Pôle Caraïbes. L’heure du départ a sonné. Combien de fois ai-je pleuré toutes les larmes de mon corps en passant cette douane… Me retournant le visage défait pour dire au revoir à la famille, aux amis. Esquissant un vague sourire suite aux remarques réconfortantes des douaniers « mais vous reviendrez ! » ou « vous avez de trop beaux yeux pour les cacher dans les larmes ». Mais cette fois, je réussis à être forte. Pas (trop) déstabilisée par tous les autres passagers et familles qui pleurent aussi. Ou par ce petit frère qui accroche son grand frère en lui hurlant qu’il ne doit pas partir, qu’il ne doit pas l’abandonner. Je ravale mes larmes d’émotion. Forte. Forte.

J’ai profité jusqu’au bout. Comme d’habitude. Et plus encore pour rattraper les 3 jours de pluie battante à cause du passage de la première tempête tropicale de la saison (Arlene). Des hectolitres de pluie en quelques minutes. On part à deux à la plage. On se retrouve à une vingtaine de potes de potes de potes finalement. C’est chouette. Je sors de l’eau moins de deux heures avant l’avion. Juste le temps de me « déssaler » avec une rapide douche. D’attraper une glace au congel pour le moral et le trajet vers l’aéroport… J’ai glissé mon maillot et mes paréos trempés dans la valise. Zou aéroport. Enregistrement. Passage obligé et traditionnel à la librairie de l’aéroport pour m’offrir un petit livre, mon seul réconfort les jours de départ. Je recule encore et encore le passage de la douane. Et puis. Peut être viendra-t-il ? Ou pas ? Je ne sais pas de quoi j’ai envie finalement…

J’ai réservé le dernier vol du soir. Il fait nuit depuis bien longtemps. Décollage. Amertume évidemment. Boule dans le ventre de quitter l’île… Le grand virage sur les Grands Fonds. Collée au hublot je regarde chaque sillon de route éclairé, chaque découpage de côte, imaginant les mornes en dessous. Imaginant mes anciennes maisons que l’on est entrain de survoler. En quelques toutes petites minutes, les dernières lumières disparaissent. L’Atlantique nous attend.
En l'occurrence une longue nuit de sommeil pour moi. Je
m'endors immédiatement, vaguement réveillée par le repas que j'avale en 5
minutes avant de replonger dans un profond sommeil malgré les hurlements d'un
bébé à 4 sièges devant moi qui dureront toute la nuit. Je me réveille sur les
côtes françaises quand le pilote annonce que l'on est "actuellement
entrain de survoler la ville de Nantes". Effectivement en regardant par le
hublot je vois ma rue, j'ai envie de demander au pilote de "me jeter
là" histoire de gagner quelques heures de transport. Et j'aurai eu du nez
de le faire !
Alors que j'aurai mis 7h30 pour traverser l'Atlantique il me faudra 4h30 pour
rallier Orly à Paris. Et pourtant mes bagages avaient été livrés en 10 minutes.
Mais... alerte à la bombe au moment précis où j'allais monter dans le bus. Nous
sommes évacués sur une zone du parking... confinés par un cordon de sécurité.
Pour une fois il fait beau à Orly... j'ai du bon pain de St-Félix dans mon sac
que je commence à grignoter en faisant bronzette. Je suis zen et finalement
moins chamboulée que d'habitude par mon retour. Je réussis à me connecter à un
wifi pour prévenir Marloute que j'aurai sûrement du retard (le baby-sitting de
mon téléphone est fini). Le périmètre de sécurité est encore étendu... il règne
une ambiance de fin du monde incroyable en ce jour de grands départs en
vacances. Tout est si calme, si silencieux. Les gens sont zen, chuchotent. Même
les enfants ne piaillent plus. Plus un bus, plus un taxi. L'ambiance est
tellement apaisante. Tout a été mis en mode "pause". Le temps est arrêté.

Et puis au bout d'une heure et demi la "valise abandonnée" explose.
Un grand boom qui marque le retour à la vie. Le vacarme des moteurs. Comme pour
un départ de marathon, une haie de chariots s'élance vers les transports. On rigole
avec les militaires qui nous donnent le top départ. Et là... le début des
emmerdes. La désorganisation ABSOLUE du bordélique bus Air France (que je ne
prends JAMAIS à cause de ça... mais ce jour-là je suis obligée et pas la peine
de penser à un taxi… il y a bien 2h d’attente pour en attraper un). Je me fais
refouler de trois bus alors que mes bagages sont déjà dans le coffre à bagages.
Il faut tout décharger… comme à peu près 10 autres passagers. Les insultes
commencent à fuser de toute part par les voyageurs qui subissent le même sort
que moi. Là... je commence à avoir envie de chialer. Envie de repartir dans
l'autre sens, d'emmerder ce pays, la connerie des gens qui doublent, la mocheté
des bâtiments, le bruit infernal, la pollution qui monte déjà au nez.

1h30 plus tard je suis en route pour Paris... passage à Montparnasse pour poser mes 24 + 13 + 8 + 5 kilos de bagages à la consigne. La gare est surbondée... je ne peux pas acheter de billet de métro tant il y a la queue. Je décide de sortir de cet enfer et d'aller à pied à la station suivante. Un métro, deux métros, un bus. Presque 5h après être sortie de l'avion j'arrive chez Marloute les larmes aux yeux d'agacement et de dégoût d’être à Paris. Je n'ai qu'à mettre les pieds sous la table pour manger une méga salade. Je la bénis de cette petite attention qui tombe à pic. Bébé R. me fait la fête. Elle est si gracieuse, si souriante. Ses éclats de rire si communicatifs. Après un thé, on part pour une belle balade dans le nouveau quartier de Marloute. Que c’est chouette. Je suis de nouveau zen et heureuse de ce temps passé avec elle. Je récupère mon téléphone (oublié depuis 15 jours chez elle). Pas envie de l’allumer, d’écouter les messages… Je ferai ça plus tard. Plus tard.
L’heure avance, j’ai rdv avant de prendre le train pour quelques mojitos avec ma super copine des derniers mois. On retrouve notre complicité, nos délires et nos fous rires. Il faut bien ça pour digérer le retour. L’heure du dernier train arrive. En route pour 2h de TGV… Je dors la moitié du trajet. Fin des vacances. Qui marquaient en fait les vacances de Toussaint, Noël, Hiver, Pâques, et week-end des 5 derniers mois… Autant dire qu’elles ont été vitales !









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