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mai 2012

dimanche, 27 mai 2012

Dur dur

Aéroport.  Je profite d'une "congestion de trafic" et d'être bloquée dans un avion pour prendre un peu le clavier... Unique moment de répit des deux dernières semaines. Période de grands déplacements. D’un pays vers un autre avant un autre… De vie dans les hôtels et de rush ultra intensifs.
Fin d'une semaine dans un pays où je mettais les pieds pour la première fois et dont je n’aurais vu qu'un périmètre de 800 mètres, soit le trajet hôtel / bureau / bureau / bureau / bureau / bureau / bureau / hôtel. Certes... effectué de nuit, de jour, de tout petit matin, de pleine nuit... Mais je pars avec la frustration de n'avoir pu ne serait-ce que déambuler 30 minutes dans cet endroit fabuleux. Comme trop souvent dans les pays de rêve où je suis amenée à bosser.

Dormi en 4 jours moins qu'en une nuit. Et en deux semaines moins que pendant une normale.

Période difficile… cumulant à la fois des emmerdes persos, de santé et professionnels. Au moins je fais la totale. Tout en même temps. Pas un domaine pour rattraper l’autre. Parfait...

J’ai vécu il y a quelques jours ma journée la plus catastrophique en 11 ans de carrière. Commencée  par un mail d'insulte au petit dej après 3 heures de sommeil... qui m'a fait sortir de mes gonds et hurler tout ce que je pouvais... terminée dans les cris au milieu de la nuit. Une journée d'enfer. Où j'ai du me faire raisonner par des gens proches pour ne pas prendre le premier avion vers la France. Où j'ai perdu mon sang-froid pour la première fois depuis toutes ces années. Où je me suis sentie démunie face à moi-même et à mon état.

J'ai claqué des portes. Certaines ayant eu des effets immédiats positifs. D'autres dont je garde encore l'amertume de n'avoir pu garder mon calme. D'autre dont je m'étonne des conséquences plusieurs jours plus tard. Mais parfois seule la violence des actes permet d'évacuer ce que l'esprit n'est plus capable de gérer.

Sur le plan personnel, quelques jours plus tôt j'en avais claqué une autre (de porte). Violemment. Dans un couloir d'hôtel. Réveillant sûrement au milieu de la nuit la moitié de l'étage. Mais quand la raison n'a plus lieu d'être... les actes permettent peut être de se faire entendre. Là encore. Je ne mesure pas encore les conséquences de ce geste. L'avenir me le dira... Mais si j'avais pu m'épargner cela en ce moment je ne m'en serais pas portée plus mal. Au contraire.

Pour la santé, disons que les choses ne sont pas simples du tout de ce côté-là non plus...

L'avion va décoller. Les appareils électroniques doivent être éteints. J'ai 2 heures de vol pour dormir et engranger du sommeil. Chaque minute compte dans cet ouragan infernal. Heureusement que je m'endors sur commande n'importe où n'importe quand pour grappiller de précieuses minutes de repos.

samedi, 12 mai 2012

L'avenir est au hasard *

Un de ces vendredis soir chagrin.

Les certitudes d'hier transformées en énormes doutes d'aujourd'hui.

Les signes du matin interprétés comme les trahisons du soir. Devrais-je dire déceptions pour être plus précise.

Cette attente qui met en suspens tant de choses. Une transition qui se prolonge. La certitude de l'incertitude de demain et des jours à venir.

Et puis le contre coup de ces dernières semaines physiquement éprouvantes avec ce mal mystérieux ramené d'outre Atlantique, soigné aujourd'hui mais qui a tant mis à l'épreuve mon corps pendant près d'un mois. Cette course contre la montre au bureau... des journées doubles pour combler le manque de temps avant de grosses échéances.

Cette énorme envie d'évasion loin. De tout couper. Peut être pour me recentrer sur les chamboulements des dernières semaines. Peut être une fuite bien plus simple que l'attente.

Et s'il fallait voir un signe de plus après l'ordi et le téléphone dont je vous parlais hier... j'ai passé la matinée sans électricité. Une coupure de courant générale dans tout le quartier...

Ce soir, c'est peut être là-haut, sur mes chemins secrets dans la montagne, au pied de mon arbre à lecture que j'aimerais m'allonger dans un duvet les yeux vers les étoiles, pour vider le trop plein. Pour essayer de laisser de côté ces interrogations sans fin. Dont je n'ai de toute façon aucune clé.

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* J'étais incapable de trouver un titre pour ce billet... alors j'ai décidé de m'en remettre aux mots de Brel diffusant sur mes enceintes. A l'instant précis où je cherchais à remplir la case... il prononce "L'avenir est au hasard"... un signe de plus dans cette grande marmite à signes... ces mots correspondent tellement tellement tellement à 1000% à ce vendredi chagrin...

(in Brel - Les Marquises)

jeudi, 10 mai 2012

Signes

Période bizarre. Et à la fois après le mois d'avril dingue que je viens de vivre il aurait été étonnant que les jours à suivre soient "normaux".

Période entre deux. Période d'attente. Période que je suis bien incapable de nommer. Que je vis au jour le jour sans essayer de réfléchir au lendemain.

Parallèlement à tout ça je réalise la concomitance de faits assez marrants et symboliques. Je me retrouve coup sur coup sans téléphone et sans ordinateur. Les deux objets de communication par excellence qui ne me quittent jamais.

Le premier ayant décidé de continuer sa vie seul sur une plage de l'autre côté de l'Atlantique, sous les étoiles et la douceur des alizés. Pas un seul instant je n'ai été en colère de l'avoir égaré, perdu, oublié quelque part ou fait voler une nuit de douce folie. Au contraire. Je suis plutôt heureuse de savoir que j'ai laissé là-bas tout cela. Passer quelques semaines sans moyen de communiquer. J'ai mis beaucoup de temps avant de commander une nouvelle puce... tant j'ai été soulagée et libérée de ce silence choisi. De cette libération momentanée.

Le second (l'ordi) a choisi de me quitter après 6 ans et demi de bons et loyaux services. A croire que j'ai définitivement un souci avec les 7 ans en "couple" ! Cap que je dépasse rarement il faut croire...

Me voilà donc avec un téléphone qui téléphone. Rien d'autre. Pas de photo. Pas de MMS. Libérée de toutes les applications esclavagisantes. Libérée des mails. Libérée de tout le superflus. De cette intrusion permanente d'un smartphone à chaque instant de la journée. Un téléphone qui téléphone donc... Sans envie aucune aucune de reprendre un neuf. Le côté vintage début du siècle ressorti des cartons permet en plus d'ouvrir de grandes réflexions collectives sur l'incroyable temps perdu par ces objets de malheur sur-connectés. Et je suis quasi certaine que la mode en la matière reviendra bientôt !

De l'ordinateur j'espère juste récupérer les photos du mois d'avril non sauvegardées. Et à la fois... ce serait peut être aussi un bon moyen de laisser comme seule trace de ce mois fou les seules images dans ma tête. Là encore pareil. Je me sens soulagée et libérée de ce poids. De ce lien.

Comme une immense envie de revenir aux fondamentaux. Bizarrement.

mercredi, 2 mai 2012

De l'art des confidences

Dehors la tempête gronde. Le grand arbre centenaire craque dans un brouhaha effrayant. La pluie bat à tout rompre. La mer au fond du jardin se déchaine. Et à l'intérieur, dans ce havre de paix et de richesse incroyable, nous refaisons le monde, en regardant et en écoutant les éléments en furie. Une grosse théière en fonte trône sur la table majestueuse. Nous n'avons pas vu un rayon de soleil de la journée. La mer va finir par déborder.

Dans la bibliothèque, je suis installée sous de grosses couvertures remontées jusqu'au menton, assise dans une banquette en velours. Quand ai-je commencé à ouvrir le robinet pour raconter ce mois d'avril dingue ? Avais-je le choix de toute façon d'échapper à l'interrogatoire en règle ? Est-ce l'accumulation de faits qui a permis d'évacuer tout cela ? Moi si discrète et secrète sur ma vie privée généralement. J'ai quatre paires d'yeux ébahis qui me regardent et m'interrogent au fil de mon récit. Nous nous étonnons que Chabrol ou Sautet ne soit pas là pour filmer et capturer cette scène, dans ce lieu, véritable décor de leur cinéma.

Mais quelle folie, esprit malin ou ange gardien a guidé ce mois d'avril ? Avril 2012. Un mois qui restera à jamais gravé comme l'un des mois piliers de ma vie. Où chaque journée m'a réservé rebondissement sur rebondissement. Une chaîne bien huilée commencée il y a un mois, un peu comme une blague finalement. Et que chaque journée a enrichie de nouvelles briques, de nouveaux éléments.
Est-ce également pour cela que je suis si malade depuis mon retour de ce côté de l'Atlantique ? Qu'aucune analyse n'explique pour l'instant cette perte de poids hallucinante qui atteindra bientôt les deux chiffres en 15 jours ? Sûrement. Tout interprète un peu psycho-pathologue se ferait un immense plaisir de trouver les analogies entre le corps et l'esprit. Et que j'ai moi-même bien du mal à essayer de nier.

Le lendemain, la tempête s'est un peu calmée même si le ciel reste menaçant et qu'averse sur averse nous oblige à fermer la fenêtre. Nous prenons le petit déjeuner face à l'océan. Nous nous sommes couchés au petit matin après avoir parlé toute la nuit. De nouvelles confidences. Moins unilatérales cette fois. Je me découvre une amitié nouvelle. Avec toute sa sagesse qui me permet de comprendre les dernières semaines et d'apporter certaines réponses à ce tumulte. Appréhender passé, présent et futur avec la même sérénité.

Avril 2012, autant dire que tu m'auras joué de sacrées surprises ! Merci !