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vendredi, 8 février 2013

Aux bonnes heures du jour

Passer à la FNAC. M'offrir plein de DVD et le CD d'Imany pour la chanson "Slow Down" que je fredonne depuis trois jours. Et l'écouter en boucle et en boucle en me rappelant son fabuleux concert, sa voix venue du fin fond de la terre qui prend au cœur.

En profiter pour rentrer manger chez moi. Ouvrir en grand toutes les fenêtres de la maison. De la chambre sous les étoiles jusqu'à la salle de bain. Donner un grand coup d'air frais pendant que je chante à tue-tête Slow Down, Slow Down. Il fait beau dehors... comme un petit air de printemps. J'ai un grand bouquet de mimosas dans le salon, dehors les jonquilles sont en fleur... Le soleil inonde à nouveau le salon.

Hier je suis rentrée de deux jours de vadrouille pour le boulot-plaisir-fiesta... j'ai dormi tout le long du trajet en train et dormi encore de 19h à 21h. C'est mon bio-rythme du moment. Les micro-siestes à répétition dès que je peux où je peux. Dormir direct en rentrant du boulot le soir sans manger juste DORMIR. Me réveiller 'parfois' pour manger un morceau avant d'enchaîner sur la nuit. Rentrer le midi dormir 1h. Compenser. Et récupérer petit à petit... mais avec difficulté.

Le cœur un peu en vrac. Les larmes qui sont sorties toutes seules en recevant un texto. Une occasion ratée par manque de cohésion et de dialogue sûrement. Peut être cette impossibilité chronique à vivre les choses ensemble. 

Et puis les copines qui sont là pour évacuer tout ce spleen... Me rattraper dans le froid de la nuit où je me suis réfugiée pour cacher ces larmes et cette tristesse. Cette phrase à l'oreille pour couvrir la musique forte qui me fait sourire et me remet d’aplomb. La grosse fiesta qui aide à se remettre d'attaque... La folie de tout ça. C'est bon aussi.

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(Ah et rappelez-moi maintenant que je suis un peu plus posée que ces derniers mois de ressortir mon appareil photo pour arrêter de vous recycler des images vieilles de plusieurs années ! Ce mimosa est celui du jardin de GrandeMaison photographié au mois de... janvier 2008 !!!! Plus de 5 ans donc ! 5 ANS !!)

mercredi, 6 février 2013

Slow Down

(Re)prendre pied dans la vie normale. Dormir, dormir, dormir. Et manger. Et faire des courses. Petit à petit (re)prendre le quotidien.

Et dormir encore. Pour rattraper ces journées qui n'avaient ni début ni fin. Et ces semaines sans coupure.

Éteindre les écrans, les téléphones.

Trouver le temps de se poser. De faire à manger. De faire le marché. De remplir le frigo.

Ah qu'il est bon ce temps (re)trouvé. Et même s'il va falloir gérer la (re)descente d'adrénaline. Et l'éloignement, et ces moments de grandes tempêtes sous-crânienne ! Parce que c'est bien quand on se pose qu'on a le temps de réfléchir à ce que l'on met volontairement de côté...

Mais chaque chose en son temps. Et puis (re)trouver le temps d'écrire ici !

mercredi, 28 novembre 2012

Sur la longueur

Les jours s'enchaînent... Semaine ou week end je ne fais plus vraiment la différence... Une heure de libre samedi pour faire le marché, passer à la pharmacie, m'offrir un bouquin à la librairie et trois nouveaux thés à la brûlerie. Quand on n'a pas le temps, on apprend à l'optimiser. Deux heures dimanche pour m'occuper de mon chez-moi quand même un peu... et faire une sieste pour rattraper le sommeil trop rare ces temps-ci.

Ce soir c'est la pleine lune. Et comme chaque fois que la regarde, je suis envahie par une immense envie d'être amoureuse, de partager ce spectacle... et une forme de nostalgie de toutes ces fois où je l'ai observée à travers le monde. Mon cœur balance évidemment. Et ce soir je me retiens tellement...

Je viens de monter dans la chambre sous les étoiles pour profiter du spectacle en sortant la tête par la fenêtre de toit. Le froid est arrivé et je ne reste pas longtemps la tête au-dessus de la ville. De l'intérieur, je regarde les façades d'immeuble illuminées, les décorations de Noël qui scintillent, les appartements dans lesquels, depuis mon perchoir, je peux regarder la vie des autres.

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Mon plaisir du jour, c'est ce moment où je me suis jetée dans le petit bassin de la piscine après avoir nagé mes 2km de crawl et de dos. Ma ration tous les deux jours (vitale pour échapper au travail en ce moment). La surface de l'eau était plane, personne n'avait du se mettre à l'eau depuis de longues minutes. Pas un remous, une surface lisse comme un miroir... jusqu'à ce que je me jette dedans comme une enfant. J'ai aimé agité cette grande piscine juste pour moi toute seule. Et puis je me suis offert mes 10 minutes de "méditation-évasion" sur le dos. J'ai pris habitude de faire ça après l'effort. 10 minutes pour faire le vide. Je bénis cet instant, seul moment où je réussis à décrocher du reste. Car en ce moment, même quand j'enchaîne les longueurs dans l'eau, mes pensées s'agitent. Ma gauche OU ma droite ou ma gauche ET ma droite. Résister à ma gauche, pour mieux succomber à ma droite... Ou bien... Préférer ma droite pour être certaine de ne pas faillir devant ma gauche... Et puis j'écris dans ma tête les mails que je dois rédiger. Je prépare les réunions et ce que je vais devoir dire. Je repense à des échanges... à des stratégies, je cherche des idées... Je prépare ce que je vais dire aussi.

Dire.

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mardi, 20 novembre 2012

D'un week end de novembre

Il y a ce week end pendant lequel je devais souffler après trois semaines à fond sans m'arrêter. Et finalement j'ai travaillé encore plus que les précédents... mais c'est comme ça, ça fait partie du jeu...

Il y a cette soirée filles autour d'une bouteille de champagne après un concert. Toutes les trois à refaire notre monde des dernières semaines. Et Dieu sait si elles ont été chamboulées et fortes en rebondissements. Il est tard quand je réalise qu'il serait temps de rentrer chez moi. Je décide finalement de dormir sur place. Soirée pyjamas improvisée.

Il y a ce petit dej' toutes les trois autour de pains au chocolat et d'une théière. A continuer à refaire notre monde... Très vite la conversation se porte sur mon cas. Sur mes tracas et mes peurs, mes interrogations. Je dois intégrer que tout ce que j'ai vécu ces dernières semaines n'est pas si grave. Les filles ouvrent des yeux ébahis devant mes propos où je me sens tellement coupable, tellement mal des conséquences possibles... Lâcher prise.

Il y a cette journée du samedi de ciel bas, gris, pluvieux, maussade. Mais je travaille sur du soleil et je vois les preuves et les retours de mon travail partout partout. J'allume toutes mes petites lumières, je mets de la cade à infuser, je suis vêtue de polaire de la tête aux pieds, j'ai mes grosses chaussettes en laine tricotées par Mamie, je mets à côté de moi les cactus de Noël qui ont fleuri avant l'heure un peu partout sur ma grande échelle de plantes. C'est quelque chose que j'ai appris. Fabriquer la chaleur et la douceur avant même qu'elle ne vienne à manquer.

Il y a cette soirée crêpes qui s'improvise chez moi plutôt que de bosser chacun dans nos coins respectifs... Les ordis sur une table. La crêpière sur l'autre. Les enfants qui sautent partout. Le fromage qui fond sur les crêpes. Le cidre pas assez frais. Le caramel au beurre salé. Le chocolat. La joie de l’inattendu.

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Il y a ce dimanche matin où j'ouvre les yeux persuadée qu'il est comme tous les matins depuis des jours et des jours 6h30 du matin. Et non. Il est 9h40. Oui 9h40. C'est toujours ça de pris sur les nuits trop courtes des dernières semaines.

Il y a ma voix qui revient ce matin-là, après une semaine complète d’extinction de voix. C'est drôle de me ré-entendre enfin.

Il y a le ménage que j'entame entre deux mails et trois coups de téléphone. L'aspirateur, la serpillère. Ranger mes sacs de voyage même pas ouverts depuis que je suis rentrée. Le pliage des habits. Les vitres de la chambre sous les étoiles.

Il y a mes deux ordinateurs de travail qui se font face. 1 dossier sur l'un. 2 dossiers sur l'autre. Jonglant de l'un à l'autre. Alternant les théières et faisant réchauffer des crêpes au micro-onde au fil de la journée.

Enfin il y a cette soirée poisson à la tahitienne devant un bon film, qui me console un peu de ne pas être là-bas dans le Pacifique en ce moment... Parce qu'au fond ça ferait pas de mal d'aller prendre un peu le soleil et faire le poisson auprès des miens :)

jeudi, 8 mars 2012

En petites étoiles...

*.* Je viens de faire un grand ménage de mes liens. Cela faisait tellement longtemps que ma liste ne correspondait plus à mes lectures. Vous y retrouverez mes coups de cœur des derniers mois. Essentiellement de la douceur et de belles images. Sûrement un peu à l'image de mes propres billets depuis quelques mois. Si vous voulez les découvrir à votre tour, c'est dans la colonne de droite !

*.* En première partie de soirée j'ai regardé mon émission du moment : La Grande Librairie (dont j'ai déjà parlé ici). Et je suis restée hypnotisée par l'une des invités du jour. Anne Sinclair. Sa première prise de parole télévisée depuis la fameuse affaire. Mais ce n'était pas le sujet et qu'importe ce que l'on pense de l'affaire et les conséquences qu'elle aura possiblement sur les élections à venir. Subjuguée par sa beauté, son charme et ses mots. Il est des femmes que l'on a envie d'admirer ne serait-ce que par la vie qu'elles ont eue... et ce qu'elles en ont fait ! Comme elle le disait si bien "Ce que je veux, comme je veux".

*.* Les *$^µ£% pigeons qui s'étaient installés sur mes fenêtres pendant ma longue absence de l'année dernière s'en sont pris aux toutes jeunes pousses de pivoines. Ratiboisées. Étêtées. Depuis, en parade, j'ai installé des CD voletant dans les airs un peu partout pour les effrayer... et cela semble fonctionner. Il y a intérêt... car au prochain coup je les explose à coup de mort au rat !! Et s'ils s'en prennent à mes framboisiers je sors un taser super-sonique inter-galactique.(hmmm... moi qui parlais de douceur quelques étoiles au-dessus...)

*.* Tout à l'heure j'ai commencé un potentiel nouveau long chemin dans ma carrière professionnelle. Je me suis retrouvée dans une grande salle avec 25 personnes, de profils totalement opposés et non complémentaires. Cela fait toujours bizarre de se confronter à des parcours et des milieux si diamétralement éloignés. Et au moment où je doute le plus, j'ai été conforté par la magie de mon boulot, ma situation et  mon milieu sociaux-professionnel. De la chance de ma situation. J'étais de loin la plus jeune de la salle et pourtant celle avec l'un des parcours pros les plus longs.

*.* Ce soir c'est la pleine lune rousse. Au moment de la prendre en photo, la batterie était dead. Je l'ai changée. Je me suis à nouveau penchée dehors, j'ai commencé à avoir froid. Alors je tremblottais... et qui dit pause longue et mains qui bougent dit photos floues. Alors je me suis dit que les pleines lunes au-dessus de mon lit seront tout aussi visuelles pour le billet du soir ! Nighty night todos !

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vendredi, 10 février 2012

Parfois...

... il vaut mieux savoir parler anglais, même en France ! Parce que je ne sais pas vous... mais moi, "salle hors sacs" eh bien, heureusement que j'ai la traduction pour comprendre, sinon je cogiterai encore pour savoir de quoi il s'agit !

Chaque année ce panneau me fait marrer alors tout à l'heure je l'ai pris en photo... Salle hors sacs ?! Mais que ne faut-il pas entendre (ou lire en l’occurrence).

Mais cela n'empêche pas la neige d'être absolument fabuleuse ! Alors... ce n'est pas si grave.

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dimanche, 22 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. SEPTEMBRE.

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Septembre. Mon mois.

Le 1er, je fête mon anniversaire seule chez moi devant un gros plateau de sushis. Je mange mon gâteau d'anniversaire toute seule sur un banc. Tout est dit.

De septembre je ne retiens que les week end pendant lesquels je profite du sursaut estival pour partir loin, très loin dès le vendredi soir arrivé. C'est bien la seule motivation à la reprise du travail : fuir ma ville pour retrouver les miens à des centaines de kilomètres de là.

Avion. Voiture. Train. Profiter du bonheur d'avoir à nouveau des week end sans travailler ! J'avais oublié ce que ça faisait :)

Je retourne vers la montagne, rattraper les jours de pluie des vacances et profiter de l'été enfin là pour me faire quelques ascensions. L'une d'elles est celle de la montagne qui « veille » sur notre village. Ce pic que j'ai dans le dos depuis plus de 30 ans et qu'incroyablement je n'ai jamais grimpé... sûrement l'un des rares de la région d'ailleurs.
Nous sommes fin septembre il fait plus de 30° à 2000 mètres d'altitude. Nous marchons toute la journée avec mon meilleur compagnon de rando. Je vibre de l'intérieur à chaque pas qui me rapproche du sommet. Le chemin est pavé de milliers de colchiques. J'ai une sensation bizarre de bonheur absolu. Nous dominons toutes les vallées. La notre, celle de Petite Ville, celle de Très Grande Ville et là bas derrière l'Espagne. Nous nous endormons plus d'une heure au soleil. Rarement endroit ne m'aura autant réjoui. Tout est si beau, si merveilleux. Je suis tellement émue devant ce spectacle. Tout me rappelle mes plateaux africains, la savane des Plateaux Batékés où nous partions tous les week end. J'ai les larmes aux yeux devant telle beauté. Il ne peut pas y avoir deux endroits aussi opposés que l'Afrique profonde et les montagnes pyrénéennes. Et pourtant... J'imagine à cet instant le jour où je retournerai fouler ces terres de mon enfance. En serais-je capable un jour ? Pour redescendre, nous tapons tout droit à vue. Pas de chemin, juste l'instinct. Je cours les bras en l'air en criant très fort. Il fait chaud, les montagnes deviennent violettes.

Ce jour-là restera sans conteste l'un des plus beau de 2011.

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Un autre week end encore, je retrouve une amie pas vue depuis plus de 15 ans. Nous étions justement au collège ensemble au Gabon, les deux rivales en classe pour la première place, mais amies évidemment dans cette classe où nous n'étions que 4 filles. Celle avec qui j'ai mené un jour une manifestation géante au collège entraînant les 200 élèves derrière nous jusqu'au bureau du directeur pour une sombre histoire de serre-tête dans les cheveux. Ma plus belle rébellion dont on rit encore 15 ans plus tard. Le temps a passé et les épreuves de la vie avec. Je me dis que dans celle que j'ai traversée au moins je n'ai pas eu d'enfant en jeu.

Fin septembre, je fuis une fois de plus retrouver là où bat mon cœur. Une autre belle rando, vers « notre » cascade...  Un bon pique nique, une chaleur de plein mois de juillet (pas comme celui de cette année certes...). Des amis, la famille, la maison qui revit... Il ne devrait y avoir que des week-end !

A l'aéroport, avant de repartir, en regardant le ciel d'or si beau, je me fais une promesse. Il y a des rendez-vous à ne pas rater.

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samedi, 7 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. JUILLET.

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Réponse à mon très gros projet boulot… finalement les mois à venir ne seront pas consacrés à un tour de la planète par tous les continents. Je suis infiniment déçue tant j’ai cru à ce projet et tant j’espérais m’envoler pour de longs mois de goguette. J’essaye de relativiser et d’envisager l’année à venir différemment. Me stabiliser un peu, vivre plus de 6 mois d’affilée chez moi, réaménager l’espace… découvrir ma ville, apprendre à l’aimer… La stabilité me pèse… il va falloir m’y faire.

Juillet est là, l’été, la chaleur… Ma saison préférée. J'ai repris mes marques chez moi et profite de chaque instant dans mon appartement. Je reconnecte avec chaque objet, chaque plante. Il faut dire que j'y ai passé moins de 20 jours cumulés ces 7 derniers mois...

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Au bout du monde, la folie humaine éclate. Les actualités me tordent les tripes. J’angoisse à chaque réveil de savoir ce que m’apporteront les informations. Je n’allume plus la télé et ne regarde surtout pas les images. Chaque vibration de mon téléphone me glace et me laisse envisager le pire. Souvent à l’autre bout du fil j’essaye de me contenir mais j’éclate en sanglot si tôt raccroché. Certains traumatismes d’enfant refont surface et je réalise tout simplement l’impact qu’ils ont sur ma manière de vivre cette période. Mal. Très mal.

Un nouveau mélodrame éclate. Je n’ai pas envie de ça, pas à ce moment-là. Je me retrouve piégée malgré moi. Je ne veux plus me polluer par ce genre d’histoire…

Il est grand temps de m’accorder vraie coupure après cette année folle… J’ai besoin d’air, de grand air. De couper avec cette « histoire pourrie » et prendre du recul. A tout cela une seule solution, me réfugier à la montagne.

Je récupère une voiture pour quelques mois. C’est parti pour la grande transhumance estivale. J’ai un peu plus de 900 km devant moi pour mon premier grand trajet toute seule. Je mets la musique très très fort sur l’autoroute, je chante à tue-tête. Je découvre cette sensation de liberté dont tant de monde m’a parlé. Mais l’apothéose est le passage du Viaduc de Millau, le son poussé au maximum, je hurle au-dessus du vide et me dandine sur mon siège en agitant les bras. A cet instant tout précis le monde m’appartient. J’ai l’avenir entre mes mains, mes seules mains. J’exulte.

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jeudi, 5 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. JUIN.

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L’été est presque là. Les températures grimpent. Place à de nouveaux au revoir, pour plusieurs mois ceux-là et des circonstances bien moins réjouissantes. Les mois à venir seront évidemment remplis d’angoisse et de stress. De moments suspendus et d’alerte permanente. Je suis si fière et inversement si inquiète.

Un peu plus d’un mois que je suis rentrée. Je suis à bout de souffle, j’ai bouclé tout ce que j’avais à faire au bureau. Il faut dire que je n’ai pas eu de vacances depuis plus de 9 mois… et enchainé des semaines de 7 jours depuis… depuis quand… déjà ? Mon méga projet est envoyé… c’est la clé de ce qui me permettra peut être de m’envoler pour une belle année de voyages autour du monde. Il est temps de penser à moi et de partir souffler. Un coup de tête,  un appel, quelques clics, je prends un billet d’avion pour Pointe-à-Pitre pour le surlendemain.

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Les deux jours avant mon départ prennent des allures de mélodrame. Dallas et Santa Barbara à côté sont bien fades. Il est temps de faire table rase, de partir sur de nouvelles bases… qui plus est sachant – non-officiellement - ce qui se trame en coulisse. Je pars en vacances libérée et soulagée, même si je sais que les mois à venir ne seront pas simples du tout.

Je décolle vers mon île… un autre de mes refuges. Séjour mitigé. Je suis tellement épuisée que je passe mon temps à dormir. Des nuits de 12 heures, suivies de siestes de 2 ou 3 heures sur la plage le matin… les mêmes l’après midi… Je dors, je dors, je dors. Je ne suis capable de rien d’autre que de dormir (et nager, et barboter et papoter et me gaver de vitamines de fruits et profiter quand même…) Le temps est maussade pour ne rien arranger, le début de la saison cyclonique et les premières tempêtes tropicales. Mais la Guadeloupe restera toujours la Guadeloupe, si chère dans mon coeur et dans mes tripes.

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Un matin, au hasard des routes, je retombe sans le vouloir devant ma première maison en Guadeloupe. Celle qui aura le plus compté dans ma vie parmi les dizaines dans lesquelles j'ai vécu. Je m'arrête au bord de la route pour la regarder. Ici, seuls les souvenirs restent et les amitiés dans le morne. La mare a disparu. Esmeralda notre manguier couché par le cyclone Hugo est toujours là. J'ai la nostalgite aigüe. Je me revois enfant, je nous revois si heureux. La journée qui suit est à l'image de ces souvenirs qui se percutent dans ma tête. Heureuse, belle, émouvante.

Je ne sais pas et ne veux écrire sur ce soir de pleine lune qui vient clore mon séjour... mais s’il me restait encore des doutes, je sais que 2011 marque définitivement le début de l’après…

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mercredi, 28 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. MAI.

[ Je reprends la série après une trêve de Noël sans ordinateur et loin de mon téléphone. Je pensais avoir le temps et l'envie d'écrire... mais je me suis consacrée entièrement et uniquement à ma famille. Des retrouvailles et un retour tant attendus mais difficiles à gérer. La joie d'avoir pu passer Noël tous ensemble, loin de l'angoisse et de la peur des derniers mois. Je peux vous assurer qu'il n'y a pas plus beau cadeau ! Joyeux Noël à retardement donc :) et plus que jamais, que la paix règne un jour sur cette terre... ]

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Mai, le mois du retour. Cette fois plus moyen de prolonger ou de grappiller des jours. Il faut se résoudre, la mission ici est terminée et il faut prendre le chemin de la maison. L’officielle du moins… puisqu’à n’en pas douter celle de cœur est ici.

15 jours de travail à un rythme « normal » permettent d’avoir l’impression d’être en grandes vacances. Les jours qui rallongent aident à renforcer cette sensation... Le matin avant de travailler plage et surf ; le soir longues ballades dans la ville où à chaque pas on sait qu’on passe là « pour la dernière fois ». On mange dans notre petit restau « pour la dernière fois », on s’achète une salade « pour la dernière fois », on se voit « pour la dernière fois », on va à la plage « pour la dernière fois ». Tout est « dernière fois » avant le retour... On tombe peu à peu dans le caricatural... et on en rigole.

Dernières soirées de fête aussi... qui commencent systématiquement dans notre QG. Les patrons nous offrent « la dernière tournée » pour notre fidélité des derniers mois. On en pleure dans un dernier verre tellement on sait que rien ne sera plus comme avant une fois chacun reparti aux quatre coins de la planète.

Et puis un matin je réserve un billet d’avion. Contrairement aux dizaines des derniers mois celui-ci est un aller simple. Une date. Une heure. Le retour est désormais fixé. On prendra le même avion avec ma super-copine-collègue. Il faut au moins ça pour surmonter le retour.

Je commence à rassembler mes affaires, mais ne me contraint pas à les mettre dans des valises. C'est qu'on accumule des choses en 5 mois !

Arrive le dernier jour, puis la dernière soirée. D’abord un « apéro vide placard » chez moi… avant de filer à une grande réception avec les huiles du pays… puis passage obligé dans chacun de nos lieux mythiques de perdition… Une nuit à l’image des mois qui s’achèvent… et qui se termine évidemment là où tout a commencé…

Au tout petit matin, je rentre chez moi et ouvre une dernière fois la porte de l’immeuble. Il me reste 3 heures avant l’avion. J’ai 5 mois d’affaire à boucler et cette fois plus moyen de reculer. Je remplis les sacs, les valises avec tout ce qui me tombe sous la main… L’appartement est vide, il n’est déjà plus à moi. Je claque la porte. Clap de fin sur la plus belle tranche de vie de ces 5 ou 6 dernières années.

Gorge serrée dans le taxi surchargé qui nous mène à l’aéroport… éclats de rire quand il faut négocier l’enregistrement de nos dizaines de kilos d’excédent de bagage. L’avion décolle, mais ce soir je ne serai pas dans celui de retour qui me ramène habituellement.

Paris, la grisaille, Orly encore plus triste qu’habituellement, taxi, bouchons, bouchons, klaxons, TGV, en deux heures je récupère de ma nuit blanche, Nantes, taxi que j’insulte en lui disant tout le mépris que j’ai pour lui. Maison.

Il va falloir se réapproprier les lieux, il va falloir faire revivre mon petit cocon. J’ouvre mes valises et rigole toute seule. Je me revois quelques heures plus tôt entrain de fourrer mes affaires à la va-vite. Je repense déjà avec nostalgie à cette vie déglinguée des derniers mois, mes amitiés si fortes, mes amours... Ce pays où j'aurai mis bout à bout j'aurai vécu 3 ans au cours de ces 5 dernières années. Et cette mission évidemment si passionnante et si riche.

Dès le lendemain matin je reprends le chemin du bureau. Pas de transition. C’est mieux ainsi. Même si la pilule est dure à avaler et que je tire une gueule de 12 km de long en retrouvant mes collègues. Tout est si fade ici, dans cette ville. Mais je me promets de ne pas leur faire payer mon désarroi  à être de retour, je fais les efforts pour en tout cas. Et pour m’approprier enfin cette ville où je n’ai jamais vraiment eu de plaisir à vivre. j'en fait mon objectif pour l'année 2011. Aimer et vivre dans ma ville.

Et puis c’est le printemps, il fait beau, une belle réunion de famille nous réunit tous. Je reçois de belles visites chez moi. Je me réapproprie mon appart, je range mes valises, je jardine pour redonner une forme humaine à mes plantations abandonnées, je fais des projets… Les derniers mois ont été si forts et si intenses… il faut que je continue à surfer sur la même vague… 

mais l'essentiel est d'être à nouveau tous réunis, dans un pays où il fait finalement plutôt bon vivre...mai2011_002__8_.JPG

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