Trois jours de grosse tempête tropicale... des trombes d'eau si belles, si soudaines. Comme une immense douche toutes vannes ouvertes. Et des rafales de vent à décorner tous les bèf pitchés* du morne. Parce que oui, ici la pluie est belle. Parce qu’elle vient et part aussi vite qu’elle n’arrive… et qu’entre deux averses, avec un peu d’observation, on peut voir des plantes pousser à l’œil nu… (enfin… à vrai dire là au bout de trois jours j’ai commencé à râler fort fort. Certes).
Alors... quand il y a eu une petite accalmie, je me suis offert MA plage. Pas Saint-Félix, ça c'est MA plage aussi, mais de tous les jours, après le travail, entre midi et deux, pour se "rincer" une heure quand il fait chaud, pour nager, ou pour barboter, pour faire des pâtés de sable ou de longues siestes sous les catalpas, pour voir les pélicans majestueux plonger à pic…
Non MA plage c'est celle de Port Louis... après le cimetière, après la mangrove, au bout du bout du chemin. La plupart du temps déserte. Où l'eau est encore plus turquoise qu'ailleurs, les poissons encore plus colorés, le sable encore plus doux... Celle qui me retourne le coeur quand j'y pose les pieds. Une sensation de plénitude, de bonheur absolu, de joie immense. Sensations indescriptibles de bien-être. Un truc vraiment profond, vraiment bizarre. Celle où j’ai les plus beaux souvenirs de journées en famille… mais aussi de souvenirs en amoureux, la plage entière just for the two of us…

Cette journée-là n’a pas dérogé à la règle du bonheur parfait… ou pas si loin. Parce que sur la route aller… sans le vouloir, sans le prévoir, mais comme guidée par mes pas, je me suis retrouvée devant ma tout première maison en Guadeloupe d’il y a plus de 20 ans (je ferai un billet spécial là-dessus), et que vous n’imaginez peut être pas, mais cela représente tellement tellement pour moi. Parce que l’on a préféré la route des Grands Fonds à sillonner les mornes au milieu de la végétation luxuriante plutôt que la grande route. Parce que contre toute attente il y a eu un soleil au zénith pendant qu’au loin la Basse-Terre se noyait sous des litres d’eau. Parce que l’eau était si chaude, si transparente, si belle. Parce que le midi j’ai mangé une des ces fricassés de lambis avec riz pois rouge / racines, aïe bon dié… parce que le sorbet corossol du dessert, manman ! Parce que je me suis laissée aller à plusieurs ti’punch miel puis sirop de surelle (je ne conduisais pas je précise). Parce qu’après ça… alors que je flottais déjà dans une douce ivresse, je suis restée plus de 3 heures à barboter dans les 80 cm d’eau en bonne compagnie (ahmmm)… Parce qu’en quittant la plage, j’ai compris que je venais d’être demandée en tant que marraine de mes deux petits bouts que je devais vite aller récupérer à la crèche. Et puis, parce que sur la route du retour j’ai fini de libérer mes derniers petits démons…
Et... comme par hasard en ce lieu. Rien n’est anodin. Non rien.

(Vous comprenez que je sois incapable d'aller à la plage l'été en France...quand on a la chance de profiter de plages désertes aussi belles...)
* Bèf pitchés = les boeufs attachés




Les singes, les éléphants, les panthères, les hippopotames, les gorilles, les serpents... Ce sont les mêmes que nous observions il y a 15 ans, et que je vois désormais dans un très épuré et très beau reportage animalier. C'était notre quotidien, notre bonheur à nous, notre rencontre avec la forêt la plus préservée au monde. Celle qui renferme le plus d'espèces protégées. Une chance exceptionnelle et une expérience inoubliable quand on a même pas 15 ans.
J'ai déjà fait quelques billets sur cet été magique, si vous voulez en apprendre plus, allez les lire :






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