Comment j'écris ?
Par Leeloolène le Lundi, 24 novembre 2008, 07:45 - Vie de blog - Lien permanent
C'est Karmara qui le demande dans son dernier billet. Quelle est la génèse d'un billet, entre l'instant où j'ouvre mon dotclear et le moment où je le publie ? Ah ! La grande et belle question !
Je dirai tout simplement que j'ai mille façons de faire... autant presque que de billets. Dans les grandes lignes :
- les billets éclairs : Ils germent dans un coin de ma tête. Souvent sur mon trajet maison/bureau en marchant dans le petit parc. Ou plus souvent encore dans les transports. En fait, quand j'ai la tête la plus libre pour imaginer des mots, agencer des idées... Je les fais naître sur écran aussitôt que je me retrouve devant mon ordi. Leur rédaction est instinctive, en quelques secondes le billet est en ligne.
- les billets instinctifs : Ceux qui répondent à un désir soudain de mettre sur papier une anecdote, un instant de ma vie. C'est par exemple l'histoire de la chasse d'eau d'hier. Ce sont aussi ceux, publiés pour me défouler d'émotions trop fortes, que j'ai besoin de canaliser par l'écrit. C'est ma manière d'exorciser mes tourments. L'écriture est mon meilleur mode d'expression... celui avec lequel je me sens le plus à l'aise !
- les billets longtemps germés : Je les échafaude dans
un petit coin de ma tête, ils prennent forme au fil des jours, des
semaines. Et quand ils me paraîssent tout à fait construits, seulement
alors, j'entame leur rédaction. Je ne suis pas une grande adepte des
brouillons et des textes modifiés, retravaillés, re-mise-en-formés. Une
ou deux lectures pour m'assurer que je ne laisse pas passer (trop) de faute d'orthographe. Une ou deux corrections de syntaxe et je publie. Le temps de rédaction pure est donc assez court. La réflexion souvent longue !
- les billets sortis de nulle part : Ce sont mes préférés. Car ils naissent au fil des mots. Sans avoir été pensés, sans savoir où mes mots vont me mener au moment où j'ouvre ma page blanche. Je ressens le besoin immédiat d'écrire. Ca tombe bien, j'ai toujours un ordinateur sous la main. Ils prennent toute leur grandeur au fil des lettres que je tape sur mon clavier. Ce sont mes billets les plus"profonds", ceux que je garderai s'il fallait supprimer tous les autres. C'est là que je prends le plus de plaisir dans l'écriture. Mes doigts se chargent de donner une porte de sortie aux idées de mon âme. Je les laisse faire tous les deux leur sauce-interne, tant ils se complètent bien !
- les billets jamais nés : Ils ne verront jamais le jour. Pourtant que j'aimerai les écrire, juste pour les digérer. Par simple auto-censure la plupart du temps je me réfrène à leur donner vie. J'aurai tant et tant à raconter sur mon travail et toute sa spécificité, sa richesse. J'aurai tant d'émotions à mettre sur papier : mes sentiments amoureux, mes peines de coeur... Mais je me sais lue par des gens que je connais "dans la vraie vie" et à qui je ne souhaite plus confier mon jardin secret. Et pour tout ce qui concerne mon travail, c'est une simple protection, pour ne pas risquer d'être "découverte" par des gens qui n'ont pas à connaître ma vie intime. Si cela devait arriver. Je cesserai dans la minute ce blog, et le fermerai sans autre forme de procès.
- les billets pour illustrer une photo : De plus en plus, je prends des photos en prévision "d'un futur billet". Je m'en sers comme support d'inspiration. Je regarde la photo, une fois, deux fois... la retaille... et zou, en route pour quelques mots autour.
Et je blogue où ?
Oh lala... Encore une vaste question ! A l'image de ma vie pour répondre court.
Dans le train souvent, dans l'avion aussi, dans les salles d'attentes des aéroports. Au bureau, entre deux dossiers, pour m'évader quelques instants et mieux replonger après quelques minutes de "loisir". Le soir, à la maison. Dans mon lit, assise par terre, allongée sur le parquet... Dans des chambres d'hôtel anonymes aux quatre coins du monde. Dans un café en attendant un train, un rendez-vous... Autant de lieux improbables... Mon ordinateur portable est mon plus fidèle compagnon. Je le trimballe tout le temps partout avec moi... Pour mon boulot, je suis connectée nuit et jour, j'ai donc toujours la possibilité en quelques secondes d'écrire un billet, sans vraiment interférer sur le cours normal de mon travail. C'est ma petite lucarne sur l'extérieur. Ma pause-clope que je ne fume pas. Ma pause-café que je ne bois pas. C'est pour cela que même en grande période de rush, je m'accorde toujours quelques secondes pour alimenter ce petit espace.
Et là tout de suite ? Ce billet, il est né comment ?
J'avais promis un billet 'voyage' pour nous sortir un peu de la grisaille ambiante (pour nous, pauvres habitants de l'Europe de l'Ouest, j'entends)... alors dès mon interview matinale terminée, j'ai plongé dans mes photos de Guadeloupe et Tahiti pour m'inspirer un peu et trouver de quoi broder. Sans succès. Pas d'inspiration. Puis, je suis tombée sur le billet de Karmara et j'ai tout de suite eu envie de lui répondre, tant je l'imaginais bien dans son lieu improbable entrain de nous "pondre" son billet. Tellement à l'image de comment j'écris la plupart du temps !
Alors, entre deux tasses de thé, et avant de ré-attaquer ma deuxième journée, la vraie celle-là... j'ai ouvert ma page blanche de dotclear. Entre-coupée par quelques urgences boulot, j'ai pianoté dans le silence du jour pas encore levé, j'ai mis un peu plus d'1h30 entre le moment où j'ai ouvert mon dotclear (à 7h45)... et le moment où je l'ai publié. En temps d'écriture... pas plus de 20. Je me presse d'ailleurs de relire, corriger, remodeler et publier avant que tout le bureau n'arrive au compte goutte !
A vous de nous faire partager votre propre façon de blogguer !

Commentaires
Ca c'est vraiment un super billet...et très très plein d'intimité, tu nous en dis plus sur toi ici que dans bien d'autres

Merci de nous le faire partager et continue encore à écrire souvent comme ça!
L'Amoureux te dirait : blogueur, c'est un métier !
Tu as beaucoup de clés pour ouvrir la porte de l'écriture... (je suis pas très douée en métaphores ;-)) C'est un sacré atout ! Mais cela peut devenir aussi une prison, avec toutes ces serrures ! (et je persiste, en plus !)
>> Floh : Oh ! Je ne pensais pas qu'il te plairait tant
C'est marrant comme je ne soupçonne pas certains 'effets' de certains billets !!
>> Anne : Oui ! Un vrai métier à part entière... et il rajouterai "c'est blogable !" non ?
>> karmara : Oh oui !! tu as tant raison. Je suis à la fois très à l'aise à l'écrit et inversement je suis totalement incapable de me mettre à de la vraie écriture... Non non tes métaphores sont très parlantes
Ouai... bah va falloir en prendre de la graine........
>> Eor : N'est ce pas hein ?!!
En te lisant, j'admire ta capacité à écrire n'importe où, n'importe quand. Sans doute est-ce aussi dû à ton métier qui t'a donner ce talent. Je t'ai pris (comme une voleuse) l'idée de ton billet.
>> Valérie de Haute Savoie : Au contraire ! C'était une question ouverte à tous que posait Karmara. Donc c'est très bien de l'avoir reprise... et je m'en vais de ce pas lire ta réponse
Trés beau billet...
C'est vrai que nous avons tous notre façon d'ecrire...
Il est 15h...l'heure d'un thé...
Je retourne vite chez moi...essayer d'exprimer tout cela...
Merci pour cette réflexion...c'est encore un peu de nous que nous glissons là...
Ce billet est la preuve de ton écriture de plus en plus assurée!!!
Jusqu'à ce que tu sois tout a fait rassurée et apaisée!
>> fillebavarde : Il est un peu moins de 9h et c'est l'heure du thé ici aussi... en fait quelle que soit l'heure, j'ai toujours du thé pas loin
Ca favorise l'écriture, et là concrètement le réchauffage du bout de nez tout glacé 
>> veronique : tu as raison !!