Si vous saviez comme ces mots correspondent à mes réflexions et introspections du moment. D'ailleurs je ne me souvenais absolument pas avoir écrit sur ce thème. Et je m'étonne en me relisant d'être l'auteur d'un texte aussi "profond".
Mais trêve de blabla car le billet est très long ! Et votre avis sur le sujet m'intéresse (pour alimenter ma réflexion du moment !)
30 janvier 2008 : L'éphémère
Quel jour prend-on conscience du temps qui passe et du côté éphémère des choses ? Qu'il faut profiter de chaque instant et de chaque situation de la vie.Qu’il faut se construire des souvenirs ?
Au fond, quel jour sait-on que demain ne sera plus jamais comme hier ?
Je me pose souvent la question... car je reste persuadée que ce n'est pas une notion innée. C'est un des premiers signes du passage à l'âge adulte selon moi. A force de réflexion, j'ai réussi à dater cette prise de conscience de manière relativement précise. C'était lors de mon retour en Guadeloupe en 99, le jour de mes 19 ans. J'ai toujours quitté des lieux. Toute ma vie a été une succession de nouvelles maisons, de nouveaux pays, de nouvelles villes, de nouvelles écoles, de nouveaux amis. Une succession de ruptures au fond. Mais jamais au cours de ces déménagements je n'avais pris conscience qu'il s'agissait d'une fin en soit. Non. Je ne réfléchissais jamais à ce que je quittais. Je ne le savais de toute façon pas, puisque j'ignorais ce que j'allais trouver ou non dans ma "nouvelle" vie. La seule chose qui m'importait été le côté "nouveau" des choses. Quelle nouvelle maison allait nous accueillir, comment allait être la nouvelle école, comment seraient mes nouveaux copains... Ce que je laissais sur place ne m'effleurait même pas l'esprit.
La question qui revenait à chaque rentrée lorsque je devais expliquer à la classe d'où je venais, pourquoi j'étais nouvelle, pourquoi je voyageais, été inexorablement "mais, ce n'est pas trop dur de toujours quitter tes amis ?". Sincèrement non. Sincèrement ça ne l'était pas (en tout cas jusqu'au Gabon, année de mes 16 ans, où j'ai vécu le retour en France comme un vrai traumatisme). Je n'étais attachée à personne. Je savais que j'allais trouver de nouveaux amis dans ma nouvelle ville... alors... "trop dur" sûrement pas, au risque de froisser ceux, qui à travers cette question s'inquiétait de la relation que j'allais peut être construire avec eux.
La Guadeloupe a été le premier et unique endroit où je suis "revenue". J'y ai vécu une partie de mon enfance. J'en suis partie quelques années. Puis j'y suis revenue par les hasards (provoqués) de la vie. Nous avons repris une nouvelle maison, non loin de l'ancienne. Nous avons retrouvé des amis, des endroits déjà connus, des habitudes que l'on a reprises... J'avais des repères. Pour la première fois de ma vie, je rencontrais une sorte de stabilité.
Et c'est le jour où je suis revenue en Guadeloupe, que j'ai su, ce qu'enfant j'avais perdu. Je prenais pour la première fois de ma vie conscience de ce que j'avais laissé à jamais derrière moi. Pour la première fois en 20 ans je repassais dans des endroits où j'avais grandi, où j'avais couru, où j'avais grimpé aux arbres. Je comprenais alors ce qu'en quittant la Guadeloupe j'avais perdu. J'avais désormais la possibilité de comparer l'avant et l'après.
Je crois que c'est ce jour là où je suis rentrée dans l'âge adulte. Car pour la première fois de ma vie je retrouvais certains repères. Je possédais des éléments de comparaison. Je revoyais la marre dans laquelle je pêchais du haut de mes 9 ans... mais qui dix ans après était asséchée. Je revoyais le manguier déraciné par le cyclone et promis à une mort certaine... mais qui dix ans après avait repris du feuillage et refaisait des mangues.
Je suis entrain de mettre noir sur blanc des notions qu'il m'est encore difficile d'analyser plus profondément. Au fil des mots j'ai l'impression de construire une réflexion... Le mot "ruptures" qui m'est naturellement venu pour qualifier mon enfance ne m'avait pourtant jamais traversé l'esprit. J'entrevois à présent une explication à toutes celles que j'ai refusées. Les vraies.
Depuis ce jour de 99... je sais qu'il faut que je garde en moi chaque instant comme un futur souvenir. Car je sais désormais que ce que l'on quitte ne sera plus jamais comme avant. Je ne le dis sans aucune nostalgie ou regret, je le dis avec ce que j'appellerai une sorte de "maturité" (pour ne pas dire "vieillesse"... à 27 ans, c'est loin d'être le cas !). Je ne pense pas vivre dans la nostalgie contrairement à ce qu'une personne a longtemps voulu me faire croire.
Je crois seulement qu’un jour on prend conscience de l’avant et de l’après. Je m’accroche peut être plus que d'autres au présent à force de l’avoir quitté.
Et tout à l’heure, à la nuit tombante, à l’angle de cette rue, sur cette petite place si mignonne, je me le suis encore dit. Profite… profite jusqu’à plus soif. Enivre toi du présent. Jouis en. Encore et encore.

La dernière fois où je me suis dit "cet instant va devenir un grand souvenir de ta vie"... Moorea - 2007


Les singes, les éléphants, les panthères, les hippopotames, les gorilles, les serpents... Ce sont les mêmes que nous observions il y a 15 ans, et que je vois désormais dans un très épuré et très beau reportage animalier. C'était notre quotidien, notre bonheur à nous, notre rencontre avec la forêt la plus préservée au monde. Celle qui renferme le plus d'espèces protégées. Une chance exceptionnelle et une expérience inoubliable quand on a même pas 15 ans.
J'ai déjà fait quelques billets sur cet été magique, si vous voulez en apprendre plus, allez les lire :




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