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mercredi, 6 juillet 2011

Quand il faut rentrer...

Pôle Caraïbes. L’heure du départ a sonné. Combien de fois ai-je pleuré toutes les larmes de mon corps en passant cette douane… Me retournant le visage défait pour dire au revoir à la famille, aux amis. Esquissant un vague sourire suite aux remarques réconfortantes des douaniers « mais vous reviendrez ! » ou « vous avez de trop beaux yeux pour les cacher dans les larmes ». Mais cette fois, je réussis à être forte. Pas (trop) déstabilisée par tous les autres passagers et familles qui pleurent aussi. Ou par ce petit frère qui accroche son grand frère en lui hurlant qu’il ne doit pas partir, qu’il ne doit pas l’abandonner. Je ravale mes larmes d’émotion. Forte. Forte.

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J’ai profité jusqu’au bout. Comme d’habitude. Et plus encore pour rattraper les 3 jours de pluie battante à cause du passage de la première tempête tropicale de la saison (Arlene). Des hectolitres de pluie en quelques minutes. On part à deux à la plage. On se retrouve à une vingtaine de potes de potes de potes finalement. C’est chouette. Je sors de l’eau moins de deux heures avant l’avion. Juste le temps de me « déssaler » avec une rapide douche. D’attraper une glace au congel pour le moral et le trajet vers l’aéroport… J’ai glissé mon maillot et mes paréos trempés dans la valise. Zou aéroport. Enregistrement. Passage obligé et traditionnel à la librairie de l’aéroport pour m’offrir un petit livre, mon seul réconfort les jours de départ. Je recule encore et encore le passage de la douane. Et puis. Peut être viendra-t-il ? Ou pas ? Je ne sais pas de quoi j’ai envie finalement…

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J’ai réservé le dernier vol du soir. Il fait nuit depuis bien longtemps. Décollage. Amertume évidemment. Boule dans le ventre de quitter l’île… Le grand virage sur les Grands Fonds. Collée au hublot je regarde chaque sillon de route éclairé, chaque découpage de côte, imaginant les mornes en dessous. Imaginant mes anciennes maisons que l’on est entrain de survoler. En quelques toutes petites minutes, les dernières lumières disparaissent. L’Atlantique nous attend.

En l'occurrence une longue nuit de sommeil pour moi. Je m'endors immédiatement, vaguement réveillée par le repas que j'avale en 5 minutes avant de replonger dans un profond sommeil malgré les hurlements d'un bébé à 4 sièges devant moi qui dureront toute la nuit. Je me réveille sur les côtes françaises quand le pilote annonce que l'on est "actuellement entrain de survoler la ville de Nantes". Effectivement en regardant par le hublot je vois ma rue, j'ai envie de demander au pilote de "me jeter là" histoire de gagner quelques heures de transport. Et j'aurai eu du nez de le faire !

Alors que j'aurai mis 7h30 pour traverser l'Atlantique il me faudra 4h30 pour rallier Orly à Paris. Et pourtant mes bagages avaient été livrés en 10 minutes. Mais... alerte à la bombe au moment précis où j'allais monter dans le bus. Nous sommes évacués sur une zone du parking... confinés par un cordon de sécurité. Pour une fois il fait beau à Orly... j'ai du bon pain de St-Félix dans mon sac que je commence à grignoter en faisant bronzette. Je suis zen et finalement moins chamboulée que d'habitude par mon retour. Je réussis à me connecter à un wifi pour prévenir Marloute que j'aurai sûrement du retard (le baby-sitting de mon téléphone est fini). Le périmètre de sécurité est encore étendu... il règne une ambiance de fin du monde incroyable en ce jour de grands départs en vacances. Tout est si calme, si silencieux. Les gens sont zen, chuchotent. Même les enfants ne piaillent plus. Plus un bus, plus un taxi. L'ambiance est tellement apaisante. Tout a été mis en mode "pause". Le temps est arrêté.

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Et puis au bout d'une heure et demi la "valise abandonnée" explose. Un grand boom qui marque le retour à la vie. Le vacarme des moteurs. Comme pour un départ de marathon, une haie de chariots s'élance vers les transports. On rigole avec les militaires qui nous donnent le top départ. Et là... le début des emmerdes. La désorganisation ABSOLUE du bordélique bus Air France (que je ne prends JAMAIS à cause de ça... mais ce jour-là je suis obligée et pas la peine de penser à un taxi… il y a bien 2h d’attente pour en attraper un). Je me fais refouler de trois bus alors que mes bagages sont déjà dans le coffre à bagages. Il faut tout décharger… comme à peu près 10 autres passagers. Les insultes commencent à fuser de toute part par les voyageurs qui subissent le même sort que moi. Là... je commence à avoir envie de chialer. Envie de repartir dans l'autre sens, d'emmerder ce pays, la connerie des gens qui doublent, la mocheté des bâtiments, le bruit infernal, la pollution qui monte déjà au nez.

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1h30 plus tard je suis en route pour Paris... passage à Montparnasse pour poser mes 24 + 13 + 8 + 5 kilos de bagages à la consigne. La gare est surbondée... je ne peux pas acheter de billet de métro tant il y a la queue. Je décide de sortir de cet enfer et d'aller à pied à la station suivante. Un métro, deux métros, un bus. Presque 5h après être sortie de l'avion j'arrive chez Marloute les larmes aux yeux d'agacement et de dégoût d’être à Paris. Je n'ai qu'à mettre les pieds sous la table pour manger une méga salade. Je la bénis de cette petite attention qui tombe à pic. Bébé R. me fait la fête. Elle est si gracieuse, si souriante. Ses éclats de rire si communicatifs. Après un thé, on part pour une belle balade dans le nouveau quartier de Marloute. Que c’est chouette. Je suis de nouveau zen et heureuse de ce temps passé avec elle. Je récupère mon téléphone (oublié depuis 15 jours chez elle). Pas envie de l’allumer, d’écouter les messages… Je ferai ça plus tard. Plus tard.

L’heure avance, j’ai rdv avant de prendre le train pour quelques mojitos avec ma super copine des derniers mois. On retrouve notre complicité, nos délires et nos fous rires. Il faut bien ça pour digérer le retour. L’heure du dernier train arrive. En route pour 2h de TGV… Je dors la moitié du trajet. Fin des vacances. Qui marquaient en fait les vacances de Toussaint, Noël, Hiver, Pâques, et week-end des 5 derniers mois… Autant dire qu’elles ont été vitales !

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mardi, 5 juillet 2011

Just the perfect day...

Trois jours de grosse tempête tropicale... des trombes d'eau si belles, si soudaines. Comme une immense douche toutes vannes ouvertes. Et des rafales de vent à décorner tous les bèf pitchés* du morne. Parce que oui, ici la pluie est belle. Parce qu’elle vient et part aussi vite qu’elle n’arrive… et qu’entre deux averses, avec un peu d’observation, on peut voir des plantes pousser à l’œil nu… (enfin… à vrai dire là au bout de trois jours j’ai commencé à râler fort fort. Certes).

Alors... quand il y a eu une petite accalmie, je me suis offert MA plage. Pas Saint-Félix, ça c'est MA plage aussi, mais de tous les jours, après le travail, entre midi et deux, pour se "rincer" une heure quand il fait chaud, pour nager, ou pour barboter, pour faire des pâtés de sable ou de longues siestes sous les catalpas, pour voir les pélicans majestueux plonger à pic…

Non MA plage c'est celle de Port Louis... après le cimetière, après la mangrove, au bout du bout du chemin. La plupart du temps déserte. Où l'eau est encore plus turquoise qu'ailleurs, les poissons encore plus colorés, le sable encore plus doux... Celle qui me retourne le coeur quand j'y pose les pieds. Une sensation de plénitude, de bonheur absolu, de joie immense. Sensations indescriptibles de bien-être. Un truc vraiment profond, vraiment bizarre. Celle où j’ai les plus beaux souvenirs de journées en famille… mais aussi de souvenirs en amoureux, la plage entière just for the two of us… 


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Cette journée-là n’a pas dérogé à la règle du bonheur parfait… ou pas si loin. Parce que sur la route aller… sans le vouloir, sans le prévoir, mais comme guidée par mes pas, je me suis retrouvée devant ma tout première maison en Guadeloupe d’il y a plus de 20 ans (je ferai un billet spécial là-dessus), et que vous n’imaginez peut être pas, mais cela représente tellement tellement pour moi. Parce que l’on a préféré la route des Grands Fonds à sillonner les mornes au milieu de la végétation luxuriante plutôt que la grande route. Parce que contre toute attente il y a eu un soleil au zénith pendant qu’au loin la Basse-Terre se noyait sous des litres d’eau. Parce que l’eau était si chaude, si transparente, si belle. Parce que le midi j’ai mangé une des ces fricassés de lambis avec riz pois rouge / racines, aïe bon dié… parce que le sorbet corossol du dessert, manman ! Parce que je me suis laissée aller à plusieurs ti’punch miel puis sirop de surelle (je ne conduisais pas je précise). Parce qu’après ça… alors que je flottais déjà dans une douce ivresse,  je suis restée plus de 3 heures à barboter dans les 80 cm d’eau en bonne compagnie (ahmmm)… Parce qu’en quittant la plage, j’ai compris que je venais d’être demandée en tant que marraine de mes deux petits bouts que je devais vite aller récupérer à la crèche. Et puis, parce que sur la route du retour j’ai fini de libérer mes derniers petits démons…

Et... comme par hasard en ce lieu. Rien n’est anodin. Non rien. 

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(Vous comprenez que je sois incapable d'aller à la plage l'été en France...quand on a la chance de profiter de plages désertes aussi belles...)

* Bèf pitchés = les boeufs attachés

mercredi, 29 juin 2011

Du bleu du bleu !

Houp là ! Pas très assidue pour le coup depuis 2/3 jours. Mission failed :) 

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Mais la vie de vacances suit son cours tout tranquillement. Entre plage et plage pour ce qui est de la détente. Et entre bricolage, bricolage pour le reste de la journée. Un siège auto enfant bloqué débloqué; Un tiroir de commode cassé réparé. Un meuble qui ne tenait plus droit remonté. Deux lampes qui ne fonctionnaient plus qui éclairent comme au premier jour après avoir refait les branchements des interrupteurs. Un "brise-vue" en cours de posage dans le jardin le long du grillage. Un ordinateur qui zoomait dézoomait en permanence réparé. Un évier bouché débouché. Des tringles et des rideaux posés un peu partout aux fenêtres...

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Autant dire que je ne chôme pas quand je ne suis pas dans l'eau.

Une onde tropicale stagne depuis deux jours au-dessus de nos têtes... emmenant beaucoup de pluie et de gris et une mer quelque peu agitée comme on peut voir sur les deux dernières photos. Alors pour conjurer le sort, j'ai décidé que ce billet prendrait des teintes de bleu turquoise bien plus communes à ici !

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Les deux dernières sont offertes à Claramar qui reconnaîtrait ou pas la plage... mais qui comprendra le clin d'oeil :)

lundi, 27 juin 2011

Les yeux dans l'eau, son rêve était...

Retour d’une longue journée plage… peu ensoleillée mais ô combien agréable : rencontres sympathiques, jeux dans les vagues, bonnes grillades, blablatage avec des gens que l'on aimerait voir devenir des amis tant le courant passe à la première minute... Mais je dois me faire à l'idée que malgré tout ce qu'est ma vie, tous mes désirs, elle n'est pas ici justement ou plus ou pas encore à nouveau. Et pourtant tout hurle tellement en moi contre cette réalité. Tout le temps.

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En fin de journée en prenant quelques clichés pour alimenter ces pages je réalise que sur cette plage, il y a quelques années, j'avais vécu une si belle journée, de si beaux moments. J'ai les larmes aux yeux qui montent en souvenir de cette époque. L'une des plus belles photos de moi a été prise sur ce sable, celui-là même que je suis entrain de photographier. Mais la jeune fille tellement insouciante, tellement souriante, tellement amoureuse (tellement bien gaulée) n'est plus sur ce sable ou ailleurs. Elle a pris 10 ans et surtout l'histoire n'a pas donné raison à ce qu'elle voyait à cette époque en regardant le sable. Elle est quelqu'un d'autre et finalement c'est peut être très bien comme ça aussi.

C'est peut être ce qui m'attache tant à la Guadeloupe. Car c'est ici que sont les seuls lieux où j'ai des souvenirs tout au long de chaque dizaine de ma vie.

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Sur le trajet retour le ciel s'embrasse en quelques secondes. Un peu comme si les flammes des champs de cannes en feu (c'est le début de la récolte en ce moment) montaient jusqu'au ciel ! On s'arrête à une petite dame des sorbets coco. Rien n'est aussi bon après une journée de baignade. On chante Kassav' dans la voiture en mettant le son bien fort.

Pas d’eau en arrivant à la maison... la coupure dure depuis 11h le matin, bien pratique quand on revient complétement salé et que l’on rêve de se décrasser ! C'est aussi ça les charmes d'ici (hier c'était l'électricité une partie de la nuit). Un filet d'eau revient en fin de soirée juste au moment où j'allais me mettre en maillot dans le jardin sous un gros grain pour me rincer.

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jeudi, 24 juin 2010

A l'ombre des palmiers

S'il est une chose qui me console d'avoir perdu mon 180°

Bon, certes je suis rentrée de sous les tropiques... certes il manque encore quelques degrés pour que je sois pleinement "bien dans mon corps" (comprenez à partir de 30°)... mais au moins, je vous ai ramené le soleil dans mes bagages (grosse tempête en Gwada depuis mon départ... donc je vous assure, le soleil dont vous profitez depuis 3 jours, c'est grâce à moi ! Oui... je suis comme ça... j'ai eu pitié de vous ! Et oui... j'ai ce pouvoir de prendre le soleil en otage huhu. Oui je suis une fille exceptionnelle au cas où certains en douteraient encore !).

Certes, en changeant de bureau j'ai perdu pas mal de soleil... il faut dire qu'il me tapait dessus 5 heures par jour par nos baies vitrées à 180° depuis 3 ans... Désormais, je n'ai plus qu'une heure de bonheur suprême par jour.

Mais alors, vers 13h... quand le soleil s'installe pile au-dessus de ma tête... eh bien, je suis tout de suite replongée dans les vacances. J'ai installé des palmiers sur mon plan de travail, et donc forcémment c'est ambiance plage pendant une heure. Ombres des palmes sur mes bras, sur l'ordi, sur moi... Le pied total. La solution idéale en rentrant de vacances pour rester un tout petit peu dans l'ambiance tropicale... et dans l'esprit farniente...

Et sinon, vous voyez là à droite de mon bras... mon sachet de pommes malakas qui me sert de gourmandise depuis 3 jours... Il ne m'en reste plus que 6... même qu'après je vais pleurer de ne plus en avoir... et même qu'après je vais être obligée de repartir pour en ramasser. Car les malakas c'est mon péché mignon absolutissime. Tellement rares, tellement introuvables (même en Guadeloupe dur dur de trouver des pieds-malakas et rares sont les personnes qui en vendent). Ces petits fruits sont aussi appelés pommes d'eau : un concentré de fraîcheur, de douceur, d'eau légèrement sucrée... Hmmmmm... comme je le disais en rigolant à la petite dame à qui je les ai achetées par hasard sur le bord de la route (à Ste Anne / 2€50 les 2kg, mon caviar n'est pas bien cher...), en manger est presque aussi intense que vous voyez quoi hein...

mardi, 22 juin 2010

Quelques réserves pour se consoler...

Me voilà rentrée de ce côté de l'Atlantique... autant dire pas spécialement dans la joie et la bonne humeur de reprendre le chemin du travail. Et puis je hais les retours de toute façon, qui plus est quand je rentre de Guadeloupe... en laissant sur place les amis, la chaleur, l'humidité, la mer, les poissons, le bon manger, le poisson grillé, la plage, les mornes... et j'en passe. Et puis retrouver la température d'un début de mois de mars.. glaglagla que j'ai froid !

J'ai insulté le chauffeur de taxi en arrivant à Nantes. Un gros connard qui a cumulé les impolitesses alors que je le paye (au prix fort accessoirement) pour m'amener d'un point A à un point B. Déjà qu'il ne faut vraiment pas me chercher quand je rentre, alors là je pense qu'il a compris (ou pas d'ailleurs tellement il était débile). Je regrette juste de n'avoir pas relevé sa plaque d'immatriculation pour le dénoncer au service adéquat tellement il a été odieux et infect. Et pourtant j'avais dormi tout le long du vol et du train... donc j'étais presque de plutôt bonne composition ! Sale co....ard ! Une bien belle image de la ville pour les touristes qui y débarquent.

Alors pour survivre au retour, j'ai fait le plein de bonnes choses avant de partir... Plus de 35 kilos de bagages... rien que ça (bonheur des nouvelles normes Air France huhu !! 2 bagages max... mais de 23kg chacun (avant c'était autant qu'on voulait mais pour un total de 23 ! Alors forcémment faut en profiter !) Quelques (nombreux) litres de rhum puisque j'étais plus qu'à sec (j'explose le quota autorisé mais bon... vu son prix en France...), des confitures, du miel, du piment, des sauces, des fruits en pagaille (mangues / maracudjas / pamplemousse / piments / christophines / malakas), des épices (Floh, je vais penser à toi ), pas mal de farine de manioc, des bons gâteaux, du couac aussi (de Guyane ça). Il ne m'en faudra pas moins pour supporter la reprise... et profiter encore un peu des bons produits...

Hier soir, j'ai concocté un petit punch maracudja qui est déjà entrain de macérer. Espérons que le soleil daigne chauffer un peu pour pouvoir le boire vite vite... J'ai aussi replanté des boutures de patchoulis... Hmmm !!! Quelle odeur de forêt chez moi !! Et mis à germer des piments et des graines de malakas (je doute de la réussite pour les malakas... mais sait on jamais ! Vous avez déjà tenté lecteurs antillais ?!)

Je vous épargne les plaintes sur mon manque déjà latent de là-bas... et les questionnements sur ce que je fais en France... plutôt que dans mon île de cœur... un jour viendra...

mardi, 15 juin 2010

an bo d'lan mè


Mini carte postale histoire de vous envoyer quand même un peu de chaleur et de soleil !! Il parait qu'il vous en manque sacrément, lecteurs de France. Quelle bonne raison de plus d'avoir fuit sous les tropiques !!

Programme intégral de vraies vacances. Baignades à n'en plus finir. Plage, plage, plage, plage, plage. Pêche aux oursins aussi, l'une de mes plus grandes activités sous l'eau... étant incapable de juste barboter... J'ai besoin d'aller sonder les fonds histoire de remonter quelques beaux spécimen (huhuhu).

Il fait toujours aussi chaud et désormais très beau après une première semaine un peu mitigée de gros grains plusieurs fois par jour. Ma cure de vitamines continue. Maracudja à chaque repas, mangues et bananes aussi. Sans parler des fruits à pain, tomates, bananes plantains, giraumon et j'en passe. Ah si... je ne passe pas sur la fricassée de lambis d'hier midi dans un petit restau sur ma plage favorite et fêtiche (St Félix évidemment). En parlant de ça... j'ai pris hier mon premier cours de conduite !! Oui oui oui !! A Saint-Félix ! C'était trop beau pour être vrai d'avoir commencé la conduite ici-même, à cet endroit que j'affectionne tant et qui représente tellement dans ma vie ! Il paraît que j'ai été une super bonne élève, réussissant à démarrer, passer une vitesse et accélérer sans caler. Le tout sur un chemin tout cabossé.

Bon... je crois avoir pondu là le billet le plus inintéressant depuis bien longtemps... mais tous ces moments magiques, je n'ai pas les mots et l'envie de les raconter comme souvent quand je viens ici. Juste de les vivre à fond et plus encore !

vendredi, 11 juin 2010

Bruits de la nuit

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Le soir... après la plus belle heure (retournez lire le billet pour vous plonger un peu plus encore dans l'ambiance), le soleil disparait pour laisser place à la douceur de la nuit antillaise. C'est à ce moment là que les grenouilles et les grillons commencent leur incroyable concerto, renouvelé soir après soir. Au loin les chiens se répondent de mornes en mornes. Quelques bœufs poussent leurs derniers cris avant la nuit. Des voisins s'alpaguent dans les maisons environnantes.

Certains touristes ne réussissent pas à dormir les premiers soirs. Génés parait-il par cette douce musique de fond. Nous, c'était l'inverse. Je me souviens que les premières nuits que nous passions en France, il nous manquait un petit quelque chose. Le silence assourdissant enlevait toute saveur à la nuit qui commençait. Si loin de notre doux vacarme tropical.

Alors ce soir, et car je sais que ça fera plaisir à mes quelques lecteurs proches de la Guadeloupe (Peter, Akynou et Jeanne notamment... que les autres n'hésitent pas à se manifester d'ailleurs ;) ), j'ai laissé l'ordinateur sur la terrasse deux minutes pour capter cette ambiance si particulière et si attachante d'ici. Pendant ce temps je me suis balancée dans le hamac dans la fraîcheur du soir. Fraîcheur toute relative ces jours-ci puisque la Guadeloupe connait une période de grosses chaleurs. C'était d'ailleurs le titre de France Antilles hier : "mi chalè" ! L'eau de la mer est aux alentours de 30°... celle de l'air bien au-dessus. Je ne vais pas me plaindre, je revis à ces températures là ! Et puis c'est toujours un mauvais signe pour les cyclones à venir...

Sinon évidemment tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Me voilà vraiment en vacances depuis hier seulement... puisque j'ai été obligée de bosser les deux premiers jours ici. Mais c'est un moindre mal. Cure de vitamines, comme seulement ici je peux m'en faire : maracudja, mangues, bananes, citrons verts. Matin, midi et soir. Et aussi un peu le matin et le soir. Les manguiers croulent sous les mangues. Les maracudjas ne savent plus où caser leurs graines tellement ils sont énormes, juteux et goutus. J'ai trouvé hier des petites bananes figues, celles qui ont la taille d'un gros pouce. Les seules, les vraies, les meilleures.

Je vous laisse avec les bruits de la nuit antillaise...

lundi, 7 juin 2010

In da plane - souvenirs souvenirs

Nous sommes à plus de 10 000 mètres d'altitude au plus beau milieu de l'Atlantique. Je viens de terminer l'autobiographie de celle par qui, peut être, tout a commencé. Bizarre d'imaginer qu'elle a eu sûrement une influence insoupçonnée sur l'autoroute qu'a été ma vie depuis presque 10 ans. Si j'avais su il  a de cela plus de 20 ans !

Plusieurs fois pendant les trois heures de lecture j'ai versé quelques larmes. Mon émotivité débordante et permanente à la lire se livrer. Sur ce trajet en plus...

Combien de fois l'ai-je empruntée cette route au-dessus de l'Atlantique ? Il y a 20 ans c'était avec des pochettes autour du cou. Nous étions les stars de l'avion. Les hôtesses n'avaient d'yeux que pour nous : les petits UM, enfants voyageant seuls, à qui l'on réservait souvent la bulle à l'étage de l'avion, aire de jeux géante. Vagues souvenirs d'enfance.

Puis il y a eu les années où, jeune étudiante, seule en France, je partais retrouver la famille pour quelques semaines ou quelques mois au grès de mes stages que je me débrouillais toujours de faire en Guadeloupe, meilleur moyen pour retrouver les miens et mon île de coeur.

Ensuite, il y a eu les belles années de voyages en amoureux. Quelques jolis souvenirs. Puis le voyage où je savais que pour une dernière fois j'y allais "chez moi", dans ma chambre, m'occuper de mon jardin, de mes orchidées... je savais qu'après ce dernier voyage, ensuite je n'aurai plus de légitimité autre que "vulgaire touriste" à y retourner, n'y ayant plus de maison.

Et puis il y a eu les deux derniers séjours, où je suis venue chez Copinette, plus chez moi, avec cette sourde douleur de n'y avoir plus de lieu d'ancrage...

Et comme souvent, le temps fait bien les choses et permet de digérer certaines douleurs. Alors, lundi dernier ça m'a pris sur un coup de tête après les multiples coups de gueule au bureau et les engeulades. Et même si je m'étais promis de ne pas revenir avant d'avoir mon permis, j'ai sauté dans un avion... et me voilà de "l'autre côté", pour des vacances plus qu'amplement méritées. Les premières depuis le mois d'août et tous ces mois sans week end.

A Orly, dans la salle d'embarquement, j'ai quand même eu une grosse boule dans la gorge et quelques larmes de tristesse (décidément quelle chialeuse je fais !) Vague nostalgie de toutes ces fois précédentes. Une à un elles venaient se percuter dans mon esprit en attendant sagement de monter dans l'avion (pour ça que j'arrive toujours au dernier instant ;) ). Et puis à mes pieds j'ai trouvé un billet de 10 €. Ça m'a fait rire et sourire, repensant à une anecdote de la veille. Alors je me suis envolée le coeur léger, un sourire en coin !

dimanche, 7 mars 2010

Il m'a quitée

Je l'appelais "mon mec". Depuis 6 ans nous partagions le même appartement, les mêmes repas, les longues soirées d'hiver... Il avait déménagé avec moi vers notre nouveau logis il y a deux ans. Je ne vous en avais parlé qu'une seule fois ici... ou deux. Préférant la discrétion sur ce sujet.

Nous filions une histoire sans faille... il supportait mes absences très longues... Il faut dire que j'étais beaucoup plus attachée à lui que lui à moi. C'est l'incohérence des relations.

Jamais nous n'avions eu de conflit. Ni ouverts ni fermés.

Hier soir... comme 2 ou 3 soirs par semaine, au moment d'entrer en action il a montré des signes de faiblesse. Il est devenu tout chaud... mais rien derrière. Je n'ai pas compris tout de suite. Il devait sûrement lui manquer quelque chose. On a remis le couvert. Mais toujours rien, juste des signes de surchauffe. Je l'ai réconforté... un peu de sel ne fait jamais de mal dans une relation pareille... Toujours rien. Il a fallu se résoudre et accepter. Sans d'autres mots... il m'a quittée.

C'était mon lave-vaisselle. Il avait à peine 6 ans... et bordel... je sais pas comment je vais survivre sans lui.

Parce que s'il est bien quelque chose que j'exècre par dessus-tout dans le ménage, c'est bien de faire la vaisselle. Le réparer me reviendra très certainement plus cher que d'en racheter un neuf. A première vue il s'agit de la résistance, puisqu'il tourne sans problème (j'ai même pas fait comme dans les pubs)... juste qu'il ne chauffe plus. Pourtant 6 ans à raison de moins de 2 machines par semaine et avec bien 2 ans et demi d'absence, ça ne fait vraiment pas beaucoup.

J'enrage. Si vous saviez. Et c'est idiot, mais j'ai eu un bourdon pas possible quand il a fallu me contraindre à accepter que notre vie était terminée à tous les deux. Je ne vais même pas essayer un break... c'est de l'illusion de vieux couples ça.

Je crois que le prochain en plus de faire la vaisselle il fera aussi les câlins puisque c'est comme ça.

Fais chier.

Et j'apprends par le mail d'un lecteur fidèle d'ici... que "ma case"  en Guadeloupe a été détruite.
Pour le coup, j'en aurai presque pleuré.

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