Cette semaine, j'ai attaqué un grand vidage de mes archives au bureau. Neuf ans dans la même boîte, forcémment on accumule pas mal de papiers et documents en tout genre. Et pourtant, mes données se divisent à 98% en fichiers numériques et donc moins de 2% de papier.
J'ai ouvert mon petit placard... et j'ai commencé à sortir mes dossiers. L'idée étant de recycler l'essentiel et de vider tout ça. J'en suis à mon 4ème déménagement de bureau... j'ai donc trié relativement régulièrement. Mais j'avais complétement oublié que j'avais gardé tous mes cahiers. Je les ai pris un à un en vue de les jeter. J'ai la bonne idée de marquer sur la couverture de chacun la date d'ouverture... et de clôture.
Et là... wawouu... quelle vague de souvenirs !! Avant de jeter... j'ai quand même feuilleté chacun, j'ai aimé retrouvé mes petits dessins dans les marges... vieux souvenirs de réunions, bon moyen pour me concentrer sur ce qui se dit.
J'ai relu des comptes rendus, retrouvé des notes, des numéros de téléphone... des petits mots. Des briefs de projets... des déroulés d'opérations... Entre les feuilles j'ai déniché des cartes, des plans, des pubs... J'ai minutieusement arraché les spirales de chacun pour ne mettre que le papier dans la corbeille à recyclage.
J'en ai jeté plus d'une dizaine... jusqu'à ce que j'attrape celui marqué 07/2001. Soit le premier. Celui débuté quand je n'étais qu'une jeune stagiaire, arrivée là pour 3 mois. Mettant pour la première fois de ma vie les pieds en Bretagne. Campant dans un premier temps sous une tente, à défaut de trouver un logement en plein mois de juillet dans la ville la plus touristique de cette région. J'avais tout juste 20 ans. J'étais amoureuse. J'avais encore tout à découvrir du monde du travail. Si j'avais imaginé à cette époque être dans la même boutique près de 10 ans après... je crois que j'aurai bien ri au nez de ce prophète.
Je lui aurai dis que non... à la rentrée de septembre j'allais continuer mes études à Paris. Faire une spécialisation en Science Politique ou en relations internationales. Pour avoir plus de légitimité à devenir grand reporter en radio. Et que de toute façon ma vie était à Paris... Que je ne faisais dans cette boite qu'un stage de fin d'étude de mon école de journalisme.
Pendant tout le temps où je triais et jetais mes cahiers, les souvenirs sont remontés par flots... Je commentais chaque note, chaque page à mes collègues "petits jeunes" de la boutique (bien plus vieux que moi certes... mais moins anciens). La nostalgie m'a envahie peu à peu. Alors j'ai skypé mon "boss" en lui disant "tu sais pas ce que je viens de retrouver ? mon premier cahier quand je suis entrée dans la boutique". Il est sorti de son bureau pour venir voir ça. Notre chemin ensemble est tellement long, tellement proche, tellement parallèle et forcémment complice. Parce que nous sommes les deux seuls qui avons tout vécu, toutes les étapes de la vie de cette boîte, les hauts, les bas. Les plus grandes émotions, les plus beaux projets, les plus grands stress... Je ne sais pas qui était le plus ému des deux. Mais une boule s'est formée, bien calée au fond de ma gorge. Et là j'ai décrété que c'était tout pour aujourd'hui, que je m'y remettrai le lendemain. L'émotion commençait à être trop forte.
Ce cahier là... même si je dois faire du vide en vue d'un proche déménagement, et aussi fétichiste que cela puisse paraître, je l'ai gardé... "On l'encadrera et on le mettra dans le musée de la boîte" ai-je fanfaronné. Mais en me retournant pour le ranger dans mon placard, je me suis mise à chialer. Parce que quand même. Neuf ans... ça laisse des traces.
Et si j'ai parcouru un sacré chemin depuis cette date là... il est un truc où je ne m'améliore pas d'années en années, c'est mon émotivité débordante !




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