Remparts
Par Leeloolène le Samedi, 26 septembre 2009, 00:55 - Déprime passagère... - Lien permanent
Qu'il est facile de bâtir des murs. De s'enfermer et de se protéger de tout ce que l'on ne veut plus vivre. Qu'il est facile de se murer dans une réalité bien à soi. Un idéal très confortable qui ne demande aucune confrontation avec certaines souffrances.
Je viens de faire le ménage de fond en comble chez moi. J'étais partie pour un rapide coup d'aspirateur. Finalement, j'ai lessivé les murs, les portes, les poignées de porte. J'ai javellisé tout ce qui pouvait l'être. J'ai passé de la cire sur les parquets. J'ai aspiré, rangé, plié, repassé. Certes l'appartement en avait besoin... de là à récurer chaque recoin... Mais je crois que j'avais surtout besoin de m'investir dans une tâche sans intérêt pour laisser divaguer mon esprit après une journée assez éprouvante.
Ce soir les étudiants ont réinvesti la ville. La rue est bordélique de gens qui hurlent, de casseroles qu'ils se lancent, de chants débiles de soirées d'intégration. Ils se jettent de la farine, des œufs. Il est tout juste minuit et ils sont déjà ivres morts. J'en entends beugler au loin. Je ne crois pas avoir encore passé le stade de la vieille grincheuse aigrie (encore que... peut être)... mais ce soir je n'ai aucune patience en la matière.
D'autant que la nouvelle serveuse du bar d'en bas commence son rituel. Tous les soirs depuis 3 semaines au moment de la fermeture après minuit... pendant 20 minutes, elle tire les tables en fer sur les pavés au lieu de les soulever. A intervalles réguliers toutes les minutes. Un fracas au moment de sombrer dans le sommeil. De plus en plus angoissant. J'ai décidé d'aller glisser un mot dans la boîte aux lettres pour leur demander de les soulever histoire d'éviter de réveiller tout le quartier. Car de soir en soir je suis moins tolérante sur cette nuisance. D'autant qu'environ 20 minutes plus tard c'est le lourd rideau de fer que le patron descend comme un fou furieux.
J'ai bâti un rempart. Contre tellement de choses. Julio l'autre jour me trouvait fantastique de me débrouiller dans autant de domaines. Tellement vastes. Ah ça oui. Je n'ai besoin de personne. Jamais. C'est ma plus grande fierté. Mon fer de lance. Et quand je ne sais pas, j'apprends dans la minute. Pour rajouter une corde de plus à mon arc. Qui ressemble bien plus à un couteau suisse qu'un simple canif. Mais surtout ne dépendre de personne. Tellement plus facile, plus confortable. Mon artillerie de défense dépasse toutes les armées du monde. Mais un jour il faut bien accepter de partir à la guerre.

Commentaires
Moi je ne croie pas au mur pour se protéger, même pas a ton mur pacifique qui consiste à tout apprendre pour ne pas dépendre des autres. Derrière le mur de la vertu se cache l’enfer !
Pour faire tomber le mur facile, accepter le regard de l’autre comme tu fait sur ton blog. Nous ont sais que ce n’est qu’une petite fenêtre que l’essentiel tu le garde pour toi comme un jardin secret.
Sais bien un jardin mais il faudra bien que tu le partage un jour, et ci quelqu’un te le saccage, tu le reconstruiras encore plus beau, facile tes une championne !
Pour moi la vie est le mouvement, l’intellect peut cherchez à comprendre la grâce du mouvement Mais il ne sera jamais supérieur ! La souffrance et une injustice ne rien faire ne l’évite pas.
Je lie Akynou avec une profonde admiration elle est tellement collé a la vie, pas facile mais vrais de beauté.
On crois s'être construit des murailles à la Vauban pour protéger son cocon, un truc qui résiste à tout, et un jour, une simple pointe de flêche, bien placé, suffit à la faire voler en éclat. Comme disait Boris Vian, l'important n'est pas la taille de la bombe, mais c'est là où qu'elle tombe...
Rien à dire/à faire de plus que t'embrasser et te soutenir virtuellement (mais sincèrement!) dans ce moment difficile...
difficile, de trouver le milieu entre la totale indépendance et la soumission à l'autre pour certain peut-être ? J'en fais partie et j'ai appris à devenir égoïste mais, mais mais...Quant au "stade de la vieille grincheuse aigrie ", j'en ai été atteinte, je crois, dès mon plus jeune âge... Je te souhaite un bon week-end, repose-toi un peu aussi...
Un billet qui me parle beaucoup et qui me fera sûrement rebondir. Construire des murs et se cogner la tête dedans, je connais.
On s'assomme mais un jour, on se rend compte que ce n'est pas le mur qui est dur et immobile mais nous-mêmes, et qu'il existe des portes, alors on bouge, on entrouvre la porte, on se sauve de notre auto-enfermement. Tu la touches du bout des doigts cette petite faille où te faufiler puisque tu en parles.
Pense aux passe-murailles, aux passages secrets qui n'attendent que toi, là quelque part dans le creux des remparts. Vive l'évasion !
Les trompettes guerrières font tomber les remparts, comme à Jéricho... Alors, fonce et débarasse-toi de ton mur. Tu n'en as plus besoin.
Non, je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi


Un jour, il ne faudra pas du tout partir à la guerre: il faudra accepter que cette armure te sécurise, mais il faudra aussi la laisser avoir des failles. Laisser quelqu'un la percer, parce que ce ne sera pas pour t'achever, mais bien pour mieux te comprendre, et t'apprivoiser, un peu comme le renard du petit prince.
Cette armure, c'est une partie de toi. Mais elle doit te servir à oser la laisser tomber, parce que justement, il faut se laisser atteindre pour vivre de belles choses
Je t'embrasse très fort
(PS/ Je compatis pour le bruit, ce n'est pas être aigrie, ça, c'est demander le respect. Je n'aurais pas fait mieux, ni supporté autant je crois....J'espère qu'ils sauront entendre ta demande sincère et poliment formulée)
J'ai longtemps eu cette tentation aussi, de ne pas dépendre d'autrui, de tout savoir faire seule. Je crois que c'était aussi pendant l'élan de toute puissance de ma jeunesse.
Mais je suis revenue à des considérations plus humaines : l'authenticité, l'émotion.
J'admire les personnes qui savent montrer leurs émotions, leurs failles, qui montrent leur faiblesse.
Pour moi elles montrent leur humanité, ce qu'il y a derrière la carapace. Et c'est bien plus beau !
C'est ce que j'explore sur mon dernier billet justement, ma réflexion du moment.
Mais je crois surtout que c'est un cheminement personnel, à faire à son rythme.
PS : les commentaires à écrire en bleu turquoises sont trop pâles et petits pour mes yeux : tu ne pourrais pas changer ça ? Je ne vois pas mes erreurs de frappe, c'est pénible.
Mais quand toute la maison est propre... n'as-tu pas le gout d'y inviter des gens?
Ah ça je connais Ô combien !
Ecoute Meerkat et tous ceux qui te conseille de laisser un peu cette carapace de côté. Tu verras, cela fait un bien fou.
>> julio : Ton analogie avec le jardin est très belle... et me plait d'autant plus que je suis bien entendu une férue d'espaces verts !! Merci julio.
>> Gilsoub : Mais quand tu as une armure de féraille bien étudiée, pensée et fabriquée pendant des années... je ne sais pas bien où une flèche peut se planter ! Mais bon... Tu dis certainement vrai !
>> Mamzelle'X : Merci merci de tes bons mots
ils font beaucoup de bien évidemment !
>> saperli : Ah oui cet équilibre est bien compliqué à trouver ! En tout cas le mien je l'ai trouvé pour l'instant en choisissant la liberté totale et absolue !
Bonnnes vacances à toi !
>> meerkat : Tes commentaires sont toujours un enchantement. J'attends avec impatience ton billet-rebond au mien ! Je suis certaine qu'il m'apportera un bel éclairage sur la question
>> Oxygène : Plus besoin... je ne sais pas ! Et puis c'est tellement tellement confortable au quotidien. J'ai tellement pris mes aises dans cette belle muraille fortifiées !
>> Floh : Intéressante analyse que tu as là. C'est pas faut que c'est bien là le drame... plus jamais elle ne me quittera cette armure ! Et c'est peut être ça tout simplement qui me file le bourdon !
>> Lyjazz : C'est marrant. Parce que c'est justement peut être parce que j'ai montré des émotions jamais dévoilées vendredi que ce billet est né. Par deux fois, sur deux sujets totalement indépendants... je me suis mise à pleurer... devant deux collègues en plus. Et ça m'a pas mal chamboulée... et remise en question ! (d'où le ménage, d'où le billet !)
(tes désirs sont des ordres... dès que j'ai posté ma réponse aux commentaires je vais agrandir cette police !)
>> Moukmouk : C'est exactement ce que je me suis empressée de faire (enfin d'ailleurs le ménage initial était parce que je recevais du monde... le ménage de fond en comble s'est imposé à cause des émotions de la journée).
>> Valérie de Haute Savoie : J'aimerai en être convaincue
Mais soit vous vous êtes tous ligués pour répondre la même chose... soit c'est que vous avez raison !! Et comme je ne crois guère aux complots...
;)
>> Lyjazz : Est-ce mieux ainsi ?? ou bien je monte encore la police ??
Voyons, j'essaye.
Ce soir ça va mieux : à la lumière de ma lampe de bureau c'est plus contrasté.
Mais tout à l'heure c'était au jour, peut-être que ça aussi ça m'a perturbé.
Je verrais demain...
Suis d'accord avec Lyjazz, la police plus gros, c'est plus agréable!
Oui, au jour aussi c'est plus agréable quand c'est plus gros.
>> Lyjazz et Mam'zelle X : N'hésitez pas si il y a des endroits pas très visibles à me demander des modifs ! Ca me prend 30 sec à changer... mais ça aidera les yeux de tout le monde
Moi aussi, quand je ne vais pas bien,j'ai besoin d'agir et de faire. Et je range, et je déplace ... du vent et mes affaires, parce que cela me rappelle que j'ai un peu le contrôle de ma vie ...
Apprendre à savoir faire, c'est très bien et c'est même vital ! être indépendante, c'est chouette, c'est une question de survie souvent. Avoir des cordes à son arc, c'est un plus. Et tu as le droit, aussi de poser l'arc. De demander ou d'accepter de l'aide. C'est pas toujours facile, et souvent plus confortable de faire soi-même. MAis c' est épuisant, et cela ne laisse pas beaucoup de place à l'altérité. J'apprends, moi aussi, tout doucement, qu'au delà de la satisfaction d'apprendre à faire les choses par moi-même, il y a aussi le plaisir de voir les autres heureux de nous aider, et le plaisir de voir se construire une relation sans prétention ... et basée sur l'échange
Un jour nous décidons de faire le ménage,et de changer l'eau du bocal ... Ne gardant que les poissons qui nagent dans la même direction!... Tout le monde n'a pas le même chemin ,il faut l'accepter et faire preuve d'humilité!
>> Poufpouf : Le grand problème, c'est que justement tout faire seule, ne m'épuise absolument pas. Au contraire... ça me donne encore et encore plus de force ! De satisfaction d'être toujours plus indépendante et toujours plus débrouillarde. Mais le concept de savoir que certains peuvent être contents de nous aider, je devrais y réfléchir un peu. Merci du partage de ton expérience ! Ca permet toujours d'avancer
>> veronique : Je ne comprends pas totalement ton commentaire... mais, jeter l'eau du bocal, c'est sûr que ça pourrait me faire un peu de bien