jeudi, 26 avril 2012
Par Leeloolène - 5 commentaires
J'aime bien au cours d'un voyage regarder après mon retour la première et la dernière photo du séjour. Et chaque fois je me dis que ce serait une bonne idée de billet... que je n'écris finalement jamais.
Alors action.

Première photo (n°072), au tout petit matin, il fait encore nuit dehors. Après 9 heures de vol à dormir profondément nous atterrissons à plus de 2000 mètres d'altitude. Escale de 5h à l'aéroport de Mexico... Je me dis que c'est quand même idiot d'être à quelques kilomètres d'une des villes les plus mythiques au monde et de ne pas aller y faire un tour. Je suis chargée comme une mule... il faut d'abord trouver des consignes pour se débarrasser de nos fatras... quelques minutes plus tard, après avoir bien bien galéré à retirer de l'argent, c'est chose faite. Et nous voilà partis dans la nuit noire à la découverte expresse de la capitale.
Nous avons 3h30 devant nous. Où aller quand on n'a ni guide, ni aucune connaissance de la ville et de ce qu'il faut y faire (à 5h du matin... qui plus est...). Le quartier historique me semble un choix, si ce n'est peu original, du moins une valeur sûre. Nous traversons les faubourgs de cette gigapole... il y a des centaines de voitures de policiers partout, partout, partout. C'est évidemment ce qui nous interroge le plus... inversement nous ne voyons rien d'autre tant il fait noir ! Inutile donc d'imaginer se faire un tour tout de suite de la ville et des monuments historiques... je demande finalement au chauffeur de nous poser dans un endroit pour prendre un petit dej... en attendant que le jour se lève. Jus de mangue frais... guacamole et tacos. Ça me paraît un bon début de journée. L'endroit est paraît-il mythique et l'on imagine aisément le comptoir qui doit grouiller de monde aux heures de pointe... Nous sommes seuls, la ville est endormie. J'aime tant être en décalage le plus total avec la normalité d'un endroit. Dehors les premières lueurs du jour se lèvent.
On décide de partir marcher dans le quartier. On ne sait ni où l'on est ni où l'on va. C'est justement l'état de flottement dans lequel je suis depuis 48 heures, j'aime cette analogie... j'ai besoin de ça pour remettre quelques neurones en place. Le Mexico grouillant et surpeuplé est pour le coup désert... les premiers étals se mettent en place ça et là, timidement. Les petits marchands de tortillas de maïs ou de blé sortent leurs camionettes. La rue s'anime peu à peu. On vagabonde de ruelles en grandes artères. On rentre ça et là dans des fonds de cour. Mexico se réveille. La lumière rasante est fabuleuse... On erre longtemps en marchant au milieu des rues. Puis il est déjà temps de prendre un taxi pour attraper le 2ème avion.
Moment volé sur un temps mort d'attente. Je suis heureuse de ce sentiment de liberté total et de folie. Je crois que ce matin là décidera de tout le reste du séjour.

Dernière photo (n°997), avion du retour. Ma voisine ne m'a pas encore renversé sa bouteille de vin dessus... Ce sera le cas quelques minutes après cette photo. Je profite systématiquement de mes nombreuses transatlantiques pour rattraper les films ratés au cinéma. Ce soir-là je saute sur l'occasion quand je vois que The Artist est dans la très large liste de films proposés (le bonheur des playlist Air France !!).
L'apéritif vient d'être servi alors que j'avais déjà entamé ma nuit. Je me suis réveillée en sursaut ne sachant pas si l'on était déjà en vol ou encore sur le tarmac... en regardant à travers le hublot je n'ai pas de réponse... l'avion est tellement silencieux, tellement calme que je n'ai aucune idée. Je suis la spécialiste de ces endormissement pré-décollage... et rate systématiquement les envols ! Je suis déboussolée et demande à ma voisine si l'on est dans les airs ou encore au sol.
Je viens de commander un Schweppes Agrume. Le diner va bientôt être servi... Sur l'écran à côté de moi un tout autre film (Margaret Tatcher) et, même si la photo rend finalement assez mal, je rigole de la coïncidence d'une scène. Sur les deux écrans, au même instant précis un couple s'embrasse. Deux couples. Le temps d'attraper mon appareil pour saisir ce clin d’œil... Je ris intérieurement... car forcémment il n'y a pas de hasard !
mardi, 17 avril 2012
Par Leeloolène - 10 commentaires
J’ai appris que je partais de l’autre côté de l’Atlantique 4
jours avant le départ théorique. Voyage finalement anticipé de 24 heures,
lui-même annoncé deux heures avant de courir prendre un train ! Autant
dire que tout s’est donc enchaîné de manière extrêmement rapide avant mon
envol, entre les papiers d’ambassade à faire en personne à Paris, un double
aller-retour vers la capitale, la transmission rapide de certains dossiers, la
gestion logistique d’aspects personnels… le tout en trois jours. Et si cela ne
suffisait, en parallèle de cette course contre la montre « pratique »
ont coïncidé à tout cela une cascade d’événements inimaginables, un
enchaînement d’inattendus, de chamboulements dans ma vie privée.
J’ai passé ces trois jours avant mon départ sur une autre
planète. J’ai réellement vécu dans un monde parallèle avec l’impression de ne
plus être maître de quoique ce soit mais avec, à la fois, pour la première fois
de manière aussi explicite toutes les clés, tous les outils en main pour
aborder la suite.
Quand je me suis retrouvée propulsée à l’aéroport encore
prise dans cet ouragan intérieur, je me suis dit que ce voyage était
providentiel et tombait à point nommé. Pour faire le point justement. Pour fuir
certaines réflexions et les remettre à plus tard. Je me suis assise à plusieurs
reprises pour être sûre de n’avoir pas rêvé les dernières heures, de n’être pas
dans une grande illusion.
Je partais dans des conditions psychologiques vraiment
éprouvantes.
Je partais la tête et le cœur chamboulés, au bon et au mauvais
sens du terme.
Je partais avec 1000 questions et 1000 réponses à analyser.
Je partais perdue comme rarement je l’avais été.
Je partais avec en tête la fuite comme meilleure réponse à
tout cela. L’occasion de remettre à plus tard certaines décisions.
Et si je suis peu à même généralement de croire aux signes,
je suis contrainte d’avouer que tout dans ce voyage, à partir du moment où il
m’a été annoncé, a été une succession de rebondissements dingues. Comme une
trame bien huilée. Parfaitement organisée. Comme si quelqu’un avait pris les
choses en main pour moi (et c’est finalement un peu le cas), quelqu’un tout
là-haut qui se serait penché sur mon cas et l’aurait condensé en un temps très
court.
En terre Maya, il est dit que l’année 2012 est la fin d’un
grand cycle. Le début d’une nouvelle ère (et non la fin du monde comme on
l’entend trop souvent). Jamais je n’aurais imaginé que ce voyage impromptu en
ces terres aurait été si raccord avec ces prophéties. Face aux grandes pyramides,
j’ai pris toute la mesure du côté irrationnel de tout cela. Ou du moins très très
terre à terre une fois que j’ai eu compris que j’avais désormais toutes les
clés en main pour avancer sur de nouveaux chemins.
Je suis partie perdue, paumée pleine de questions... je
reviens... perdue, paumée, pleine de questions mais aussi le cœur léger… Avec
la certitude que certaines choses sont forcément écrites quelque part dans un
grand livre.
Et je vous le dis. Tout cela est bien fou !

dimanche, 15 avril 2012
Par Leeloolène - 3 commentaires
Allez... pour répondre à tous les commentaires en-dessous... quelques vues bien bien typiques d'ici ! Avec des couleurs qui pétillent partout et une douceur tropicale parfaite.

jeudi, 12 avril 2012
Par Leeloolène - 10 commentaires
Le plus dur reste quand même de trouver la bonne position des bras pour pouvoir écrire... Je vous assure j'ai une vie professionnelle pas facile hein... Et c'est peu dire !

vendredi, 6 avril 2012
Par Leeloolène - 18 commentaires
Vous ne me croirez pas si je vous dis que je viens de me faire une journée de 30 heures de boulot... non stop. Pas mécontente donc de trouver un hamac qui passait par là pour me faire une sieste de 30 minutes, bercée par un petit vent entre deux cocotiers... puis une nuit de jour de quelques heures. Évidemment vitale.
Alors au réveil, sans bien savoir ni quel jour ni quelle heure il était (plus de tel et pas de montre) je suis partie flâner un peu autour de mes bureaux avant de me remettre au boulot. Quelques kilomètres de marche les pieds dans l'eau sur la plage.
C'est aussi ça le grand avantage de mon boulot de fou... pouvoir malgré tout profiter et être dans des lieux magiques.
Clic-clac rapides et quelques instantanés pour vous qui allez bientôt vous réveiller de l'autre côté de l'Atlantique.
#1 : les si belles couleurs au coucher du soleil - #2 : les camions
incroyables prêts à traverser l'Amérique du Nord au Sud - #3 : les
petits marchands de mangues juteuses et bien douces dont je fais des
orgies depuis mon arrivée - #4 : un petit vendeur de fruits à la
sauvette - #4 : coucher de soleil sur le front de mer qui m'a permis de savoir qu'on était donc le soir tout de suite après ma nuit de sommeil de jour...





mercredi, 4 avril 2012
Par Leeloolène - 16 commentaires
File d'aéroport interminable. Terminal 2E en heure de pointe pour les très longs courriers. Je suis au téléphone depuis plus d'une heure et demie avec ma meilleure amie. Celle qui l'était déjà mais pour qui j'ai désormais une reconnaissance encore plus forte.
Je profite de cette longue attente avant le passage en douane pour continuer la conversation déjà entrecoupée à plusieurs reprises par la récupération de la carte d'embarquement, puis l'enregistrement des bagages, puis une conversation avec la chef d'escale.
Sans entrer dans les détails, nous parlons "homme". A chaque pas vers les douaniers dans le long dédale des barrières je suis de plus en plus véhémente dans mes propos. Je me fais discrète en parlant tout bas et en me tournant vers le vide. Mais mon voisin immédiat dans la queue capte certains mots, certaines phrases. Je le vois sourire à plusieurs reprises, tant mes propos doivent lui être familiers ou en tout cas évocateurs de certains reproches sûrement déjà entendus de la part d'une femme. Je lui rends ses sourires à chacune de ses manifestations tant je me rends compte du comique de la situation, tant les phrases que je prononce sont difficilement écoutables par un homme sans réagir pour se défendre. Nous nous sourions, j'aime ses yeux bleus.
Passage en douane dans des postes de contrôle différents. J’oublie sa présence tant je suis concentrée sur ma valise qui risque d’être compliquée en douane. Je conclue ma conversation que je voulais impérativement avoir avant de m’envoler. J'avale un morceau avant d'embarquer tant j'ai besoin de remplir mon ventre qui n'a pas voulu manger grand chose depuis 48 heures. Et j’aimerais m’endormir pour la nuit sans passer par la case plateau repas du vol.
Je monte dans l'avion. Je suis l'une des dernières embarquées. Je m'avance vers mon siège... et telle la meilleure des scènes de comédie romantique je me retrouve face à celui avec qui j'ai échangé les nombreux regards. Nous nous sourions à nouveau. Une chape de gêne me tombe dessus. Il se lève de son siège et me lance un joyeux "eh bien comme on se retrouve ! Vous savez la conversation tout à l’heure…" Je ne sais plus où me mettre et à la fois j’exulte face à ce comique de situation et la complicité immédiate qui en a découlé.
Il propose de continuer la conversation (et par la même sûrement de défendre la gente masculine...). Je suis troublée comme rarement. Mortifiée d'avoir pu être entendue. Je balbutie à nouveau "je suis vraiment désolée par mes propos de tout à l'heure". Il sourit "ne le soyez pas, vous voulez vous asseoir ?". Je précise que "mon siège est deux rangées plus loin".
Je suis incapable de retenir un grand sourire figé, bêta et niais jusqu’au décollage de l’avion.....
[Voyage absolument pas prévu, décidé en 4 jours... mais me voilà sous les tropiques loin loin loin... ce qui est plutôt pas mal ces jours-ci...]
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