Week end à la neige dans ma montagne (trop) lointaine. C'était court... mais de toute façon quand on vit si loin des gens et des lieux que l'on aime, c'est ça ou rien. Alors le choix est vite fait. Des "shut" de bonheur en boîte pendant quelques heures, ça vaut tout l'or du monde.

La neige... je savais qu'elle y était. La veille, tout le monde était bloqué dans le village. La déneigeuse n'était pas passée, elle-même bloquée plus bas dans la vallée. Alors c'était ski sur la route... isolés du monde. Le rêve dans ce sens là. Sauf que bon... l'objectif n'était pas vraiment pour moi de passer un week end dans la vallée ! Mais les merveilles de la DDE aidant... et malgré les grèves des agents à l'aéroport nous bloquant à l'intérieur de l'avion... nous avons pris la route vers les sommets, espérant ne pas avoir à finir l'ascension jusqu'au village en faisant rouler les valises dans la neige. Il y a un indice pour savoir si on va réussir à monter tout en haut... c'est si on passe LE virage maudit. Celui qui ne voit jamais un rayon de soleil été comme hiver, toujours à l'ombre et dans le froid... Il y avait effectivement du verglas, de la neige, du gel... mais en s'y prenant avec méthode, c'est passé... et bien passé sans les chaînes. La route pouvait alors se refermer derrière nous et nous isoler du monde pour les 3 prochaines semaines !

Parce que rester bloqué là haut, c'est bien mon fantasme absolu depuis plus de 25 ans ! Qu'une fois au moins je sois obligée de rallonger mon séjour à cause de la neige !! Systématiquement cela arrive deux jours avant ou deux jours après. Et cette fois encore... j'ai eu beau implorer tous les grands Dieux de la météo, la neige n'est pas retombée en masse pendant le week end. Pas de quoi donc m'obliger à rester à faire de la luge avec les copains, copines et les cousins. C'est nase. Plus de 25 ans que j'attends. Qu'on attend en fait... parce que bien sûr c'est la volonté de tous d'être obligés de déclarer forfait pour le travail le lundi matin. Souvent on est bloqués PENDANT le séjour... mais JAMAIS le jour du départ.

Mais bon... ça ne nous a pas empêchés de faire les plus belles descentes de luge de la terre de l'univers. Sur les chemins, le long du torrent, sur la route menant à la maison, sur le moindre talus un peu pentu. Assis, debout, couchés sur la luge... à deux ou à trois sur les tape-cul... en chenille... en départs synchronisés... avec des atterrissages plus ou moins périlleux, plus ou moins acrobatiques... mais toujours dans des fous rire et des grands hurlements de joie. Parce qu'il n'y vraiment pas d'âge pour autant s'amuser dans la neige !

Pendant les heures de siestes des tous petits (et des plus grands fatigués), nous en avons profité pour faire de longues marches dans la montagne les pieds enfoncés dans la neige, à faire crisser nos chaussures et à débusquer les animaux en vadrouille. A respirer le grand air pur de la montagne et à discuter entre cousines de la vie. Et de retour à la maison... au coin de la cheminée, nous avons bu du thé, joué au Yams, mangé des crèpes, rigolé encore et encore...

Dimanche, il a fallu laisser tout ce beau monde en vacances pour repartir vers mon grand nord... parce qu'encore une fois... je n'ai pas été bloquée par la neige.

* La photo de la réserve de bois... est un clin d'œil tout spécial pour le chéri de Floh !