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août 2011

lundi, 29 août 2011

Du moins

Petit coup de mou.

Hier je rentrais d'un excellent week end en bord de mer où j'ai bronzé incroyablement malgré les températures un peu basses. Sur la route j'ai écouté des CD à fond, chantant à tue tête, heureuse de ces deux petits jours, derniers sursauts de l'été, un petit rab de vacances. Des moments de complicité retrouvés. Le soleil se couchait dans mes rétroviseurs. Des couleurs qui donnaient envie de s'arrêter, tant de minutes en minutes le ciel s'embrasait. Et puis je suis arrivée. J'ai cherché une place pour stationner. Et là, j'ai vu des débris sur la route. Un accident venait de se produire quelques secondes plus tôt. J'étais la première sur place ou pas loin. Pas encore de pompiers. Ni de police. Déjà des gens se ruaient sur un corps démembré sur la route. Une moto ou un scooter contre une voiture. Il faisait nuit. Il y avait des débris sur une trentaine de mètres. On m'a fait évacuer la scène rapidement m'obligeant à rouler sur des débris. Du verre. Des morceaux de je ne sais quoi. J'ai perdu tous mes moyens pendant quelques secondes. Je laissais peu de chance à la victime. Chose confirmée par les journaux ce matin.

Toute la nuit j'ai fait des rêves terribles. Où se côtoyaient tant de gens de mon quotidien. De mon entourage. Le rêve était si long, si interminable. Je me suis réveillée au petit matin. Mal. Si mal. Si perturbée. J'avais envie de parler. Mais ma solitude absolue ici m'en empêche.

Et toute la journée s'est déroulée dans le même état d'esprit. Incapable de me mettre au travail. Me torturant les neurones sur mon incapacité à bosser, sur cette fatigue si profonde de l'esprit. Sur ces névralgies intenables dès que je rentre de vacances... Certes j'ai l'habitude à chaque rentrée. Pendant deux ou trois jours à supporter des coups de poignards dans le bras, dans les cervicales. Les antalgiques deviennent mes meilleurs amis.  Je sais que c'est à cause de l'ordinateur. Je sais que mon corps se rebelle. Parce qu'il a besoin de courir, de nager, de sport, de beaucoup d'activités. Pas de rester plantée devant un ordi. Mais que faire ? Ce n'est pas un problème de position. Juste de corps qui n'a pas envie de se remettre. Encore moins que l'esprit. C'est dire si je suis mal barrée pour trouver la force de me relancer dans une longue année.

Et puis, je pense à jeudi qui arrive à grand pas. Loin de ceux que j'aime. Loin des gens qui comptent pour moi. Alors ce soir j'ai bouloté la moitié d'un paquet de mikado au chocolat noir. Parce que c'est bon pour le moral, et que j'en ai bien besoin.

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Et parce qu'il faut bien une toute petite note positive dans ce billet bien tristoune. Deux petits sourires dans la soirée. Le petit mail de Marloute si enjoué et qui par 3/4 petits mots m'a fait tant de bien sans qu'elle sache. La voix retrouvée de Kathleen Evin, sa culture, son talent, sa douceur, son humeur vagabonde... C'est au moins une des rares bonne chose de la rentrée.

jeudi, 25 août 2011

L'adolescent, ses moeurs, ses envies, son mode de vie...

> L'adolescent ne voit rien mais demande beaucoup.

Un jour, excédée de répondre dix fois par jour à des questions aux réponses tellement évidentes, j'ai craqué. Pendant le repas, à la question : "il est où le fromage râpé ?", j'ai lancé telle une boutade "dans la salle de bain !!!!!". Et que ne vois-je pas ? L'ado descendre l'escalier pour aller à la salle de bain ! Là, incrédule, j'ai capitulé, baissé les bras et décidé qu'il fallait me rendre à l'évidence : l'ado a une partie de cerveau atrophiée dès qu'il s'agit de trouver quelque chose dans n'importe quel périmètre.

> L'adolescent est ingrat.

Un soir, alors que je venais de préparer un grand plat de hachis parmentier maison (nous étions 10 à table ce soir là), avec viande maison, amoureusement cuisinée, mijotée... des pommes de terre du jardin et tout et tout. Je demande à l'un des ados de servir tout le monde (c'est l'avantage d'en avoir plein à table... on peut déléguer ce genre de tâche). Ce qu'il fait volontiers, car l'ado est serviable, les miens en tout cas... Mais quand je tends mon assiette, dernière que j'étais à être servie, celui-ci me répond "il n'y en a plus, on t'avait oubliée". Ingrat je vous le dis, mais par contre reconnaissant de mes bons petits plats...

> L'adolescent dors peu la nuit, mais beaucoup le jour.

Pas un soir en trois semaines la bande ne s'est couchée avant 4h, 5h, 6h, 8h du matin. Il faut dire, pour le coup, que je n'avais volontairement donné aucune consigne là-dessus. Estimant que l'été est aussi fait pour ça, pour faire la fête jusqu'au bout de la nuit, pour profiter. Que le lieu s'y prête, que je ne suis pas leur mère et que j'ai fait bien pire à leur âge...et puis... qu'il faut bien que je tienne ma réputation "d'adulte la plus cool qu'ils aient jamais vu" (une des phrases les plus gentilles jamais entendue depuis un paquet d'années). Ainsi, à l'heure du petit dej, l'ado commence sa nuit. L'ado croise les premiers habitants du village qui se lèvent vers 8h du matin en leur disant "bonne nuit". Cette liberté totale que je leur ai laissée était aussi là pour me réserver une demi journée seule, pour prendre mon ptit dej au soleil sans bruit, pour bricoler, pour voir les copines, pour glandouiller, pour faire à manger, étendre une machine, en lancer une deuxième, en plier une troisième, débarrasser le lave vaisselle, faire les courses... 

> L'adolescent est serviable mais quand ça lui chante.

Un jour de grosse chaleur... obligation de ravitaillement puisque l'on était une quinzaine à la maison. Je "descends" à la ville distante d'une 20aine de km pour remplir 2 chariots complets... A mon retour, j'ose demander de l'aide pour remonter 5 bouteilles de boissons alors que je viens de me taper de porter 4 sacs de courses de 15kg (ou pas loin) dans la grande montée jusqu'à la maison. Réponse désinvolte et à foutre des baffes "Oui mais là j'ai chaud tu comprends !". Ben non, justement je ne comprends pas ! "Parce que peut être que moi je n'ai pas chaud ? Pacre que peut être les 5 litres de coca et de iced-tea ils sont pour moi ? Parce que je n'ai pas bousillé une après midi de mon temps de vacances pour faire des courses, ce que je hais le plus au monde ?!" Des baffes oui.

> L'adolescent sait demander gentiment les choses et se justifier avant même la réponse.

Micro instant de panique le jour où j'ai vu débouler en plein après midi la bande au presque complet (soit bien une dizaine de gamins ce jour-là), chose qui n'arrive normalement qu'aux heures des repas. Puisque l'ado  disparait à peine le dessert englouti pour ne ré-apparaître que lorsque son ventre crie famine. "Dis dis dis dis !! On peut te demander quelque chose ?". Hmmm... qu'est ce qu'il peut bien y avoir de grave... "Dis, dis dis. Est ce que T. peut rester une semaine de plus ? Mais je t'assure hein, on t'aidera pour les lessives, pour la nourriture, pour les courses, pour débarrasser, pour le ménage, pour faire les courses, pour ranger la maison, pour faire des gâteaux, pour laver la salle de bain, pour ne plus laisser de bordel partout... Tout est arrangé avec ses parents, ils sont d'accord... enfin on leur a laissé un message mais c'est sûr ils vont être d'accord. Dis, dis, dis, tu dis oui ?"

> L'adolescent n'accepte pas qu'on le voit encore comme un enfant.

Quand j'ai osé demandé la veille du départ d'un train à 8h du matin (cf au-dessus pour ce qui est du rythme de vie de l'ado et de son incapacité donc à se lever à l'heure où il s'est couché pendant 3 semaines), de faire sa valise AVANT de partir faire la fête toute la nuit, le ton est monté. J'ai tenu bon "tu rassembles TOUT maintenant et pas demain matin quand tu vas rentrer d'une nuit de fête". Dans un long sanglot mêlé de colère j'ai entendu "Oui mais avec toi c'est toujours pareil tu me vois encore comme une enfant alors que maintenant je suis une adulte, oui une adulte !!!". C'est en retrouvant 2 pantalons, un chargeur de portable, une paire de chaussures et un bouquin que j'ai pu apporter du crédit à ma demande plus que légitime... et faire un gros câlin en disant que ça m'arrangeait bien oui de la voir encore comme une enfant pour ne pas avoir l'impression d'être l'adulte chiante qui crie (alors que je suis moi-même infouttue de faire mes valises plus de 3h avant un grand départ).

> L'adolescent sème.

Mon dernier jour de vacances quand il a fallu rassembler les affaires et fermer la maison, une semaine après le départ de tout le monde... j'aurai pu ouvrir un magasin. J'ai retrouvé : 3 pulls, 6 chaussettes orphelines même pas à l'un de "nous", un duvet, une lampe frontale, une dizaine de couverts (sûrement échangés lors de nuits en montagne), des assiettes pas à moi, un sac, un maillot de bain, une brosse à cheveux, des brosses à dents, un bouquin et j'en passe. J'imagine combien d'objets ont donc été retrouvés dans le village au sein des autres maisons... Et je ne parle pas évidemment des dizaines de fois par jour où j'ai eu droit à "elles sont où mes tongs ?", "ils sont où les duvets ?", "j'ai perdu mes chaussures", "t'aurais pas vu mon déo ?"...

> L'adolescent a des émotions et des sentiments exacerbés.

Le jour où le premier ado a du partir... au bout de deux semaines tous ensemble, les larmes ont coulé la veille, le soir, la nuit, le matin en montant dans la voiture, les 30 minutes de trajet jusqu'à la gare. Parce que l'ado s'attache à ses copains et à ses amourettes. Mais comme l'ado en question s'était trompé de jour pour son départ, chose dont je ne me suis rendue compte qu'au moment de le coller dans le train, quand je lui ai dit qu'il ne partait finalement que le lendemain, j'ai eu droit à un "non mais c'est pas drôle de me faire une blague pareille, c'est déjà tellement dur de quitter tout le monde, tu te rends pas compte". De retour au village j'ai eu droit à des danses de Saint Guy pendant 45 minutes que "c'était trop super méga cool génial qu'il soit revenu". Les pleurs ont recommencé dès le soir "non tu peux pas partir c'est trop triste, reste, c'est inhumain que tu partes, même la guerre de 14-18 c'était moins triste...". Finalement il est resté 10 jours de plus (cf le point plus haut). Et le jour J du vrai-faux 4ème départ, la bombe atomique et les famines en Afrique étaient bien en deçà du drame vécu par toute la bande...

Demain la suite de la fiche signalétique... Et en attendant, une petite "piscine" dans le torrent, parfaite pour un bon massage et un bain raffermissant ;)

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mardi, 23 août 2011

Pas rassasiée

Retour de vacances mitigées. Les vacances. Pas le retour. Car contrairement à toutes les prévisions, j'ai roulé pendant 8h30 tranquillement sans grande foule, appréciant énormément la conduite de nuit. Alternant vieux tubes à fond les ballons, musiques douces, infos et, et... les contes de Pierre Gripari que j'écoutais toute enfant. Un régal de retomber dans le Gentil Petit Diable et le Cochon Rose qui a avalé l'étoile du berger.

Non... mitigées ce sont les vacances. A cause du temps évidemment. Et de cette frustration immense de n'avoir pas pu faire assez de randonnées. De nuits sous la tente, de kilomètres en vélo sur les routes de montagne. Certes, je n'aurai jamais autant joué au scrabble, au tarot et appris le poker... Mais bon. C'est de sport dont j'ai besoin l'été !

Tout simplement pas du tout rassasiée tant j'ai besoin de ces forts efforts physiques. De gravir au moins deux ou trois 2000 mètres. Explorer au moins une ou deux grottes. Me faire quelques descentes en canyoning... Alors quand j'ai entendu parler de canicule qui arrivait [enfin], j'ai prolongé d'une semaine mes vacances. Impossible d'imaginer reprendre le travail à ce moment là. Qui plus est après l'année que je venais de passer. Bien m'en a pris. J'ai enchainé chaque jour sous les fortes chaleurs de belles randos, des baignades dans les cascades, des cueillettes de myrtilles. Libérée en plus que j'étais de ma bande d'ados que j'ai "gardée" pendant trois semaines. 8 à la maison.  Autant dire que dans le genre pas reposant j'étais servie. Mais j'aurai l'occasion de publier ici une fiche signalétique de l'ado en vacances. Et j'ai au moins la certitude désormais de ne pas vouloir plus de 3 gosses, même si je gère comme une chef la cuisine version "famille très nombreuse", les courses à deux chariots, les machines après chaque repas et j'en passe...

Pas rassasiée donc... mais quand même heureuse. Des heures de tarot sous l'acacia en buvant du thé (et ce malgré les branlées que j'ai pu me prendre tout l'été). De LA sieste dans le hamac. Des baignades dans de nouvelles cascades découvertes pour l'occasion. Des amitiés plus fortes encore d'années en années avec des amis de toujours. De la mémorable partie de Scrabble à plus de 400 points juste pour moi. De cette longue soirée, tous allongés dans les duvets, sur la petite route, à regarder les étoiles filantes et débusquer constellation après constellation chaque étoile de la voute céleste. De la promenade en Harley sur les routes de montagne. Du (seul) canyoning de l'été avec un saut de 12 mètres, yeahhhh. Des quelques trop trop trop (j'en mets un de plus si vous n'aviez pas saisi encore ma frustration) rares randos. D'avoir, comme à mon habitude et par la force des choses, coupé complétement ordis et téléphone. Des nuits au-dessus du village à faire des grillades pour 18 gamins et jouer jusqu'au bout de la nuit (appelez-moi chef de colo... ou ado attardée). De cette dernière rando la veille de partir... où l'on a commencé à grimper à 14h par plus de 35°, mais pour une si belle et si parfaite baignade dans "notre" cascade. Et de tous ces petits riens qui font des vacances un moment à part. Un moment qui devrait durer toute l'année. Parce que OUI je suis persuadée que je suis faite pour vivre en vacances !

Alors bon, comme souvent, mais beaucoup plus encore cette année, je suis à peine rentrée que j'ai déjà envie de repartir très vite gravir quelques sommets. Il faudra que je me rattrape dans les week end à venir.

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#1 : Ma vue fétiche matin, midi, soir, nuit... en mangeant, en prenant le thé, en jouant, en discutant avec les amis. Le hamac et le grand fauteuil. Face à la montagne sous l’acacia.

#2 : Il n'y aura eu, en un mois, que 3 beaux couchers de soleil. C'est dire si cette année était vraiment bizarre.

#3 : La cascade avant que je ne me jette à l'eau dans ce trou d'eau turquoise fabuleux.