- Je viens de m'assoir sur mes lunettes de soleil. En deux morceaux... c'est tout de suite moins simple à mettre sur le nez. Et à la fois, elles ne tenaient jamais en mode "serre-tête" et cela faisait des mois que je devais m'en racheter pour cette unique raison. Elles ne m'avaient pas coûté bien cher... trouvées en Grèce sur la plage. Mais quand même. J'avais une belle gueule avec mes Rayban. Il va falloir que je m'échappe demain en coup de vent pour en trouver de nouvelles. Depuis que je me suis brûlée les yeux à coup d'eau de javel, je ne peux sortir au soleil sans lunettes... et vues les journées estivales en ce moment, ça fait partie de l'urgent.

- La soirée commence très fort au champagne et encore au champagne... et une petite coupe encore avant d'aller manger... et une dernière pour la route, et quelques autres pour oublier. Autant je tiens plusieurs litres de rhum (ou pas loin), autant le champagne a l'art de me faire planer au bout de quelques verres. Le "petit apéro" a vite pris des allures de fiesta improvisée. Profiter en fait du calme tout relatif de cette soirée... On crée bien vite un sous-groupe de 4. Trois mères divorcées et moi. Je ne sais pas pourquoi mais en ce moment je ne côtoie que des divorcées, toutes aux histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Je ne suis pas volontairement exclusive de ce genre de compagnie... et pourtant ! Alors soit je les attire, soit je me plais en leur compagnie (ça c'est bien clair... médire sur les mecs... rien de tel). Enfin en tout cas le bon point c'est que leur maturité correspond bien plus à mon état d'esprit du moment que celle de jeunes couples dégoulinant d'amour, qui ont tendance à me saouler bien vite (encore plus vite que le champagne, c'est dire...)

- Je ne sais plus bien comment on va de la fête au restau... mais sous la nuit étoilée on continue nos histoires de filles, de mecs et de gestion de mômes quand on se retrouve seules. Qu'est ce que je suis heureuse de ne pas être encombrée de "ça"... Brutale manière d'en parler peut être, mais je suis en phase de plénitude absolue sur la question. J'ai eu ma période où devenir mère m'aurait beaucoup tenté... aujourd'hui je me réjouis de profiter de ma liberté la plus totale et absolue, de pouvoir partir en un claquement de doigts là où l'on m'envoie, là où il m'enchante d'aller. Décider qu'au lieu de 2 jours ce sera 5,10 ou 20. Pour pas grand chose je ne perdrais ce statut dont je jouis tant !

- Beaucoup plus tard dans la nuit, quand l'alcool est bien retombée... je pars au bout de la ville à pied. Un phare m'attend... mon rêve absolu de pouvoir grimper en tête de vigie. J'ai les clés pour pénétrer et grimper le grand escalier qui tourne, tourne, tourne, tourne. Là-haut, j'ai juste la place pour me tourner sur moi-même. A intervalles réguliers je me prends un grand spot dans la figure. Silence absolu. Nuit noire. La mer brille quand même des lumières de la ville. Je m'accoude devant la lentille de Fresnel, les yeux dans le vague. C'est un de ces instants magique, un bonheur intense. Je me trouve dans un film de Lioret. Je suis Mademoiselle, je suis la femme de marin de l'Equipier. Je redescends de la tour pour une sieste de 2 heures à l'hôtel... Je reviens là au petit matin après une mini-nuit qui n'en a que le nom. Je remonte dans ma vigie. Au loin une boule de feu monte sur l'horizon, grossit, grossit. La petite loupiote du phare s'arrête. Il fait jour. Le ciel rougeoie. J'ouvre la petite trappe qui mène au tour de garde. Il faut sortir à croupis en rampant. L'espace est si étroit qu'il est impossible de faire demi-tour, juste la place de se mettre debout. Un spectacle pareil, c'est du bonheur en intraveineuse. J'ai envie de hurler aux vents ma très profonde joie. J'ai le ventre plein de papillons...