre inspiration pour m'y remettre. Pas la tête à ça surtout...

Je n'ai pas été totalement inactive ici... puisque j'ai fait la grosse mise à jour Dotclear pour passer en 2.2... Gilsoub m'avait un peu fait flipper en racontant sa mise à jour les galères qu'il avait eues... et grâce à ses quelques mises en garde, j'ai fait la mienne en moins de 5 minutes montre en main (prévenue que j'étais que les plugins allaient poser souci !). Me reste donc à passer tous les bébés blogs vers la nouvelle plateforme et nous serons tous au top de la technologie blogosphérique !

Voilà pour la partie technique qui n'intéresse sûrement pas grand monde. Pour le reste. Que dire ? Que les dernières semaines ont été assez mouvementées. Du très bon... et des moments bien moins drôles...

Dans le bon, et par la grâce de grands changements au sein de mon auto-école, j'ai commencé la conduite ! Et je carbure... Je suis déjà à plus de 6 heures en deux semaines. Je m'éclate dans les cours. J'ai jonglé avec les trois moniteurs... donc trois méthodes d'apprentissage, ce qui est parfait pour moi que la monotonie endort. Le premier m'a dit que pour une fille je m'en sortais plutôt très bien. Le deuxième a comparé le point de patinage au point G : "une fois qu'on la trouvé... on ne le lâche plus". Vu sous cet angle, effectivement, on retient mieux les cours... Et le troisième est tellement tendancieux... que je ne préfère pas raconter ici le 1/4 des insinuations de la toute petite heure de conduite que j'ai eue avec lui. Retenez une seule chose futurs conducteurs. La conduite c'est comme le sexe : il faut savoir donner de grands coups au moment où il faut... et préférer la douceur à d'autres. Le décor est donc planté...

Si j'avais imaginé rigoler autant en apprenant à conduire, je me serai lancée il y a quelques dizaines d'années ! En tout cas... j'avance à grand pas. Passer les vitesses de 1 à 5. Rétrograder. Démarrer en côte (finger in the nose). M'arrêter à un point précis. Reculer en ligne droite. Chevaucher mes mains. J'ai conduit sur le périph, en ville, en campagne. En un mois la super-nouvelle-responsable a réussi a me placer la moitié de mes heures de conduite (il faut dire que dans le genre chieuse je suis plutôt douée)... avec la précédente... je n'avais de planifiées que 2h en 3 mois. Autant dire que je suis motivée à bloc ! Et même si je sais que sous peu je vais stagner dans l'apprentissage... j'aurai déjà bien avancé !

Dans le moins drôle, il y a eu ce week end, deux jours express à la montagne. Pour essayer d'accepter l'inacceptable... Mettre des mots et des images sur ce qui semblait encore inqualifiable quand tout est arrivé pendant mes vacances en Guadeloupe... et désormais... faire face à l'éternelle absence. Il y a eu le retour toute seule dimanche. Plus seule que jamais. Plus loin encore des gens que j'aime.

Il y a eu le bonheur de m'acharner dans le jardin tout là-haut. Pour arracher les orties si envahissantes et découvrir en dessous mes boutures de l'été dernier. Tous les pieds ont pris. D'un côté les cassis et les groseilliers et au fond du jardin les framboisiers. Sous ce fatras de mauvaises herbes 4 petites groseilles avaient eu la force de grandir et murir ! Je suis loin de faire des confitures... mais l'essentiel pendant un ou deux ans est que tout cela s'enracine bien profondément dans la terre pour pouvoir rêver à des cueillettes fructueuses d'ici un ou deux étés. Il y a eu le désherbage des rocailles pour y planter quelques plantes grasses envahissantes et fleuries.

Ici, à Nantes, il y a la joie aussi de voir mes boutures de patchoulis se couvrir peu à peu de petites feuilles. D'observer les longues racines blanches se multiplier de jour en jour. Dans la foulée du jardinage, il y a eu hier une séance de webcam pour découvrir les noyaux de mangues posés dans la terre il y a à peine trois semaines en Guadeloupe et déjà transformés en une longue tige avec 6 feuilles rougeoyantes. Incroyable !

Et puis et surtout, il y a ce bonheur de profiter des fortes chaleurs depuis mon retour. Ce soleil au beau fixe. Ces températures que j'aime tant... qui permettent de mettre des jolies petites robes que je ne sors généralement que sous les tropiques... Ah en parlant de petites robes il faudra que je vous raconte une histoire de filles. Finalement, comme le disait Duras : "Ecrire c'est essayer de savoir ce que l'on écrirait si l'on écrivait"...
Peut être vais-je retrouver l'envie d'écrire... alors que je publie ce billet avec l'unique volonté de le faire disparaître avant même publication...

En photo d'illustration, la lumière céleste... le soir où...

mardi, 30 mars 2010

La cabane

Le moment le plus apprécié dans une randonnée c'est souvent la pause. L'instant où l'on enlève les chaussures de marche pour se dégourdir les orteils, face à des paysages généralement somptueux. Mais il est un autre moment béni : celui du pique-nique. Et plus particulièrement lorsque l'on met sacs à terre pour sortir les victuailles, les bouteilles, les friandises, les petites douceurs pour reprendre des forces.

Samedi, après avoir grimpouillé le long du torrent, marché à flanc de montagne avec vue sur les cimes enneigées, après avoir essayé de rattraper des pépettes super-soniques marchant bien plus vite que nous... l'heure du pique-nique avait sonné.
De tradition familiale et villageoise, en période de Pâques, nous organisons une grande randonnée pendant laquelle le plat prédestiné est une omelette géante cuite sur feu de bois... Vous savez, les œufs, les cloches tout ça... eh bien nous les œufs on les transporte vers les sommets dans nos sacs à dos avant de les manger, point de cloche ici. Mais comme vous l'avez lu et compris... ce week end les œufs prévus pour l'omelette... ils étaient gentiment restés à 150 km de là... sur la table de la cuisine. Alors d'omelette il n'y eut point ! Mais ne jetons pas la pierre à Monsieur Floh... il avait tout de même géré l'avitaillement complet du week end, les courses, les recettes, la chaîne du froid et j'en passe. Un homme pareil mesdames, ça ne court pas les rues.

Alors nous nous sommes rabattus sur un tout autre programme : une bouteille de rouge, un bloc de foie gras et plaisir suprême de la famille Karmara du jambon blanc. Ça c'est pour les petits trucs qui transcendent un pique-nique. Pour le reste, nous avions bien sûr chargé nos sacs de pain, de fromage, de gâteaux et j'en passe. Autant dire donc, qu'une fois les estomacs bien remplis, l'appel de la sieste au soleil s'est bien vite fait sentir.

Pendant qu'une certaine se remettait de ses verres de vin rouge... pendant qu'une autre peaufinait son bronzage allongée dans l'herbe... et alors que le troisième digérait le foie gras en piquant un petit somme... Tout simplement alors que la sieste battait son plein... je me suis éclipsée avec la marmaille de filles histoire de les occuper et de laisser les grands dormir ! Non pas que je ne rêve pas non plus de me prélasser... mais plutôt que le temps étant tellement court, je voulais en profiter encore et encore.

La plus grande m'a d'abord montré un passage secret pour rallier le torrent. A travers les broussailles, les fougères et les arbres couchés par la neige. J'ai aimé son côté aventurière et téméraire. Nous nous sommes raconté milles histoires et milles souvenirs que j'avais de cet endroit lorsque j'avais son âge. Les plus petites ont bien vite voulu se joindre à notre escapade... et pour occuper tout ce beau monde, j'ai lancé l'idée d'une cabane.

Chacune devait ramener des bouts de bois pour construire notre futur abri. La neige abondante pendant l'hiver aidant le sol était jonché de vieilles branches mortes ! Ouf... car les fougères, pièce maîtresse d'une vraie cabane digne de ce nom, n'étaient pas encore sorties de terre. Alors nous avons commencé à construire les "murs". Entreposant de longues branches contre un tronc un peu tordu. Quand tout cela a commencé a ressembler à un vague tipi indien, les grands sortis de leurs siestes nous ont rejointes et ont à leur tour œuvré à la jolie cabane.

La toute petite a préféré s'atteler à la décoration générale, cueillant les premières fleurs du printemps. Quelques pissenlits, des primevères sauvages, des violettes qu'elle a bien vite accroché aux morceaux de bois.

Une vraie cabane de filles toute mignonne !

Allez... à vous les filles pour d'autres récits !

Les deux premières photos ont été prises par Monsieur Floh... merci à lui pour le "prêt" des photos...

lundi, 29 mars 2010

Ca commençait mal...

- A cause de la tempête, les lignes de train sont coupées jusqu'en fin avril sur la façade ouest... il fallait donc faire deux fois le tour de la France pour rallier le point de rendez-vous...

- Il manquait des passeports pour prendre l'avion et réduire par 6 le temps de trajet

- La météo annonçait une pluie battante le vendredi et pas bien mieux le samedi et dimanche

- On avait prévu une soirée crêpes... sauf que les œufs étaient restés dans le frigo à 100km de là et qu'il n'y a pas de magasins à 20km à la ronde

- On devait faire de la luge et des batailles de boules de neige... or il ne restait pas un cm² de neige depuis plus d'une semaine

- Le vendredi midi on envisageait de se partager un thé et des crêpes dans un haut lieu... or le grand grand Yakka de Floh a failli chambouler le programme

Et pourtant, et pourtant, ce fut un week end parfait à la montagne entre blogo-copines... sans fausse-note, de ressource intense. De joie et de bonne humeur. De longues discussions (mais jamais assez longues). D'une belle randonnée, de grand soleil pendant trois jours, et de tant tant d'autres choses.

Dès que je trouve un peu d'inspiration, je vous raconte tout cela. Car depuis 3 jours je cherche par quel côté entamer le récit... et je ne trouve pas ! Alors en attendant... vous pouvez aller voir chez les blogocopines Floh (qui manie l'art du teasing à merveille) et Karmara (qui doit être entrain de nous concocter un billet comme elle en a l'art).

mardi, 16 février 2010

Encore pas pour cette fois


Week end à la neige dans ma montagne (trop) lointaine. C'était court... mais de toute façon quand on vit si loin des gens et des lieux que l'on aime, c'est ça ou rien. Alors le choix est vite fait. Des "shut" de bonheur en boîte pendant quelques heures, ça vaut tout l'or du monde.

La neige... je savais qu'elle y était. La veille, tout le monde était bloqué dans le village. La déneigeuse n'était pas passée, elle-même bloquée plus bas dans la vallée. Alors c'était ski sur la route... isolés du monde. Le rêve dans ce sens là. Sauf que bon... l'objectif n'était pas vraiment pour moi de passer un week end dans la vallée ! Mais les merveilles de la DDE aidant... et malgré les grèves des agents à l'aéroport nous bloquant à l'intérieur de l'avion... nous avons pris la route vers les sommets, espérant ne pas avoir à finir l'ascension jusqu'au village en faisant rouler les valises dans la neige. Il y a un indice pour savoir si on va réussir à monter tout en haut... c'est si on passe LE virage maudit. Celui qui ne voit jamais un rayon de soleil été comme hiver, toujours à l'ombre et dans le froid... Il y avait effectivement du verglas, de la neige, du gel... mais en s'y prenant avec méthode, c'est passé... et bien passé sans les chaînes. La route pouvait alors se refermer derrière nous et nous isoler du monde pour les 3 prochaines semaines !

Parce que rester bloqué là haut, c'est bien mon fantasme absolu depuis plus de 25 ans ! Qu'une fois au moins je sois obligée de rallonger mon séjour à cause de la neige !! Systématiquement cela arrive deux jours avant ou deux jours après. Et cette fois encore... j'ai eu beau implorer tous les grands Dieux de la météo, la neige n'est pas retombée en masse pendant le week end. Pas de quoi donc m'obliger à rester à faire de la luge avec les copains, copines et les cousins. C'est nase. Plus de 25 ans que j'attends. Qu'on attend en fait... parce que bien sûr c'est la volonté de tous d'être obligés de déclarer forfait pour le travail le lundi matin. Souvent on est bloqués PENDANT le séjour... mais JAMAIS le jour du départ.

Mais bon... ça ne nous a pas empêchés de faire les plus belles descentes de luge de la terre de l'univers. Sur les chemins, le long du torrent, sur la route menant à la maison, sur le moindre talus un peu pentu. Assis, debout, couchés sur la luge... à deux ou à trois sur les tape-cul... en chenille... en départs synchronisés... avec des atterrissages plus ou moins périlleux, plus ou moins acrobatiques... mais toujours dans des fous rire et des grands hurlements de joie. Parce qu'il n'y vraiment pas d'âge pour autant s'amuser dans la neige !

Pendant les heures de siestes des tous petits (et des plus grands fatigués), nous en avons profité pour faire de longues marches dans la montagne les pieds enfoncés dans la neige, à faire crisser nos chaussures et à débusquer les animaux en vadrouille. A respirer le grand air pur de la montagne et à discuter entre cousines de la vie. Et de retour à la maison... au coin de la cheminée, nous avons bu du thé, joué au Yams, mangé des crèpes, rigolé encore et encore...

Dimanche, il a fallu laisser tout ce beau monde en vacances pour repartir vers mon grand nord... parce qu'encore une fois... je n'ai pas été bloquée par la neige.

* La photo de la réserve de bois... est un clin d'œil tout spécial pour le chéri de Floh !

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